[Test] Cyberpunk 2077 : CD Projekt Red a t’il vraiment trahi la confiance des joueurs ?

Sorti le 10 décembre 2020 sur pas moins de 9 plateformes différentes (PC, PS4, PS4 Pro, PS5, Xbox One, Xbox One S, Xbox One X, Xbox Series S, Xbox Series X, et enfin Stadia), Cyberpunk 2077 à fait couler énormément d’encres. Après avoir fait preuve d’une patience augmentée, il est enfin temps pour moi de vous livrer mon avis sur le dernier bébé du studio CD Projekt Red.

Ce Test est basé sur le patch 1.23 du 17 juin 2021 à partir d’une version PS4 physique sur PS5. Il n’y a aucun spoil dans ce test, les captures d’écrans sont réalisées à l’aide du mode photo du jeu.

Son Platine

Tout commence en 1988. Un certain Mike Pondsmith crée un jeu de rôle papier appelé Cyberpunk 2013, puis sortira deux ans plus tard une seconde édition appelée Cyberpunk 2020. Au delà de la dimension jeu de rôle, l’univers de Cyberpunk nous décrit un futur sombre, dystopique, d’une violence inouïe comportant un message pessimiste d’anticipation. Dans l’univers de Cyberpunk, les méga-corporations comme Arasaka ou Militech ont littéralement pris le pouvoir en lieu et place des gouvernements. Grâce à l’essor de la technologie, tout individu peut se doter d’implants cybernétiques afin d’améliorer ses capacités et la place d’internet à pris une place bien plus considérable que dans notre réalité. Sans parler que les riches sont plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vais pas me lancer dans l’univers en détail (bien que je ne dirais pas non pour le faire) mais nous sommes en 2012. Un certain studio qui se verra propulsé trois ans plus tard sur le devant de la scène avec son The Witcher 3 qui marquera de son empreinte indélébile l’industrie toute entière, annonce alors Cyberpunk 2077. Nous voilà donc en 2020-2021 et Cyberpunk 2077 vient de sortir il y a de cela une paire de mois. Dans un résultat que vous connaissez, que je connais, que nous connaissons. J’ai attendu, j’ai patienté mais plus les jours, semaines et mois passèrent, plus mon impatience se faisait insistante…

Vous incarnez V. Homme ou femme, vous choisissez votre sexe et votre apparence dans un éditeur de personnages d’une vertigineuse proposition en terme de possibilités. Puis vous choisissez votre point de départ. « Nomade », « Gamin des rues » ou « Corpo ». Même si je ne vais pas rentrer dans les détails de ce choix parmi trois propositions, j’ai choisi « Corpo ». C’est ainsi que le destin de « mon » V, mon destin dans Cyberpunk 2077, commence. Sous les ordres d’un puissant ponte de chez Arasaka, mon boulot chez l’une des plus puissantes Méga-Corporation de Night City va prendre court subitement. De façon brutale, ma vie, tout ce que je m’étais évertué à construire, envolé, réduit en poussière. Mais il me reste la chose la plus importante dans cette ville pourrie, rongée par un « tout ». Mon meilleur ami : Jackie Welles. Grâce à lui, je remonte la pente et deviens un « merc », un mercenaire à la petite semaine vivant de petits boulots plus ou moins légaux. Parce que le seul moyen de survivre à Night City, c’est par la volonté de survivre un jour de plus, peu importe les moyens, peu importe la manière. Quelques mois ont passés depuis que ma vie à la solde des méga-corporations s’est finie. Aujourd’hui marque un tournant dans ma vie, un gros contrat, le plus gros jamais décroché par aucun mercenaire me tend les bras. La mission est simple, trop simple, j’aurais dû prévoir les conséquences. J’ai perdu mon meilleur ami par ma faute, à cause de mon avidité, de ma stupidité et mon avarice. J’ai failli moi même perdre la vie. Avec cette puce dans la tête et cette étrange présence qui me parle, je n’ai qu’une envie : brûler cette fichue ville qui me force une seconde fois à tout recommencer.

