[Test] Returnal : Housemarque (enfin) sous le feu des projecteurs ?

Longtemps connu pour sortir de « petits » JV considérés par les joueurs comme étant des jeux dit de « niche », Housemarque se voit propulsé par Sony sur le devant de la scène avec son Returnal. Rogue like/lite pur sang, ce serait un euphémisme que de dire qu’il n’a pas fait couler d’encre lors de la sortie de ses premiers retours venant de la presse spécialisée ainsi qu’autres ayant une certaine visibilité. Si vous lisez ce Test, c’est que j’ai réussi à aller au bout. Et que j’ai adoré l’expérience.

Je remercie PlayStation France, qui me propose de réaliser ce Test dans les meilleures conditions possibles, me fournissant une version PS5 dématérialisée. Les screenshots sont réalisés par moi même, aucun spoil n’est présent.

Lorsque Sélène s’approche de la planète Atropos, elle n’a qu’un objectif : faire toute la lumière sur le phénomène de l’Ombre blanche. Sauf qu’arrivée en orbite de la planète, rien ne va se passer comme elle avait prévue et elle finit par s’écraser sur la mystérieuse et inexplorée planète. Loin de tout, loin de son monde, notre monde, coincée sur un astre inhospitalier, Sélène découvre à la dur qu’elle est « coincée » sur Atropos. En effet, même dans la mort, Atropos ne la laisse pas en paix et la ramène toujours à son point de départ. Pourquoi ? Comment ? Sélène va devoir faire toute la lumière sur cette étrange situation dont est victime l’exploratrice spatiale. Le postulat scénaristique de Returnal est simple mais d’une efficacité redoutable. Bien des œuvres cinématographiques nous ont déjà parlé du sujet, je citerais volontiers un certain Edge Of Tomorrow (que j’ai dû voir une bonne vingtaine de fois), film bien plus connu qu’un Arq avec Robbie Armell sur Netflix.

Un scénario certes déjà vu et classique dans son exécution mais qui se révèle être redoutable et accrocheur, puisque j’ai toujours voulu savoir le fin mot de l’histoire au fur et à mesure de mon avancée. Néanmoins, il vous faut garder en tête qu’il ne vous explique pas de but en blanc ses tenants et aboutissants et vous laissera donc cogiter des jours durant certains aspects majeurs de son histoire, ce qui pourrait rebuter certains et certaines qui aiment qu’on leur dise les choses de façon franche. Pour ma part, j’adore ce genre de choses dans un scénario et même durant l’écriture de ce Test, je continuais à me faire des théories par ci par là. Je finis sur la partie artistique de Returnal, je trouve qu’Housemarque s’est inspiré de l’univers visuel d’un certain HR Giger (qui a œuvré sur le film Alien le 8ème passager…) et je trouve que l’inspiration est ici tellement folle que le clin d’œil est assez évident, du moins en ce qui me concerne.

L’idée scénaristique de la boucle temporelle est ainsi au cœur même de son gameplay que je juge addictif et exigent. En effet, la faune locale ne vous fera aucun cadeau et vous allez devoir faire fi d’une difficulté accrue par rapport à vos habitudes (sauf si vous débarquez des Dark Souls et compagnie), puisque vous allez mourir un sacré paquet de fois. Mais au fur et à mesure, vous commencerez à retenir les pattern des ennemis, lesquels doivent être tués d’une certaine manière et ainsi de suite. Sauf que la petite particularité du titre étant qu’il génère des niveaux de façon procédurale basé sur une bibliothèque pré conçues de pièces. Ce qui signifie que chaque résurrection vous forcera à changer de stratégie en terme d’exploration mais aussi de loot puisque mis à part vos éther (seconde monnaie ingame après l’obolithe) et certains objets clés comme votre épée et outils d’exploration (comme le grappin), vous perdrez l’intégralité de vos objets, parasites, reliques et consommables. De ce fait, on passera un temps fou à explorer et retourner le cas échéant dans les niveaux afin de les fouiller au maximum de nos possibilités du moment, apportant une touche très Metroid-vania.

Le Phrike, c’est chic.

