[Test] Deathloop : Arkane Studios se renouvèle t’il ou tourne t’il en boucle ?

Sorti le 14 septembre dernier, Deathloop à certes jouit d’un retour presse assez élogieux mais reste tout de même boudé par un public ayant pris cette fâcheuse manie quand un nouveau JV estampillé Arkane Studios sort. Après avoir fini la trame principale, je vous propose mon test de Deathloop. L’occasion de répondre une question qui me taraudait tout au long de mes phases de jeu : est-ce que Deathloop restera dans ma mémoire ou sera t’il vite oublié ?

Test et screenshots basés sur une Version PS5 commerciale achetée par mes soins. Il n’y a aucun spoil dans ce test. J’ai joué exclusivement à Deathloop en solo offline, sans tester le Online.

La définition du genre Immersive Sim par Wikipédia

Un immersive sim (simulation immersive) est un genre de jeu vidéo qui met l’accent sur les choix du joueur. Sa principale caractéristique repose sur l’utilisation de systèmes de simulation qui répondent à une variété d’actions du joueur, combinées à l’accès à un large éventail de capacités. Cela permet de mettre en place des solutions créatives et variées comprises par le jeu, impliquant des situations de gameplay émergent dépassant le cadre de ce qui avait été initialement conçues par les développeurs. À ne pas confondre avec les systèmes de jeu qui laissent place au choix du joueur dans un sens restreint ou des systèmes qui laissent au joueur la possibilité d’échapper facilement aux conséquences de ses actes.

Le Test

Lors de son annonce et ses multiples trailers et phases de gameplay que l’on pouvait voir avant sa sortie, Deathloop ne m’a parlé à aucun moment que ce soit. Lors de sa sortie, je l’ai boudé, lui préférant un autre programme (Lost Judgment). Sa présence sur le blog et le fait que j’ai fini par lui donner un chance fut par sa nomination aux The Game Awards dans la catégorie des JV de l’année. Profitant d’une promotion lors du Black Friday, j’ai finalement pu y jouer et le finir. Mais ça raconte quoi en fait Deathloop ?

Dans Deathloop, vous incarnez un certain Colt. Coincé sur une mystérieuse île appelée Blackreef dans les années 60-70, Colt est prisonnier d’une boucle temporelle et est en plus pourchassé par Julianna qui à une dent contre lui et le connait très bien par dessus le marché. Sauf que le duo de tueur n’est pas seul et doit composer avec 8 chefs (les visionnaires) plus leur subalternes (les éternalistes). Votre objectif ? Réussir à tuer les 8 chefs en une seule journée. Sauf qu’en apparence, le plan à l’air simple mais une fois en action, il va falloir trouver une parade pour réussir votre coup.

Après Returnal sorti plus tôt cette année, on a donc droit cette année à une seconde œuvre explorant le sujet de la boucle temporelle. Selon ce que j’ai vu et joué, Arkane Studio à réussi à explorer le sujet à sa manière. En effet, vous allez revivre à l’infini une même journée décomposée en 4 parties : le matin, le midi, l’après midi et le soir, le tout sur 4 cartes différentes mais changeant drastiquement selon le moment de la journée où vous y aller, ce qui fait donc, sur le papier, 16 cartes à votre disposition. Fort heureusement, une trame principale est là et vous aidera à suivre un schéma afin de progresser dans l’histoire, histoire d’arriver à vos fins en suivant un indicateur. En ce qui concerne l’écriture du scénario, le studio nous propose une œuvre bien écrite, soignée et plaisante à suivre mais oublie de traiter le sujet dans sa profondeur et ne se sert que de son postulat pour son gameplay. Bien qu’une sorte de « maxime » revient, celle que « l’information est le pouvoir », le propos de la boucle temporelle n’est pas explorée en profondeur, juste en surface, ce qui est une première pour le studio, m’ayant habitué à plus d’intelligence dans leur œuvres précédentes (Dishonored et Prey).

J’aurais donc bien aimé que le sujet soit plus travaillé mais il se laisse néanmoins suivre avec un réel plaisir grâce à la complicité de son duo d’assassins d’une part mais aussi du casting de boss que l’on devra assassiner. Entre un organisateur de fête complètement siphonné du ciboulot et un autre qui ne pense qu’a faire des jeux un brun macabre ou encore une autre, scientifique, elle aussi ravagée du cerveau, le casting de nos cibles est assez haut en couleurs pour nous donner envie de s’occuper d’eux. D’ailleurs, à l’instar de Returnal, Deathloop comporte une légère touche de rogue lite, puisque si vous mourez après vos 3 chances, vous recommencerez votre journée à sa matinée. Ce qui pourra rebuter nombre d’entre vous. Néanmoins, Deathloop est moins punitif que Returnal, ce qui est une bonne chose, puisque lui aussi n’a pas de sélection de difficulté, ce qui vous « force » à devoir apprendre à la dur comment vous en sortir.