C’est ainsi que commence Cyberpunk 2077. Un début spectaculaire, d’une mise en scène exemplaire, d’une écriture redoutable. Pas de fausses notes, tout est crédible, tout fait sens. Tout, y compris l’introduction d’un certain Johnny Silverhand, incarné par Keanu Reeves. Tout est expliqué et encore une fois, tout est crédible. C’est d’ailleurs l’une des forces de ce Cyberpunk 2077 : son écriture. Que ce soit l’intrigue principale ou les intrigues secondaires, tout est écrit avec un soin extrême, presque maniaque. La barrière entre l’histoire principale et les quêtes secondaires est balayée et on prend le temps de découvrir les quêtes secondaires avant de faire l’histoire, ne serait-ce que pour découvrir des petits scénarios nous offrant des moments de grâce avec des personnages à chaque fois différent. Que ce soit les personnages de Panam Walker ou Judy Alvarez, on aura à cœur de leur venir en aide. Chacune des quêtes secondaires ont toute le point commun de vouloir vous proposer une piste de réflexion sur un sujet précis et le font avec un certain brio. De plus, on n’oublie pas de sitôt les personnages que l’ont rencontrent et restent en tête des heures après leur être venu en aide.

En ce qui concerne les sujets de réflexions que le jeu nous proposent, je pourrais citer le passage chez le charcu-doc. Au départ, je voulais vraiment que mon V soit sans augmentations et je me serais débrouiller avec ce que j’avais sous la main pour réussir mes objectifs mais comment peut-on résister aux sirènes des augmentations dans une société où tout est fait pour succomber ? D’autres thèmes se joindront à votre réflexion mais toujours dans un souci de ne pas vous spoil, je n’en dirais pas plus. Sachez tout de même que le studio à réussit, selon moi, à donner de la consistance à son univers (au travers des nombreuses émissions de télé ou de radio et qui évoluent avec vous durant votre aventure pour ne citer que ça). Je finirais par l’autre force de Cyberpunk 2007 : ses dialogues. Que ce soit V ou bien Johnny Silverhand, les dialogues offre des moments assez jouissif et très loin de nos habitudes actuelles. Les dialogues offrent alors une identité aux antipodes ce que nous avons l’habitude de consommer habituellement et combien de fois je me suis surpris à penser que le jeu était en train de me parler « vrai », du moins ce que je pense être dans ma vérité à moi. J’irais même jusqu’à dire qu’il y aura un avant et un après Cyberpunk 2077 en ce qui concerne les dialogues dans un JV tant ceux qui nous sont offerts ici sont redoutablement efficaces et écrit avec une justesse singulière, bien loin des JV « politiquement correct » dont on à l’habitude (n’est-ce pas Ubisoft ?). De plus, chaque dialogue qui concerne Silverhand ont souvent une piste de réflexion sous jacente, qui n’attendent plus que l’on comprenne de nous même les tenants et les aboutissants des propos de ce cher Johnny qui n’est pas qu’un simple terroriste, rocker boy et vrai connard à la petite semaine.

Le contenu secondaire n’est pas en reste non plus puisque Night City est découpée en quartiers dans lesquels un fixer vous proposera des petits contrats à exécuter contre eurodollars (ou eddies). Ces petits objectifs sont variés dans leur proposition mais reste dans une boucle assez restreinte comme s’introduire sur un lieu précis, faire le ménage, voler un objet ou pirater un ordinateur et ainsi de suite. C’est suffisamment scénarisé, à mon sens, pour donner envie au joueur de les accomplir, surtout que je trouve que nous sommes plutôt bien récompensés. De plus, le NCPD fait appel à la bonne volonté (vous en sommes) pour intervenir dans des quartiers où la violence fait loi. L’un des moyens pour se faire un peu de fric facile en sommes.

Le contenu secondaire donc, est je trouve, relativement intéressant à parcourir et pour couronner le tout, récompense plutôt bien pour l’effort investi. Que ce soit en terme d’armes, d’équipements ou de fric, j’ai vraiment apprécié accomplir le contenu annexe et cerise sur le gâteau, ne m’a jamais paru être répétitif. Mais il n’empêche que le contenu secondaire comporte des faiblesses de scénarisation. En effet, en tant que mercenaire, vous êtes prêt(e)s à accepter n’importe quel contrat tant qu’il rapporte du fric, non ? Pourquoi alors il n’y a que pour le NCPD que l’on peut intervenir ? Pourquoi n’avoir pas fait en sorte de pouvoir accepter des contrats pour le compte des nombreux gangs du jeu et n’avoir pas prévu que si on les refuse, on puisse se mettre le gang à dos ? Nous sommes censés être un(e) mercenaire, c’est à dire « ignorer » en quelques sortes la barrière de ce qui est « bon » ou mauvais » et n’être intéressé que par le fric.

