[Test] Hyrule Warriors L’ère du fléau : Nintendo s’est-il planté dans sa communication ?

Trois ans après la sortie de The Legend Of Zelda Breath Of The Wild, Nintendo a décidé de lui offrir une suite sous forme de préquelle. Confiée aux mains expertes dans le genre du Musô, Koei Tecmo et Oméga Force, Hyrule Warriors l’ère du Fléau est sorti le 20 novembre dernier. Ecoulé à plus de trois millions d’exemplaires dès ses premiers jours de commercialisation, est-ce que Nintendo a eu le nez creux en faisant de ce Dynasty Warriors-like son hit de fin d’année 2020 ? Il semblerait que la réponse soit plus complexe que prévue.

Je préfère vous prévenir d’emblée, il se peut qu’il y ait des spoils plus ou moins importants sur le scénario de The Legend Of Zelda Breath Of The Wild.

Lire la Critique de The Legend Of Zelda Breath Of The Wild

Hyrule Warriors L’ère du Fléau nous remet dans le contexte des événements survenus 100 ans avant Breath Of The Wild en nous permettant de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la défaite de Link, Zelda et les Prodiges face à Ganon le Fléau implacable qui, contre toute attente, remporta la victoire et précipita Hyrule dans la désolation. Il aura donc fallu attendre une centaine d’années pour que Link se réveille de son sommeil et aille lui mettre une rouste finale…

Tout commence par une simple bataille dans laquelle s’illustre un certain Link, simple soldat au service de l’armée du Roi d’Hyrule. C’est alors qu’au terme de cette bataille, le Roi, sa fille la Princesse Zelda et Impa, haute fonctionnaire du Royaume d’Hyrule, font la rencontre d’un Gardien venu d’un futur alternatif (celui que l’on voit donc dans Breath Of The Wild) qui leur explique ce qui arrivera au Royaume prochainement : le réveil de Ganon et sa victoire sur la guerre à venir. Dans le même temps, comme pour récompenser Link de ses exploits, il devient alors le guerrier au service de la princesse Zelda. Enfin, tout ce beau monde décidera d’activer le plan visant à combattre Ganon. C’est ainsi que 4 Prodiges et leur arme ultime furent réunis : Mipha, Daruk, Urbosa et Revali. Voilà comment se lance l’histoire de ce Hyrule Warriors l’ère du Fléau.

Le scénario de ce Hyrule Warriors nous est ici conté dans des cinématiques ayant la même direction artistique que Breath Of The Wild avec le même doublage français que ce dernier. Malgré les propos tenus par Nintendo lors de sa communication avant la sortie du jeu, Hyrule Warriors l’Ere du Fléau n’est malheureusement pas fidèle à l’idée (assez claire) de ce que je me faisais de ce conflit puisque d’entrée de jeu, il y a la donnée très importante du voyage dans le temps qui rentre en ligne de compte. Et malheureusement, ça ne va pas aller en s’arrangeant puisque à un moment très important du scénario de ce Hyrule Warriors où la victoire de Ganon aurait dû être claire et sans appel, le scénario change une seconde fois de direction pour partir dans une autre direction qui fait que ce dernier ne peut plus être considéré comme « canon ».

Pour être un peu plus clair dans mes propos, souvenez vous de Dragon Ball Z. Juste avant l’arc Cell, un voyageur du temps arrive dans la « timeline officielle » de Dragon Ball Z pour prévenir Son Goku et les autres que ce dernier va mourir d’une maladie du cœur avant la bataille contre les deux Cyborgs C-17 et C-18, qui précipiteront alors le monde dans l’Apocalypse, ce qui deviendra l’histoire de Trunks du futur, racontée dans le TV Film « Le désespoir de résister ». J’espère que cet exemple sera plus à même de vous faire comprendre le fond exact de ma pensée puisque nous sommes très exactement dans la même situation. Breath Of The Wild étant le TV Film sur Trunks du futur et le début de Hyrule Warriors l’ère du Fléau étant la timeline que l’ont voit juste avant le début de l’arc Cell. Même si en y réfléchissant avant, pendant et après avoir couché ces mots dans ce Test, c’est un peu plus compliqué que ce schéma simpliste. Bref, j’espère que vous comprendrez plus le fond que la forme de mon exemple.

