[Test] Resident Evil Village : winters is coming !

Alors que les fans et Capcom fêtent les 25 ans de la saga phare des survival horror, Resident Evil Village est sorti le 7 mai dernier, décrochant un record de ventes de 3 millions de copies ainsi qu’un record de 100 000 joueurs simultanés sur Steam. Bref, tout va pour le mieux pour lui. La question à laquelle il faut encore répondre, c’est bel et bien sa qualité. Est-il « bon » ou alors la saga s’est définitivement perdue avec ce RE Village ?

Test basé sur une Version PS5 physique achetée par mes soins sur PS5. Screenshots réalisés à partir du mode photo via la touche Create de la DualSense. Aucun spoil n’est présent dans ce Test.

Trois ans ont passés depuis les évènements de Resident Evil 7. La Louisiane et les Bakers sont loin derrière Ethan et Mia et pourtant ils tourmentent toujours le couple qui oscillent entre disputes et moments de bonheur, comme en témoigne la venue au monde de Rose. Envoyés en Europe de l’Est, Ethan et Mia se pensaient à l’abri mais le mauvais sort n’oublie pas le couple. En effet, Ethan assistera, impuissant, à ce que n’importe quel père ne mérite pas de subir. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais quelques minutes plus tard, Ethan et vous êtes seuls, dans l’obscurité d’une nuit glaciale. Avec pour seule amie votre lampe torche, vous avancez tant bien que mal pour déboucher dans un village désert. Sauf que vous n’allez pas resté seul bien longtemps…

Avec pour décor un village d’Europe de l’Est, le bestiaire de Resident Evil s’en voit ainsi renouvelé. En effet, vos premiers ennemis ressemblent à s’y méprendre à des loups garous ou des lycans (c’est selon). Bien plus véloces, plus rapides, plus dangereux que n’importe quels ennemis dans le passé de la licence, il faudra faire preuve de force et de puissance pour espérer en ressortir vivant. C’est ainsi qu’après un affrontement mettant à rude épreuve nos acquis et nos habitudes que l’on se sort d’un traquenard et que l’on peut reprendre un peu notre souffle. L’occasion d’explorer un peu ce nouveau terrain de jeu et ainsi découvrir notre objectif qui nous gardera occupé durant pas mal d’heures : partir à l’assaut des 4 « nobles » qui tiennent le village sous leur coupe et ainsi parvenir à leur mystérieux chef. C’est ainsi que l’on se dirige vers notre première cible : le château Dimitrescu… C’est peu ou prou la première heure de jeu que je viens de vous résumer tout en évitant le moindre spoil que ce soit. Outre le village que vous allez pouvoir explorer de fond de comble entre chaque niveaux réservés aux nobles, c’est bien l’exploration d’une sorte de donjon et son combat de boss qui vous attendent. Un schéma classique mais efficace puisque le dépaysement est de la partie et je n’ai jamais ressenti la moindre répétitivité, puisque les situations se renouvellent sans cesse.

Je finis sur l’écriture du scénario. Pour être totalement franc avec vous, je n’ai pas plus apprécié Resident Evil 7 que cela. La faute à une narration qui s’écroule d’heures en heures passé la première heure (avec quand même une très grosse séquence qui me marque encore). Dans ce Resident Evil Village, une fois arrivé dans le château, le scénario s’écroule une nouvelle fois et ne parvient pas à me garder dans ses griffes, la faute à des séquences entre Lady Dimitrescu et Ethan où ce que j’étais en train de voir sous mes yeux me faisait sortir du jeu. A ce moment là, Resident Evil Village était en train de faire exactement comme son prédécesseur et j’ai failli arrêter là, tant c’était scénaristiquement au ras des pâquerettes. Mais je me suis accroché puisque quelque chose dont je n’arrivais pas à m’expliquer (qui me subjuguait) me faisait m’accrocher à la manette… Ce que je ne regrette pas, compte tenu de ce qu’il se passe lors du second « donjon ». En effet, lors de l’exploration pour le second noble, Resident Evil Village déploie alors un certain renouvellement dans l’Epouvante (avec un très grand E), que je salue, pour ne jamais se perdre, même dans sa seconde partie, résolument plus action et qui, je trouve, se finit dans une certaine apothéose offrant alors à ce RE Village une identité et un charme qui lui est propre.