Au niveau du gameplay, Deathloop est un FPS qui se veut être une première pour son studio puisque l’on à (enfin ?) droit aux armes à feu dans l’une de leur œuvre. Entre les pistolets, les pistolets automatiques, les fusils à pompes, les fusils (dont un sniper), il y a de quoi varier les plaisirs. De plus, on a accès à certains pouvoirs (appelés Modules) qui faciliteront la vie lors de nos escapades meurtrières. J’en retiens deux, ceux que j’ai utilisés : Transposition, tout droit venu de Dishonored, qui nous permet de nous déplacer plus loin et plus haut qu’en temps normal et Nexus qui « relie » les ennemis entre eux et qui partageront du coup le même destin. Très utile pour faire un nombre important de morts avec une seule balle. Mais pour récupérer ces modules, il faudra les récupérer sur le cadavre des boss et chacun d’eux à un pouvoir spécifique. De plus, chacun de ces modules a des améliorations propres qu’il faudra récupérer en retournant tuer le boss spécifique. Au niveau de la prise en main, le studio s’en sort très bien puisque l’on ressent nos armes à feu, surtout grâce à l’utilisation des gâchettes, des vibrations et surtout de l’utilisation du micro de la DualSense (ou on peut entendre les douilles de notre arme s’éjecter, un pur délice sonore) qui achève ce secteur là du jeu.

En ce qui concerne la personnalisation de votre Colt, vous allez pouvoir prendre avec vous trois armes à feu et deux pouvoirs que vous pourrez personnaliser et renforcer grâce au Residuum, qui est la même chose que l’Ether dans Returnal, sauf que là j’ai un grief à émettre. Au bout de la journée, si vous avez survécu, vous pourrez infuser du Residuum dans les breloques (ayant 4 niveaux de rareté et donc d’efficacité, du gris au violet), les armes et les pouvoirs que vous souhaitez conserver d’une boucle à l’autre (sachez que vous perdez tout ce que vous n’infusez pas). Sauf que le surplus de Residuum que nous n’avez pas pu (ou pas voulu) dépenser n’est pas gardé, vous ramenant à son niveau minimum lors d’une nouvelle boucle, ce qui est un non sens total en terme de scénario puisque le Residuum est expliqué comme étant une source d’énergie ignorant la boucle temporelle ! Je comprends que c’est pour éviter à votre Colt d’être super fort assez vite, essayant donc de ralentir au maximum votre courbe de puissance, qui ferait de vous un tueur ultra fort (ce qui arrive juste avant la fin du scénario) mais cela crée donc une première incohérence.

Graphiquement parlant, Deathloop s’en sort de façon correcte mais nous offre une direction artistique de folie, explorant donc le courant des années 60-70 avec une touche dont le studio à le secret. Je vous laisse avec les screenshots qui vous renseigneront plus que moi mais mention donc à cette DA si particulière que nous offre encore une fois le studio. J’aime tout particulièrement les nombreux messages en lettres d’or incrustés dans les décors, un peu à la manière de Splinter Cell Conviction et Blacklist en leur temps. En ce qui concerne la bande son, même si je la trouve maitrisée, je sais qu’elle ne restera pas longtemps en tête, même si lors des affrontements, je me servais d’elle pour savoir si il restait des ennemis dans la zone. Néanmoins, la « vraie » force de Deathloop, c’est bel et bien son doublage français de très haute volée ainsi que l’utilisation du micro de la DualSense où certain dialogues (notamment les échanges entre Colt et Julianna) en ressortent, assurant une fois de plus un degré certain dans notre immersion.

Du côté de la technique, mis à part un freeze, un ralentissement quand Julianna me pourchassait et des bugs dans le menu de personnalisation me forçant à quitter l’application (c’est arrivé 3-4 fois), je n’ai absolument rien à dire de ce côté là, et mes nombreuses sessions se sont toutes, dans l’ensemble, très bien passées. En ce qui concerne mon temps de jeu, j’ai vu le générique de fin en 41 heures et quelques minutes. J’ajoute, au niveau de l’IA, que je pense avoir bénéficier de la dernière mise à jour en date. Je l’ai trouvé agressive, infligeant quand même pas mal de dégâts quand on veut lui rentrer dedans. Fort heureusement, une parade à ça puisqu’elle à horreur quand on décide de se replier et de l’attendre bien sagement dans un endroit qui nous est favorable.