Comme tout bon RPG qui se respecte, Cyberpunk 2077 propose son système de prise de niveaux via les sempiternels points d’expérience (ainsi qu’un système de réputation) ainsi qu’un arbre de compétences découpé en 5 branches (Constitution, intelligence, réflexes, capacité technique et sang froid) dans lesquels vous pourrez répartir vos points de compétences durement acquis. Sachez que vous ne pourrez pas tout avoir et qu’il vous faudra prendre le train au tout début de votre partie (surtout si vous visez le Platine). Même si il n’y a pas de réelle difficulté, j’ai trouvé que les compétences que l’on débloque ne sont pas si déterminantes que cela en mode normal, j’ai pratiquement « roulé » sur le jeu à l’aide d’un pistolet et/ou un revolver. Cette dimension « jeu de rôle » donc, est un peu en retrait selon moi. De plus, le système de réputation est assez brouillon pour moi et je n’ai toujours pas compris ce qu’il m’avait débloqué (à part un ou deux contrats de fixers par ci par là). En effet, que l’on soit niveau de réputation 10 ou niveau maximum, je n’ai pas vu la moindre différence.

En ce qui concerne le gameplay maintenant. Cyberpunk 2077 se joue en vue FPS (sauf en véhicules ou vous pouvez passer en vue TPS) et vous proposera suffisamment d’outils pour jongler entre l’infiltration et l’action. Il est même possible de ne jouer qu’en infiltration si on le souhaite, il faudra juste faire un saut à un charcu-doc (et dans une boutique de Net-Runner) se faire poser une augmentation moyennant finance. Durant les gunfights, j’ai remarqué que l’IA était relativement assez réactive et de ce fait, j’ai décidé de me la jouer full action et il faut bien le dire : les fusillades sont assez nerveuses. Pour les pétoires, ça reste du très classique en commençant par les armes de poing, les fusils à pompes, les fusils d’assaut, les fusils de précisions et j’en passe. Pour être franc, j’ai trouvé que certaines armes manquaient de punch et de sensations mais ça se rattrape par une certaine frénésie une fois en combat. Je n’oublie pas de vous dire que comme pour les habits, un niveau de rareté (et donc de puissance) entre en compte. Plus votre arme est rare, plus elle sera puissante et plus vous pourrez lui rajouter des modules avec des effets divers et variés. En ce qui concerne les véhicules, si je me suis très peu déplacé en moto, préférant les voitures, ces dernières se laissent relativement bien conduire. On sent tout de même que nous ne sommes pas dans un GTA mais si on compare la conduite à celle de la trilogie Watch Dogs, je préfère de loin la conduite de Cyberpunk 2077.

J’arrive au gros point positif de Cyberpunk 2077 : Night City. Le monde ouvert de Cyberpunk 2077 révolutionne, à mon sens, le débat de ce que devrait être un monde ouvert. Jamais une ville ne m’avait offert un tel terrain de jeu, entre dépaysement et liberté, entre exploration et contemplation. Night City rebat les cartes et nous permet alors d’espérer ce que le futur de l’Open World sera. Celui d’une immense ville avec ses quartiers différents, ses panoramas à couper le souffle, son exploration sans cesse renouvelée et sa proposition d’évasion constante. Néanmoins, mis à part certains évènements scriptés (par exemple, une scène de crime où le NCPD est en train d’intervenir), Night City manque cruellement de vie. Même si effectivement il manque des pnj dans les quartiers et de voitures sur les routes, là n’est pas le souci pour moi. C’est l’illusion de vie qui est cruellement absente. Combien de fois, je me suis arrêté sur le trottoir, bloquant alors la circulation, arrêtée derrière ma voiture, attendant que je veuille bien repartir ? Rien que ça est un petit exemple de ce que j’ai vu au gré de mes innombrables va et viens dans la ville et ses badlands. D’ailleurs, les badlands offre un contraste saisissant entre la ville, bruyante, grouillante et le désert, calme, avec pour seul bruit celui du vent. Si je pourrais me risquer à un parallèle, je pourrais comparer avec la carte de Los Santos de GTA V. Et entre les deux, la palme revient à Night City.

