[Test] The Falconeer Warrior Edition : Quand l’imagination se heurte à la réalité

Né de l’imagination d’un certain Thomas Sala (mais entouré par une équipe restreinte), The Falconeer est enfin disponible sur toutes les consoles. C’est parti pour vous donner mon avis sur une œuvre personnelle, qui se heurte malheureusement à la réalité. Explications.

Je remercie sincèrement Just For Games pour m’avoir fourni une Version PS5 Dématérialisée pour les besoins du Test. Je précise qu’il n’y a aucun spoil dans ce Test.

The Falconeer vous raconte l’histoire du monde de l’Urcée, un monde envahi par les eaux et habités par diverses factions tantôt en guerre les unes contre les autres, tantôt occupées à s’espionner entre elles. Au milieu de ce jeu d’échec rappelant des œuvres comme Game Of Thrones, vous allez intervenir en qualité de fauconnier afin de servir de messager. Malheureusement pris dans les tourbillons d’une guerre qui vous tombe dessus sans vous consulter, vous allez devoir vous reconvertir en guerrier des cieux au travers d’un certain nombres de chapitres vous racontant une histoire somme toute classique et qui ne surprend à aucun moment.

Sur ce point très particulier, sachez que vous pourrez choisir le chapitre que vous souhaitez et accomplir le scénario dans n’importe quel ordre que vous voulez. Cela aurait pu être un bon point mais à l’arrivée, il n’en est rien puisque un premier défaut arrive : nous n’avons pas de personnage attitré du début à la fin et chaque chapitre nous demandera de choisir l’apparence et le nom de notre « avatar ». Sachant que notre personnage n’est pas doué de la parole et n’a pour ainsi dire aucune personnalité, je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment d’un tel choix. En ce qui concerne la narration, celle-ci est à retrouver dans les innombrables briefing avant et après chaque mission ainsi que dans les dialogues dans les missions principales et c’est tout. Pas de cinématiques donc. En découle alors un scénario quelconque où au final on enchaîne les chapitres avec une seule envie : finir The Falconeer le plus vite possible.

Du côté du gameplay, The Falconeer se joue comme un Panzer Dragoon ou même comme un Ace Combat (oui j’ose la comparaison). C’est à dire que vous vous battrez dans les airs, les fameux « dog fight » comme on appelle ça dans le milieu aéronautique. Vous pourrez donc cibler votre adversaire et lui tirer dessus jusqu’à ce que mort s’en suivre et ainsi de suite. Au niveau du « bestiaire », vous serez en présence de bateaux, de dirigeables et de fauconniers, qui tout comme vous, se retrouvent mêlés à une guerre dont ils ne veulent pas. Néanmoins, les innombrables combats qui parsèment l’aventure n’apportent aucune sensation liée à la vitesse ni aux combats en eux mêmes. C’est bien dommage de voir que là aussi, The Falconeer pêche alors qu’il aurait très bien pu nous offrir de grands moments…

Sachez que The Falconeer comporte des éléments de RPG puisque vous êtes conditionnés par un système de niveaux à prendre et de denrées en tout genre à acheter contre la monnaie locale. Je précise que ce système retrouve un de ses torts habituels : c’est à dire que lors de certaines missions principales, la difficulté telle qu’il vous faudra farmer quelques missions secondaires afin de prendre un ou deux niveaux, ainsi que de changer votre équipement (à cela, à partir du moment que vous irez acheter une arme de niveau 5, vous serez tranquille pour le reste de l’aventure). Bref, là encore, entre ce qu’avait imaginé le studio et la réalité manette en main, il y a tout un monde.

Graphiquement parlant, surtout au sens artistique, The Falconeer s’en tire avec les honneurs tant il est magnifique dans ses paysages. Son monde ouvert étant régi par un système météo et d’un cycle jour/nuit, j’ai eu très souvent droit à des décors de levé ou de couché de soleil ainsi qu’à des orages du plus bel effet. En un mot comme en cent, les graphismes et la patte artistique de The Falconeer est véritablement sa plus grande force.

Sur la technique, je n’ai eu aucun souci dans cette version PS5 et au cours de mes 11 heures de jeu. Néanmoins, je vous rapporte que certains dialogues normalement doublés en français (hé oui, le jeu est entièrement doublé dans notre langue !) étaient eux en anglais (d’ailleurs le dernier dialogue du jeu en fait les frais). Rien de grave en soit mais ça surprend un peu. Quant à la prise en charge de la DualSense, celle ci vous propose un retour de force au niveau de la gâchette servant aux tirs de votre arme ainsi que le fait de faire ressortir certains dialogues de la manette lors de vos missions, comme pour simuler un effet radio que je trouve assez bien fichu au niveau de l’immersion.