Pour finir sur le scénario, son écriture et sa mise en scène, je dirais que malgré son classicisme, je veux dire par là qu’il reste comme 99% des scénarios que je vois ailleurs, il fait dans l’efficace dans tous ses domaines. Malgré le fait qu’il me fasse penser à une simple fan fiction désireuse de changer les choses à sa convenance, j’ai vraiment adoré et je rajoute même qu’il m’a donné une furieuse envie de relancer Breath Of The Wild, ce que je ferais très vite.

Au niveau de son contenu, Hyrule Warriors l’Ere du Fléau est bourré à ras bord. Missions principales, missions secondaires en tous genres et nombre/genre de personnages assez équilibré, Hyrule Warriors est maitrisé et respecte à la lettre le savoir faire de son studio dans son genre de prédilection. Je dirais même, sans avoir abordé le gameplay (ce que je vais faire en dessous) que la formule classique du Musô dans ses débuts est ici poussée à son paroxysme. Néanmoins, le Musô souffre de plusieurs années du même défaut le plus important : sa répétitivité. Alors certes, ici ne vous attendez pas à faire autre chose que d’enchaîner ad vitam æternam la baston contre des milliers d’ennemis présents à l’écran, mais de mon point de vue, alors que je sors de Persona 5 Strikers, je n’ai pas du tout ressenti la moindre répétitivité que ce soit. De plus, je n’ai plus autant ressenti de plaisir sur un Muso depuis… Dynasty Warriors : Gundam sorti en 2007 sur PS3 et Xbox 360 qui m’avait fait le même effet ici, de ne pas lâcher la manette (ou la Nintendo Switch, dans ce cas précis).

Toujours au chapitre du contenu, Hyrule Warriors l’Ere du Fléau propose des mécaniques de RPG, comme l’obtention d’armes et d’objets divers et variés (comme des ingrédients pour réaliser des plats nous conférant des effets très intéressants pour chaque bataille). Il y a aussi toute une partie sur différents marchands nous vendant des denrées exclusives ainsi qu’un forgeron (sans oublier un terrain d’entrainement pour augmenter le niveau des personnages que l’on utilise pas souvent afin de ne pas être obligé de farmer inutilement) pour renforcer nos armes en fusionnant celles que nous n’utilisons pas afin de rendre nos personnages de plus en plus efficace. Bref, toute une partie RPG qu’il ne faut pas négliger, surtout si on souhaite une petite équipe à même de seconder Link dans les batailles les plus difficiles.

Néanmoins, j’ai quand même certaines choses à en dire. Certaines missions où au premier coup pris c’est le Game Over direct ainsi qu’un certain nombre de personnages littéralement injouables (je ne citerais aucun nom, ça relève du spoil selon moi) et qui sont imposés dans certaines missions secondaires. Et pour finir, si on souhaite le 100%, il faut récupérer l’intégralité des Korogus présent dans le jeu (en plus de faire toute les missions, cela va de soi). Oui, vous lisez bien. Fort heureusement, il n’en faut plus autour des 900 comme dans Breath Of The Wild mais il faut tout de même au minimum une soluce à côté de soi. Comme vous le voyez, tout n’est pas si parfait que cela mais fort heureusement le plus important (à mon sens) permet au jeu d’être (toujours à mon sens) le porte étendard qu’il fallait à la formule classique du Musô pour enfin briller.

Du côté du gameplay, si vous avez déjà joué à un musô « classique », vous serez en terre connue. Une touche pour vos attaques légères, une seconde pour vos attaques lourde, une autre pour l’esquive et une autre pour vous défendre, nous sommes donc dans nos pénates. Mais là où ce Hyrule Warriors touche sa cible, sur moi, c’est sur son habillage Breath Of The Wild. Jusqu’à son utilisation de la Tablette Sheikah, qui se voit ici sur-boostée comme si on l’avait gorgée de boissons énergisante. Cela apporte une certaine différence avec le gameplay un peu plus posé de Breath Of The Wild et je trouve que ça lui confère une certaine variété qui fait un bien fou. Sur la technique, j’ai joué à ce Hyrule Warriors l’Ere du Fléau sur Nintendo Switch Lite ainsi que sur la Nintendo Switch dîtes classique (même si l’intégralité du jeu à été effectué sur la Switch Lite), j’ai bien peur de vous dire que je ne compte plus les ralentissements plus ou moins importants (selon le nombre d’ennemis affichés à l’écran et surtout au moment de déclencher nos attaques spéciales/ultimes) que j’ai eu en plus de 65 heures pour accomplir le jeu. Mais mise à part ça, je n’ai absolument rien à reprocher de plus.