Un mot sur le procédural, celui-ci accuse le coup d’une certaine répétitivité. Si cela fait illusion durant les premières heures, on finit par s’habituer à l’agencement des pièces et les retenir par cœur, ce qui fait qu’on repère assez vite lesquelles auront des ennemis, lesquelles sont des pièces à loot et ainsi de suite mais entraîne dans le même temps une certaine lassitude étant donné qu’on revoit des pièces déjà vu auparavant.

Etant un TPS (Third Person Shooter), Returnal vous offrira un large panel d’armes en tous genre, qui part du simple pistolet, en passant par un fusil d’assaut, en finissant par des armes plus « exotiques » comme l’electrobaliseur, qui une fois comprise, vous offrira la possibilité de « rouler » sur vos ennemis, boss inclus. Ne négligez pas les aptitudes proposées sur les armes, elles sont pour ainsi dire décisives et combien de fois je me suis permis de ramasser une arme juste pour débloquer une de ses aptitudes afin de l’avoir plus tard sur une autre arme lors d’un prochain run. Les boss parlons en. Au nombre de cinq, ces joyeux lurons comportent tous 3 barres de vie pour autant de phases durant lesquelles vous allez devoir esquiver leurs coups et faire descendre leurs points de vie en faisant attention à leur pattern. Néanmoins, si une fois face à eux, ils ne sont pas si difficiles qu’au prime abord, c’est la phase de préparation avant le combat qui peut poser problème. En effet, celle-ci exige de vous du temps et surtout, surtout, de ne pas mourir. Par exemple, le cinquième et dernier boss, réputé comme étant l’un des plus faciles du jeu, il m’aura fallu pratiquement 10-15 heures de jeu avant de réussir à m’en approcher et l’abattre, la faute au fait que je suis mort un nombre incroyable de fois sur le trajet (et pas un petit trajet, non non) pour aller me le farcir.

En résulte un mélange d’émotions diverses et variées une fois un boss abattu. Euphorie, auto fierté et joie intense arriveront au bout d’une spirale négative où j’ai parfois ressenti un certain abattement, voir même une certaine déception provenant de moi et même de la cruauté sans pitié que le jeu avait à mon encontre. Puisqu’il faut que je vous le dise, Returnal comporte une immense part de chance ou de malchance dû au hasard de l’agencement des pièces, des ennemis et surtout du loot qui tombe. Si dans ce système, seule une chance vous permet d’aller au bout de votre run, le hasard fait que le reste de vos tentatives signifie aussi un retour à votre point de départ, en perdant vos objets difficilement acquis durant quelques heures. Pour ma part, à l’heure où est écrit ce test, j’en suis donc à 48 morts pour 35 heures de jeu. Oui je sais que c’est beaucoup, mais il faut tenir compte d’une donnée non négligeable : Returnal est mon premier Rogue Like et en temps normal, je n’aime pas les Dark Souls, NiOh et autres JV du genre.

Returnal n’est pas si difficile que cela. En tous cas, pas au sens strict du terme. Là où par exemple je trouve qu’un Nioh 2 (seul JV du genre à avoir eu son Test ici) est ultra punitif au point même où même le premier ennemi du jeu peut vous tuer d’une facilité déconcertante, dans Returnal ce n’est pas vraiment le cas et vous avez tout de même une chance de vous en sortir même si vos ennemis sont plus forts et plus nombreux que vous. J’ai conscience que le comparatif entre Returnal et Nioh 2 ne tient pas vraiment (du moins selon moi) puisque dans Nioh 2 c’est du combat au corps à corps alors que dans Returnal, c’est du combat à semi distance avec la possibilité de s’éloigner ou s’approcher à grande vitesse de vos ennemis (avec votre ruée). mais gardez bien à l’esprit que Returnal est d’une exigence assez folle. Il vous demandera deux choses : de la concentration et du temps, beaucoup de temps. Si votre consommation actuelle de votre passion est de jouer une heure tel jour et une autre heure un autre jour, laissez tomber Returnal puisqu’une fois lancé dans un run, si les chances vous sont favorables, vous n’êtes pas prêt(e)s de lâcher la manette.