Graphiquement parlant, cette version PS4 sur PS5 ne sauve les meubles que grâce à son artistique. Parce que je ne vais pas être tendre avec le jeu mais parfois j’ai eu le droit à des choses assez vilaines. Par exemple Silverhand, au début, est particulièrement moche pour ne pas dire autre chose. Quant aux décors, ce n’était parfois pas la joie… Néanmoins, et je me répète, mais fort heureusement que sur le plan artistique, tout est solide puisque c’est sur cette nuance bien précise que Cyberpunk 2077 puise la beauté de son monde ouvert futuriste. Je laisse volontiers les screenshots faire leur travail et vous laisse donc seul juges de ce que vous y verrais. Techniquement parlant, c’est là où j’ai énormément de choses à vous dire (et pas qu’en bien).

Sur le point de la technique donc, je vais être très précis avec vous. J’ai joué à partir d’une version PS4 sur PS5. Avant d’attaquer sur une version du jeu en 1.23, j’ai supprimé l’intégralité de mes sauvegardes et j’ai commencé ma partie à zéro. J’ai accompli ma partie en 123 heures. J’ai rencontré précisément 9 freezes et un micro freeze pour les bugs les plus gênants. J’ai rencontré une tonne de « petits » bugs, par exemple l’incapacité à ramasser une denrée (un item comme une liasse d’eurodollars, des armes ou des matériaux sur les robots et j’en passe). Pas de quoi plomber l’expérience certes, mais j’en ai rencontré énormément. Sans parler des textures au loin qui mettent du temps avant de s’afficher ou les textures des corps au sol qui font n’importe quoi. Des ennemis qui viennent de mourir, se relever une ultime fois avant de tomber définitivement, des pnj ou des voitures qui passent à travers les textures, j’ai eu une explosion de voiture sur la route devant moi, des apparitions de voitures au dernier moment, des soucis dans les menus, des baisses de framerates qui présageaient alors un freeze (c’est comme ça que parfois je savais à l’avance que je rencontrerait un freeze). De plus, au niveau des temps de chargement, le SSD de la PS5 n’est pas sollicité, il faut donc être un peu patient avant que le jeu ne se lance. Je finirais aussi par vous dire que 3 des 4 fins que comporte le jeu manque de finitions puisque j’ai rencontré pas mal de souci (par exemple mon perso était complètement nu, déséquipé des éléments de sa tenue, même si j’avais beau vouloir le lui remettre).

Ce que je pense de la technique de Cyberpunk 2077 ? L’impression de jouer à une version du jeu en minimale. Ni plus, ni moins. C’est jouable (et platinable) mais si je voulais une claque graphique, j’aurais été obligé de revoir mes exigences à la baisse. Fort heureusement, je ne voulais « que » découvrir enfin le jeu, des mois après sa sortie dans le commerce. Je le referais avec un immense plaisir sur PS5 quand ça sortira et vous aurez mon retour sur mon expérience à ce moment là. Je finirais sur la bande son et le doublage. Sur la bande son, si tous les genres sont présents, je suis resté « bloqué » sur la station de radio Vexelstrom Radio tant les morceaux me correspondent plus. En ce qui concerne le doublage français, ce dernier est un modèle du genre et c’est rare de pouvoir entendre un aussi bon doublage dans un Jeu Vidéo que celui là. Si tous les personnages ont un traitement digne de ce nom, la palme revient à V et Johnny Silverhand (Jean-Pierre Michaël qui double aussi Keanu Reeves, Karl Urban, Jim Caviezel et tant d’autres).

Maintenant que j’ai fait le tour, je vous donne (enfin !) mon avis sur Cyberpunk 2077. Le dernier bébé du studio CDPR est une œuvre accouchée dans une douleur dont on ne connaitra jamais l’exacte teneur. Si dans l’état actuel des choses, Cyberpunk 2077 est l’un des meilleurs RPG occidentaux que j’ai pu faire depuis The Witcher 3 (tous les autres ne sont pour moi que des copies bas de gamme manquant d’âme et d’amour, juste bonne pour remplir les caisses et rien d’autre). Je suis désolé de vous dire qu’effectivement, il manque énormément de choses à Cyberpunk 2077. Des choses qui ont été supprimées du jeu final et que l’on peut (hélas) percevoir ici et là. Trahissant donc un développement compliqué, voir même chaotique, ces fameuses choses auraient permis à Cyberpunk 2077 de révolutionner purement et simplement son genre et de redistribuer les cartes de ce que devrait être un RPG occidental.