Si l’écriture en elle même reste très classique, n’oublions pas que nous sommes en présence d’un Resident Evil, il faut bien admettre que Capcom peut être fier de lui en apportant une justification à son personnage sans visage qu’est Ethan Winters et le pourquoi du comment il est capable d’en prendre plein la tronche comme il le fait sans jamais y passer. J’aurais pu craindre une sorte de « ferme là, c’est le scénario » mais il en est tout autre et j’ai été très agréablement surpris de la tournure des choses. Je n’ai pas plus apprécié que cela RE7 mais ce Resident Evil Village restera un moment en tête. Même si je ne comprends toujours pas ce que voulait faire Capcom avec le personnage d’Ethan. Malgré le fait que j’ai fini par l’apprécier à partir de son affrontement contre le 1er boss, grâce notamment à des répliques très « Rambo », j’ai du mal à comprendre le pourquoi du comment d’un tel personnage. Si ses motivations et sa rage de vaincre sont compréhensibles, on aurait pu se passer d’un tel personnage pour un autre personnage bien plus connu, comme par exemple… Chris Redfield, qui est de la partie et qui aurait pu rehausser un peu plus mon engouement. Je ne vais pas vous spoiler, mais disons que mon avis positif sur ce RE Village est en partie grâce à sa présence.

Au niveau du gameplay, RE Village est un FPS comme l’était son prédécesseur et il fait les choses de façon correcte, sans toutefois réussir à se renouveler. Même si j’aurais aimé qu’Ethan soit un peu plus rapide et réactif dans ses déplacements et que le fait de parer pour ensuite faire reculer un ennemi ne sert pratiquement à rien (du moins selon moi). Je trouve que le gameplay reste donc efficace mais ne se renouvelle en rien. Néanmoins, est-ce qu’on attend du gameplay de ce RE Village qu’il se renouvelle vraiment ? En ce qui me concerne, même si je déplore une absence de prises de risques de la part de Capcom, le gameplay reste tout de même suffisamment maitrisé pour nous faire passer un « bon » moment. De plus, en s’inspirant de l’inventaire de Resident Evil 4 avec son système de mallette et de cases, le parallèle est ainsi fait. Et si dans RE4, la mécanique de la mallette nous demandait d’y faire attention à longueur de temps, ici je n’ai pas eu de souci particulier. Je met ça sur le compte des réflexes que j’avais adoptés dans mes innombrables parties sur RE4.

Néanmoins, Capcom a essayé d’introduire de nouvelles options pour tenter d’offrir une identité certaine a son RE Village, grâce notamment à un système de confections (munitions diverses, soin, etc) à la volée nous permettant alors de crafter en plein combat une denrée salvatrice. Au passage, un marchand appelé le « Duc » nous suit un peu partout afin de nous proposer un système d’achat, de vente, d’améliorations de nos armes et de… cuisine. En partant à la chasse aux poissons et aux animaux (poules, cochons et sangliers), vous pourrez lui faire faire des plats vous augmentant définitivement votre santé, votre vitesse de déplacement ainsi que votre résistance. En ce qui concerne le Duc, mis à part jouer le mystère quant à sa présence (on a limite droit à un « c’est le marchand, point »), j’aurais bien aimé avoir une justification scénaristique quant à sa présence dans les parages. Un mot sur les armes que l’on aura à notre disposition, il y a vraiment de quoi faire entre les armes de poing, les fusils à pompes, les magnum, les fusils de précisions et un lance grenade, vous en débloquerez de nouvelles une fois le jeu fini comme par exemple un fusil d’assaut ainsi que d’autres armes plus exotiques dont je vous laisse la surprise.