J’en viens doucement aux aspects techniques de Returnal et je vais commencer par les sensations que proposent la DualSense. Grâce aux vibrations, vous sentirez les gouttes de pluie qui tombent sur la combinaison de Sélène ainsi que d’autres effets. Pour ma part, j’ai désactivé les effets de gâchettes adaptives et j’ai changé la position du tir secondaire qui était calibré sur la touche L2, ce qui fait que je ne me prononcerais pas sur cet aspect. En résulte une expérience « normale » de mon côté. Graphiquement parlant, l’Unreal Engine 4 fait des merveilles en termes de graphismes purs et en soi, Returnal est absolument magnifique, sans avoir aucun temps de chargement que ce soit, ce qui est assez étonnant ! Pour l’instant, parce que je continue à jouer à Returnal durant l’écriture de ce Test, je n’ai eu aucun soucis d’ordre technique. Pas de crash, de freeze, pas de ralentissements et Returnal tourne en 60 fps constant sans jamais montrer le moindre signe de faiblesse.

J’en viens enfin à vous dire ce que je pense de Returnal. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Returnal décroche le Coup du cœur du blog pour 2021. Je ne m’attendais ni à y arriver ni à l’aimer autant que je l’aime. Il n’est certes pas si difficile que cela mais il est exigent, chronophage, injuste et parfois désespérant de cruauté. Mais dans le même temps, il est addictif dans son gameplay et dans son loot aléatoire tout en m’offrant un univers de Science Fiction comme je les aime. Son concept de boucle temporelle est ici maitrisé à la perfection, y compris dans son scénario et son gameplay, ce qui fait qu’il est d’une cohérence absolument étourdissante quand on commence à réfléchir aux propos que tiens le jeu et quand on écoute les journaux vocaux de Sélène. Néanmoins, au delà de la polémique stérile, ridicule et sans fondement sur le sujet de sa difficulté, oui Returnal n’est pas pour tout le monde. Non pas parce qu’il exige énormément de son joueur et sa joueuse mais parce qu’il vous demande du temps. Beaucoup de temps. Non pas pour battre les boss mais bien pour vous équiper en conséquence ainsi que la route que vous devrez prendre pour vous y emmener. Et à ça, je ne suis pas sûr que beaucoup de joueurs et de joueuses adultes aient le temps de prendre 2-3-4 heures en une seule fois puisque Returnal n’a pas de système de sauvegarde conventionnel sous le coude, ce qui est le premier point négatif que je pourrais émettre à son encontre. Quant au second point négatif, je parle volontiers de l’absence d’un mode photo, parce que oui ça manque clairement. Surtout quand on voit le soin apporté par le studio dans les environnements du jeu.

Ce que j’ai aimé :

  • Un scénario très bien écrit et rudement intelligent
  • Graphiquement magnifique
  • Addictif
  • Exigent, sans être si difficile que souhaiterait nous faire croire certains « influenceurs »…
  • Un gameplay ultra précis
  • Une direction artistique rappelant l’univers de HR Giger
  • Une très grosse durée de vie (plus de 30h de mon côté, même si cela dépend d’un joueur à l’autre en terme de skill et de chance au niveau du loot)
  • Un Rogue like accessible, qui m’aura permis de prendre énormément de plaisir
  • Un doublage français de très bonne qualité

Ce que j’ai moins aimé :

  • Pas d’options d’accessibilité comme par exemple la possibilité de sauvegarder son avancée dans un run (par exemple, avoir la possibilité d’avoir 1 sauvegarde contre de l’ether, ou bien diminué les dégâts que font certains ennemis)
  • L’absence d’un mode photo, c’est regrettable

Son appréciation

Aux vues des premiers retours presse, j’ai bien failli passer à côté de Returnal mais contre toute attente, j’ai pris un immense plaisir manette en main. Exigent et chronophage, le dernier bébé du studio Housemarque est une formidable occasion pour découvrir le genre du rogue like. Néanmoins, gardez bien en tête que même si Returnal est plus accessible qu’il n’y parait, il exige énormément de vous en terme de temps mais aussi en terme d’investissement. En ce qui me concerne, je ne regrette en rien la chance que je lui ai laissé mais j’ai conscience qu’il n’est pas non plus à la portée de tout le monde. J’espère que le studio profitera de ce galop d’essai pour enfin profiter de toute la notoriété qu’il mérite parce qu’il le mérite au vu de mon expérience. Enfin, Returnal décroche le coup de cœur du blog pour 2021, il pourra concourir au titre de Goty en fin d’année !

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