Après l’avoir fini, Cyberpunk 2077 reste en tête et je sais que je vais mettre quelques jours pour digérer une œuvre aussi marquante, imparfaite et non finie certes, mais qui se révèle être d’une puissance scénaristique que l’on n’oublie pas de sitôt si le genre du Cyberpunk nous parle. C’est mon cas et je dois bien dire que « vivre » dans Night City durant mes 123 heures est un rêve qui devient enfin une sorte de réalité. Je n’ai pour ainsi dire jamais lâcher la manette et l’envie de reprendre ma partie là où je l’avais laissé la veille n’a jamais déclinée au fil des heures. Certains personnages resteront dans un coin de ma tête et dans un coin de mon cœur tant ils m’ont marqués et tant ils sont marquants, Johnny Silverhand en tête. De plus, je vous le dit, il y aura un avant et un après Cyberpunk 2077 en ce qui me concerne. Dans le sens où je suis fatigué de jouer à des JV où nous sommes obligés de venir en aide à tel ou tel personnage juste parce que nous sommes gentils et que notre rôle est d’être l’assistante sociale de pnj qu’on aura oublié sitôt ses quêtes finies.

Cette façon qu’ont les studios de développements de nous percevoir, après ce que j’ai vu dans Cyberpunk 2077, c’est fini chez moi. Ce que j’exige maintenant, c’est des œuvres où si je souhaite faire une quête, c’est parce que je le souhaite avant tout parce que j’en ai envie. Quand un JV me propose une série de quêtes obligatoires pour sa complétion, je me pose toujours cette même question : qu’est-ce que je gagne moi à les exécuter ? La réponse dans 99% des cas c’est « rien ». Dans Cyberpunk 2077, Le NCPD fait appel au joueur afin de régler la situation dans un quartier chaud, inaccessible à cette même police mais dont le joueur, mercenaire de son état, peut intervenir et dont il peut imprégner son intervention d’un impact significatif et dont il repartira avec un bénéfice : réputation, argent et items utiles. Si j’interfère en faveur du NCPD, c’est que j’ai quelque chose à y gagner de façon personnelle et lucratif. Si je décide de venir en aide à un certain personnage, c’est pour ne pas repartir cueillir des herbes trente minutes plus tard, je sais que je vais créer un lien fort avec ce même personnage. De ce fait, je sais, qu’en écrivant ces lignes, qu’un avant et un après Cyberpunk 2077 vient de commencer en ce qui me concerne. En cela, Cyberpunk 2077 va beaucoup plus loin que les autres œuvres du même genre.

Néanmoins, j’ai deux griefs à émettre. Le premier, le moins grave, concerne le gameplay lors de la quête pour les combats de rues, que je trouve à la ramasse complète. Quand on comprend qu’il faut juste faire un contre, l’ensemble des combats se règlent tous de la même manière. Pour le second point négatif que j’ai à dire, c’est la quête pour l’achat des véhicules. Je la trouve hors de propos quand on connaît la situation de V, notre personnage. Pourquoi acheter des véhicules quand on sait qu’il ne nous serviront à rien ? D’accord, une telle quête vise à nous faire dépenser notre argent mais pourquoi n’avoir pas fait en sorte d’acquérir à la place des armes ou des éléments vestimentaires légendaires uniques, ce qui aurait été plus logique d’un point de vue scénaristique ? Alors oui, certains et certaines d’entre vous seront déçu(e)s de voir que je n’englobe pas la technique dans les griefs. Parce qu’en 123 heures de jeu, je n’ai pas tant rencontrés de souci que cela. Je ne cherche pas à minimiser ce qu’il s’est passé en décembre 2020 mais j’ai attendu une paire de mois, jouer en juin-juillet 2021 avec une version patchée.