Graphiquement parlant, les screenshots vous parleront mieux que moi mais j’ai trouvé ce Resident Evil Village absolument magnifique dans ses paysages extérieurs, dépaysants, que dans ses multiples intérieurs où une certaine ambiance était à chaque fois palpable et où la direction artistique fait très clairement le travail. Le RE Engine fait toujours autant des miracles et le fait que l’on ne peut pas tout détruire sur son chemin ne m’a absolument pas dérangé. Au passage, Capcom a eu la brillante idée de nous proposer le fameux mode photo qui s’invite à la fête, même si je regrette que ce dernier soit un peu mal foutu puisque toujours calibré en mode flou, me faisant perdre un peu de temps. J’aurais aimé par contre avoir la possibilité de pouvoir démembrer mes nombreux ennemis (vous savez comme dans Resident Evil 2 Remake…), puisque mis à part tirer dans la tête ou le torse pour certains ennemis, les possibilités de gameplay lors des gunfights sont pour ainsi dire inexistantes. J’aurais aimé également avoir le plein contrôle de notre lampe torche, puisque cette dernière ne s’active que dans des passages bien précis. Un mot sur la technique, sur PS5, je n’ai eu absolument aucun soucis que ce soit. Pas de freezes, pas de ralentissements, pas de bugs que ce soit. Comme à son habitude, Capcom sait optimiser ses productions lors de leur sortie et le prouve une nouvelle fois.

Je finis sur la durée de vie de ce Resident Evil Village. Je l’ai accompli une première fois dans sa difficulté standard en environ 13 heures et trente minutes. De plus, un mode Mercenaries est embarqué. Du peu que j’y ai joué, Capcom l’a revu et transformé et propose donc des niveaux découpés en stages (3 ou 4) où il faut accomplir un certain nombre de morts imposées afin de passer d’un stage à un autre. L’objectif étant de faire le plus de points possible. Même si je préférais le mode Mercenaries de Resident Evil 4 (sur lequel j’ai passé un nombre non négligeables d’heures à l’époque),il faut bien avouer que Capcom à su renouveler son mode. Néanmoins je ne pense pas que j’y passerais quelques heures de plus. Je trouve que la durée de vie de ce Resident Evil Village est juste comme il le faut. Ni trop long, ni trop court, juste dans la « bonne » moyenne. N’oublions pas qu’il vous permet de vous lancer dans un NG+ en gardant votre inventaire de la partie précédente tout en vous proposant d’augmenter la difficulté, ce qui est judicieux de la part de Capcom, ce que j’ai fait puisque je l’ai relancé immédiatement en hardcore avec les données de ma partie sauvegardée en standard. Pour être totalement franc, je ne pense pas que j’irais au bout de cette seconde partie puisque je considère avoir fait le tour de ce me proposait ce RE Village, au contraire des Remake de RE2 et RE3 où je les avais relancés 3 ou 4 fois chacun. La faute à une absence de re jouabilité et aussi au fait que je n’ai pas plus envie que ça de me lancer dans la course au Platine.

Il est enfin temps de vous donner mon avis sur ce Resident Evil Village. Si dans ses premières heures, il s’écroule dans les méandres d’une certaine médiocrité, il finit alors par revenir sur le devant de la scène d’une bien belle manière en opérant un come back assez spectaculaire pour ne plus me lâcher jusqu’à la fin, grâce à des séquences assez fortes (le second et le quatrième donjon notamment) avec des justifications scénaristiques plutôt intéressantes (du moins pour un Resident Evil, soyons d’accord). Avec une ambiance rappelant fortement Resident Evil 4 ainsi qu’une grosse référence à un film que personne ne connait et qui fait mouche sur moi (Frankenstein’s Army), ce Resident Evil Village est une bien belle surprise en ce qui me concerne. Il réussit à allier avec une certaine maîtrise un sens certain de l’Epouvante et une action débridée, justifiée par son scénario, RE Village nous offre alors une aventure singulière tirant partie de toutes les cordes de son arc. Tout n’est pas parfait certes, notamment un bestiaire un peu resserré mais le fait de ne pas se retrouver à 20 contre 1 dans les multiples combats fait du bien et permet de renouveler un peu les situations. Mis à part un début médiocre et ridicule, un gameplay un peu trop classique (mais qui reste efficace) ainsi qu’un manque de prise de risque faisant de ce Resident Evil Village un bon opus « sans plus », j’ai tout de même passer un agréable moment devant. Même si je considère qu’une unique partie est largement suffisante, la faute à une absence de rejouabilité (du moins à mon sens), j’ai bien l’intention de faire preuve d’une certaine confiance quant à l’avenir de la licence. J’espère juste que Capcom va (enfin) se décider à prendre plus de risques, il en est plus que capable.