On arrive enfin à la partie où je vous donne mon avis. The Falconeer n’est pas un mauvais JV. Mais pas non plus un « bon » JV. On sent que Thomas Sala à imaginé une œuvre qui est la sienne, avec ses propos personnels mais qu’il n’a pas réussi à retranscrire ça lors de son développement. C’est un peu particulier à vous l’expliquer sans rentrer dans les détails (et donc à vous spoiler) mais The Falconeer essaye de nous dire des choses sans y parvenir tout en ne sachant pas comment nous le dire. En résulte alors un sentiment soit de frustration pour les uns ou alors d’un certain ennui chez moi. Je me suis un peu forcé pour voir la fin et une fois arrivé à l’épilogue, j’ai été déconcerté de voir comment celui-ci est expédié aussi vite. Comme si même Thomas Sala lui même voulait en finir au plus vite. Il n’empêche que le monsieur peut être fier de lui. Même si tout n’est pas parfait à l’arrivée, proposer une œuvre inédite comme l’est The Falconeer est une prouesse qu’il faut bien évidemment saluer. Je rappelle que le jeu étant un titre indé, avec les finances qui vont avec (donc absolument pas au même niveau d’un double A ou d’un triple A), le fait de se « louper » peut offrir l’occasion à Thomas Sala et sa petite équipe de rectifier le tir pour une suite (si suite il y a). Parce que j’ai le sentiment, après avoir accompli Th Falconeer que son univers mérite que nous, les joueurs, lui permettons de lui offrir une seconde chance. Et ce n’est pas en « dézinguant » purement et simplement le jeu qu’il pourra s’améliorer. Enfin, oui The Falconeer a des défauts plus ou moins importants mais il a quand même un grand cœur et essaye tout de même de nous proposer une expérience courte mais divertissante, le tout sans nous prendre la tête et ça il faut bien le préciser, même si en effet, entre ce qu’avait imaginer Thomas Sala sur le papier et la réalité une fois son œuvre développée, tout un monde sépare les deux étapes… Au studio de voir la réalité en face, de prendre conscience de tous les soucis et de rectifier le tir dans une probable suite où je serais heureux de pouvoir constater moi même si le studio est capable d’aller de l’avant ou non.

Ce que j’ai aimé :

  • Graphiquement et artistiquement magnifique !
  • (Presque) intégralement doublé en français, ce qui est un exploit pour un studio indé, non ?
  • Un mode photo
  • Une aventure courte (11 heures pour en voir la fin)
  • La prise en charge de la DualSense

Ce que j’ai moins aimé :

  • Un scénario inintéressant
  • Une narration décousue qui fait qu’on souhaite avant tout finir le jeu au plus vite
  • Le fait de pouvoir choisir l’ordre que l’on souhaite pour accomplir les chapitres est une bien mauvaise idée…
  • Des combats aériens qui manque de sensations
  • Des moments de farm dans l’aventure principale, c’est non

Son Appréciation

Bien que l’on « sent » que Thomas Sala a de réelles bonnes idées pour son œuvre, il faut bien se rendre compte qu’elles ne fonctionnent pas une fois le jeu entre nos mains. En résulte alors une œuvre coincée entre l’envie de nous dire ses propos et la façon qu’elle à de nous le dire. De plus, dans l’autre moitié de The Falconeer, c’est à dire ses combats aériens, j’ai le regret de vous dire que je n’ai absolument rien ressenti en termes de sensations alors qu’il y a matière à faire quelque chose d’épique. Et c’est bien là l’un des soucis majeurs de The Falconeer, le fait qu’il manque cruellement de situations épiques, spectaculaires où le spectacle aurait peut-être permis d’éviter mon envie d’en finir le plus vite possible. Tout n’est pas perdu pour autant cher Thomas Sala. Si suite il y a et si la liste de tous les défauts est dressée et traitée avec humilité pour nous offrir un second épisode dans ce monde bien particulier qu’est l’Urcée est prévu, je serais là et je serais assez fier de vous. La moitié des choses est accomplie. A vous de performer votre score maintenant.

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