Je ne fais que vous relater mon expérience pleine et entière, ni plus, ni moins et je compte sur vous pour en tirer toutes les conclusions que vous en tirerez. Je finirais par vous dire que j’attendais de pied ferme de pouvoir jouer à ce Cyberpunk 2077. Forcément, plus j’attendais, plus j’avais des attentes et ce que j’ai vu et joué à Cyberpunk 2077, pourtant amoindri d’un certain nombre de choses coupées dans sa version finale à dépasser mes attentes. Cyberpunk 2077 est une œuvre marquante, intelligente, mature, qui offre une liberté ébouriffante, qui fait du bien. Un JV qui considère son joueur et sa joueuse comme n’étant pas une boniche à son service et se sert de ce postulat pour nous plonger dans une Night City en proie au capitalisme le plus fou, à une violence exacerbée, à une société sur le déclin, qui continue de s’enfoncer de jour en jour dans son propre enfer pavé de bonnes intentions, dans les mains des corporations qui ne visent que le pouvoir et l’argent en ignorant le facteur humain tout en écrasant les plus faibles et les plus pauvres, soumis à un diktat du capitalisme dont le curseur est poussé à l’extrême. Un réel coup de cœur qui dépasse, pour l’instant, tout ce que j’ai joué durant cette année 2021 en terme de qualité d’écriture, de scénarisation et d’immersion, malgré ses évidents soucis techniques et les déboires de son studio qui ne mérite pas d’être autant maltraité de la part de ses actionnaires, de ses patrons et… Des joueurs qui oublient, de plus de plus, qu’un Jeu Vidéo n’est pas qu’une partie technique et graphique, c’est aussi une proposition d’univers, une invitation à se plonger dans une aventure durant un certain nombre d’heures et ça Cyberpunk 2077 le fait avec un certain brio.

Ce que j’ai aimé :

  • Un scénario habile, écrit avec un sens certain du respect envers l’univers de Mike Pondsmith
  • Des personnages inoubliables, V, Silverhand, Judy, Panam, Jackie Welles et même Takemura
  • Un doublage français de (très) haute volée
  • Le mode photo, bien utilisé, il est redoutable le pépère !
  • Une durée de vie colossale
  • Des objectifs secondaires très intelligents dans leur conception
  • Un langage qui lui est propre (choomba, nova, trait plat, premios, paumard, etc…)
  • Une Night City vertigineuse, envoutante et violente, un des meilleurs Open World que j’ai pu voir depuis un sacré paquet d’années
  • Une œuvre marquante, qui restera très longtemps dans un coin de ma tête et de mon cœur
  • Pour moi, il y aura un avant et un après Cyberpunk 2077 quand je me plongerais dans un RPG occidental

Ce que j’ai moins aimé :

  • Une œuvre inaboutie, à laquelle on devine des choses manquantes qui l’aurait encore plus sublimée et qui indique un développement compliqué et chaotique
  • La quête pour les achats de véhicules, inappropriée dans le scénario
  • Le gameplay lors des combats de rue, bancal
  • Le mini jeu pour les piratages, je n’ai toujours pas compris la logique derrière
  • Des temps de chargements qui ne profitent pas du SSD de la PS5
  • Techniquement, ce n’est toujours pas maitrisé mais il y a effectivement du « mieux » si on y joue sur PS5

Son appréciation :

Si l’on devine que le développement fut laborieux et chaotique, Cyberpunk 2077 tel qu’il est sorti dans le commerce nous offre une expérience sans commune mesure avec ce qu’il se fait actuellement dans les RPG occidentaux. Une aventure au scénario mature, intelligent, d’une mise en scène exemplaire, doublé dans notre langue avec un sens certain du détail, accompagné d’un contenu secondaire qui gomme la frontière entre le contenu scénaristique et l’annexe, mes 123 heures restent et resteront gravées dans ma tête et mon cœur tant j’ai eu le sentiment d’avoir été respecté par une œuvre ayant le souci du joueur que je suis. Si tout n’est pas parfait (technique, souci divers et varié), Cyberpunk 2077, bien qu’imparfait et malheureusement loin des promesses que le studio avait fait, reste au dessus du lot des autres RPG occidentaux dont nous abreuve une industrie n’ayant manifestement pas compris le principe de ce genre de propositions, c’est à dire de nous proposer une aventure dépaysante, dans un univers qui nous accroche pendant un certain nombre d’heures, ce que réussit à faire la dernière production de CDPR.

De ce fait, du moins à partir de mon expérience sur PS5, Cyberpunk 2077 décroche le coup du cœur du blog pour 2021 et en étant totalement franc avec vous, risque bien de devenir mon Jeu de l’année tant mon expérience fut excellente, exceptionnelle et marquante à plus d’un titre.

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