Tout droit issu d’un film inconnu de toute et tous… Une grosse référence au film Frankenstein’s Army !

Ce que j’ai aimé :

  • A partir du second donjon et jusqu’à sa fin, RE Village ne m’a plus lâché tant il réussit à allier épouvante et action avec une certaine maîtrise et une surprenante ingéniosité
  • Les environnements extérieurs, dépaysants
  • Les intérieurs, qui offrent une ambiance particulière
  • Le doublage français, de très bonne qualité (Françoise Cadol pour ne citer qu’elle)
  • Le quatrième donjon et son immense référence au film Frankenstein’s Army
  • La justification scénaristique autour de Ethan Winters
  • Chris Redfield, toujours aussi badass !
  • Un RE Village qui se souvient de Resident Evil 4 et qui nous le fait bien comprendre
  • Une durée de vie plutôt correcte, ni trop long, ni trop court, juste ce qu’il faut
  • L’exploration du Village
  • Le mode photo…

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Même si il est mal calibré
  • Un début médiocre et ridicule
  • Le fait de ne pas se servir de sa lampe torche quand on le souhaite
  • On ne peut pas démembrer ses ennemis
  • Lady Dimistrescu, vite expédiée O_o
  • Une rejouabilité quasi nulle
  • Une absence notable d’une certaine prise de risque
  • Une gameplay qui manque de profondeur et de possibilités

Son appréciation :

Partant des méandres d’une médiocrité et d’une nullité certaine, Resident Evil Village se ressaisit de lui même, en opérant un come back très surprenant pour ne jamais me lâcher jusqu’à sa toute fin. Tout n’est pas parfait pour autant, mais son sens certain de l’Epouvante, avec une action débridée mais justifiée par un scénario distrayant, fait que je suis ressorti de ce 9ème Resident Evil canonique plutôt rassasié, là où Resident Evil 7 m’avait laissé sur ma faim en me décevant d’heure en heure. Resident Evil Village est une sorte de lettre d’amour envers Resident Evil 4 et ses fans (dont je fais partie), notamment dans l’exploration du village, même si du côté du gameplay, cette lettre d’amour aurait pu prendre plus de risques. Un résultat en demi-teinte mais qui verse beaucoup plus dans le côté positif que négatif et qui m’a fait passé un (très) agréable moment. J’espère juste que Capcom prendra la décision d’aller plus loin en termes de prises de risques dans le remake de RE4, si remake il y a, et dans le prochain Resident Evil canonique parce que ça commence doucement à se voir le fait de se reposer sur ses lauriers et d’engranger le fric à moindres efforts…

2 commentaires

  1. Même si je suis toujours sur PS4, je n’ai pas résisté à l’acheter. Je ne vais pas pouvoir y jouer tout de suite, mais j’ai lancé l’introduction qui m’a mis l’eau à la bouche. Je suis rassurée de constater que, en dépit de plusieurs bémols, le jeu tient finalement la route et fasse passer un bon moment.

    Aimé par 1 personne

    1. Après, tout le monde s’accorde à dire que le début est excellent, la fin un peu moins mais je pense que tu passera un agréable moment dessus 😊 Merci de me lire au passage, ça me fait extrêmement plaisir ❤️

      Aimé par 1 personne

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