On en arrive enfin à la fin de ce Test et je vais répondre à la question que je me pose. Est-ce que Nintendo s’est foiré dans sa communication ? A mon sens, oui. Mais après plus de 65 heures sur ce Hyrule Warriors, cela faisait très longtemps que je n’avais pas autant pris de plaisir sur un musô « classique ». Ces dernières années, Koei Tecmo nous a proposé des formules revisitées comme par exemple Attack On Titan ou participer au développement de Persona 5 Strikers, ce qui pouvait les aider, dans un certain sens, à corriger les sempiternels soucis que je pouvais leur reprocher, comme la répétitivité exacerbée de tels JV. C’est ici le cas puisque je trouve que le studio à su réfléchir et ainsi nous offrir un musô (qui a quand même un gameplay répétitif au même titre qu’un jeu de foot ou un fps en ligne par exemple) qui gomme un peu plus son très gros défaut, du moins à mon sens.

Sur la question du scénario maintenant, sans vouloir spoiler, celui-ci n’est pas du tout fidèle à l’idée expliquée dans Breath Of The Wild. Il prend donc une autre tournure, qui surprend bien évidemment, mais qui au final ne me dérange pas, même si je suis partisan du genre de scénario que j’ai vu dans Breath Of The Wild (c’est à dire la victoire du ou des méchants, les gentils victimes de leurs erreurs et de leur proportion à avoir trop confiance en eux puisque « gentils »). Mais Nintendo a vendu son seul titre de fin d’année 2020 comme étant une préquelle officielle où on découvrirait les évènements survenus 100 ans avant Breath Of The Wild tels qu’ils se sont passés, hors ce n’est pas le cas. Libre à chacun d’avoir son avis sur ça mais je finirais par vous dire que malgré cet énorme raté en terme de communication de Nintendo, ce Hyrule Warriors l’Ere du Fléau ne m’a absolument pas déçu, bien au contraire, et se veut être une sorte d’alternative complétant avec un certain brio The Legend Of Zelda Breath Of The Wild.

Ce que j’ai aimé :

  • Un scénario surprenant de bout en bout…
  • Une assez grosse durée de vie si on souhaite le 100%
  • Un gameplay ultra nerveux qui offre une certaine variété à l’univers de Breath Of The Wild
  • Toujours aussi joli dans sa patte artistique
  • Un doublage français pour la première fois dans un Musô
  • Toujours eu cette envie de poursuivre mon aventure une fois la console éteinte, signe que je ne l’ai pas trouvé répétitif

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Mais qui n’est pas du tout un Préquel officiel quant à l’histoire racontée dans Breath Of The Wild
  • Je ne compte plus les ralentissements que j’ai eu tellement il y en a eu au cours de mon aventure !
  • Les Korogus, c’est non et re non et re re non
  • Les batailles où il ne faut prendre aucun coup sous peine de Game Over, c’est pas terrible terrible…
  • Un endgame pénible et lassant, ce qui fait que l’envie de faire le 100% s’est très vite envolée

Son appréciation

Au delà du fait que Nintendo s’est foiré dans sa communication pour vendre son seul hit pour la fin d’année 2020, Hyrule Warriors l’Ere du Fléau m’a très agréablement surpris en réussissant ce qu’un seul Dynasty Warriors avait réussi à faire jusqu’à présent. Il aura donc fallu attendre plus de 15 ans pour qu’un Musô classique me prouve qu’avec le bon vouloir de son studio, il peut contourner sa répétitivité exacerbée et m’offre ainsi plus de 65 heures de plaisir sans tomber dans le piège inhérent à son genre. Bon Koei Tecmo, on tient enfin le bon bout pour vos séries principales, à savoir Dynasty Warriors et Samurai Warriors ou pas ? Réponse à la sortie de votre prochain titre (Samurai Warriors 5) pour le constater, parce que j’en serais avec plaisir !

Sa note

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