On en vient enfin à mon avis. Je n’attendais pas du tout ce Deathloop et j’en ressort à la fois mitigé tout en ayant passé un très bon moment dessus. Je regrette que le studio ait décidé en amont de son développement de ne pas en faire un Immersive Sim, ce qu’il aurait pu être puisque plusieurs fois dans mes parties, j’ai procédé comme je le voulais, tout en perdant en même temps un certain cran d’interactivité avec les éléments du décors. De plus, au contraire d’un Deus Ex ou d’un Prey, j’ai rapidement compris que le jeu voulait que j’agisse de la manière dont lui voulait que je fasse pour atteindre ma ou mes cibles et assez vite, une impression importante de répétitivité et de redondance s’est installée. Bien que Deathloop s’est révélé vraiment fun au fur et à mesure que je commençais à « bien » joué, dans le même temps, une lassitude commençait à poindre le bout de son nez, fort heureusement, la fin est arrivée pratiquement en même temps.

De par le fait que Deathloop soit une œuvre dirigiste, que l’on a habitude de voir ailleurs, je peut vous dire que non seulement je ne ferais pas son Platine mais qu’en plus, aussitôt ce test publié, aussitôt je serais passé à autre chose, l’oubliant dans le même temps. Je peut comprendre pourquoi le studio a décidé de ne plus faire d’immersive sim au vu des ventes désastreuses des derniers représentants du genre (Deus Ex Mankind Divided, Dishonored 2, Prey), et à donc voulu nous proposer une œuvre dirigiste mais dans le même temps, va se couper d’un public comme moi, qui justement sait ce qu’il veut quand il s’achète une œuvre développée par Arkane Studios. C’est très bien de vouloir se tourner vers un public plus important, qui pourrait donc être un nouvel eldorado pour le studio tout juste racheté par Microsoft mais se faisant, perd du même coup son public habituel, celui qui à aimé Dishonored et Prey par le passé (surtout Prey d’ailleurs, qui est juste un chef d’œuvre). Mais cela n’en retire pas le fait que Deathloop est un très bon JV, développé avec le talent habituel du studio, qui à voulut sortir de ses habitudes et nous proposer un mix entre la formule des anciennes productions d’Arkane tout en développant une nouvelle formule qui pourrait contenter un nouveau public qui souhaite lui être assisté, guidé dans ses actions. Ce qui n’a pas l’air de marcher outre mesure au vu des ventes désastreuses (mais habituelle d’une production Arkane) de Deathloop…

Ce que j’ai aimé :

  • Un doublage français de (très) haute volée
  • Un duo Colt-Julianna qui fonctionne très bien
  • Une DualSense exploitée à la perfection
  • De bonnes sensations au niveau du gameplay
  • Une assez bonne durée de vie (comptez 30 à 40 heures pour finir la trame principale)
  • Une direction artistique comme Arkane en à le secret
  • Une œuvre qui peut se suffire à elle même
  • Le sujet de la boucle temporelle bien exploité…

Ce que j’ai moins aimé :

  • …Mais qui n’est pas traité en profondeur
  • Une œuvre lisse, classique et oubliable aussitôt finie
  • Nous sommes beaucoup trop pris en main dans nos objectifs
  • On perd énormément dans l’interactivité dont le studio avait l’habitude
  • Répétitif et redondant passé un certain cap (environ 20 heures de jeu)
  • Adieu le genre Immersive Sim ?

Son appréciation

Si Deathloop reste tout de même une bonne œuvre divertissante, je trouve qu’en voulant draguer un nouveau public plus fan d’être pris par la main plutôt que de se débrouiller par ses propres moyens et en abandonnant du même coup le genre de l’Immersive Sim si cher à mon petit cœur, je considère qu’Arkane Studio m’a cette fois-ci perdu pour de bon. Je sais ce que je veux quand je m’achète une œuvre développée par ce studio et n’ayant pas eu ce que je suis venu chercher, je sais qu’à l’avenir, je vais devoir me focaliser sur d’autres studios. Cela dit, oui Deathloop reste bon, voir même très bon, mixant avec brio ce que sait faire le studio tout en proposant quelque chose d’inédit pour lui, comme pour nous. En résulte une oeuvre à demi teinte qui me laisse dubitatif, même si effectivement j’ai passé un agréable moment devant mon écran.

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