[Test] Persona 5 Strikers : une suite qui répond aux exigences des fans ?

Suite de Persona 5 sorti en 2017, Persona 5 Strikers sort enfin (avec une traduction !) par chez nous. Au programme : une nouvelle intrigue, de nouveaux personnages et un nouveau gameplay. Qualités comme défauts, c’est parti pour le test de ce Persona 5 Strikers qui réussi l’impossible sur moi.

Test réalisé à partir d’un version physique distribuée par Koch Média que je remercie infiniment.

Lire la critique de Persona 5 Royal

D’abord sorti au Japon en 2020 sous le nom de Persona 5 Scramble : The Phantom Strikers est à la fois perçu comme un spin-off et une suite directe de Persona 5 sorti en 2017 chez nous. A ne pas confondre avec Persona 5 Royal sorti l’année dernière en France avec une traduction française, puisque les évènements du contenu « Royal » sont ici ignorés. Dans Persona 5 Strikers, on y retrouve toute notre petite bande adorée, 6 mois après les évènements de Persona 5. A l’occasion des vacances, Joker revient à Tokyo afin d’y retrouver ses ami(e)s et ainsi s’organiser du bon temps tous ensemble. C’était sans compter sur le destin, capricieux, qui en décide autrement, puisque les Voleurs Fantômes vont devoir faire face à une crise qui secoue le Japon tout entier. Faussement accusés, ils devront se laver des accusations à leur encontre et faire la lumière sur cette mystérieuse menace…

C’est ainsi, en faisant sorte de vous spoil le moins possible, que Persona 5 Strikers vous lance dans son intrigue. Une histoire une nouvelle fois bien écrite puisque c’est toujours le même studio qui est à l’œuvre et ça se ressent dans l’intégralité de l’aventure. Des thèmes forts sont une nouvelle fois abordés et j’ai été assez étonné de découvrir la résonnance de ces derniers. Des réflexions sur des thèmes assez importants et la justesse qu’a le studio à nous en parler fait que ce Persona 5 Strikers n’est pas la suite bête et méchante comme elle aurait pu être. Et ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que les thèmes ici évoqués ont un écho sur notre réalité et l’angle choisi par le studio nous interpelle, tout en nous faisant réfléchir, une marque de fabrique propre à la saga Persona. Alors certes, la mise en scène ne change absolument pas par rapport à Persona 5 mais le studio réussit là où ces dernières années d’autres n’auraient pas réussi, dans son écriture et les sujets ici choisis que nous exposent ce Persona 5 Strikers. Un très bon premier point et même un coup de cœur pour ce scénario donc tant j’ai été assez bousculé dans les thèmes ici explorés, que je maîtrise, mais qui m’ont encore une fois de plus fait réfléchir.

Pour le gameplay, P-Studio avait manifestement envie de varier les genres, puisque le tour par tour est ici mis de côté au profit du genre Musô. C’est ainsi que le studio a demandé conseil au maître du genre, Oméga Force. On comprend donc le pourquoi du comment Atlus, Koei Tecmo et les deux studios sont tous crédités dans leurs rôles respectifs. On aurait pu craindre une resucée des Dynasty Warriors, Hyrule Warriors et consorts, sauf qu’il n’en est rien. Certes, on affronte des vagues d’ennemis mais avec les mécaniques de gameplay propre à Persona 5. Par exemple, Joker est toujours capable d’avoir plus d’une Persona sur lui et au niveau de la stratégie, en avoir une de chaque type (électricité, feu, psy, vent, soin etc) nous permet de palier à (presque) toutes sortes de situations.

Sans oublier que l’on peut toujours composer une équipe de quatre (de mon côté, je n’ai pas changé la mienne par rapport à Persona 5 Royal, c’est à dire Ann, Ryuji et Morgana), le gameplay est donc une fusion entre le musô que je ne connais que trop bien et celui bien particulier de Persona 5. Pour commencer, sachez que vous allez pouvoir jongler entre vos attaques au corps à corps, votre arme à feu et enfin vos attaques « magiques » et ainsi exploiter les faiblesses élémentaires de vos ennemis en mettant sur « pause » l’action du combat, sélectionner votre attaque et enfin la lancer si vous avez assez de PC (point de combat) bien entendu. Ce qui fait que de façon naturelle, sans vous en rendre forcément compte, vous allez prendre le pli des très nombreux combats, en mettant au point une stratégie qui vous aidera.

En abandonnant la stratégie du tour par tour pour une action débridée, intense et nerveuse, P-Studio et Oméga Force nous proposent donc de varier les plaisirs mais tombent malheureusement dans un piège qui n’a toujours pas été corrigé depuis des années : la lisibilité de tels combats. Peut être que dans les deux Attack On Titan, j’oserais à dire qu’un tel défaut était moins visible, mais dans Persona 5 Strikers, il m’est arrivé de ne plus trop savoir où je devais taper, la faute à la caméra mais aussi au radar en bas de l’écran, manquant cruellement de lisibilité. Cela pourrait en rebuter certain(e)s mais étant un habitué des musos depuis belle lurette (depuis la trilogie Dynasty Warriors : Gundam paru sur PS3 et Xbox 360 dont le premier est paru en 2007 pour être précis), un tel défaut ne m’a pas réellement étonné, et m’a juste rappelé mes très nombreuses heures sur la trilogie DW : Gundam… De ce fait, je trouve que le gameplay de ce Persona 5 Strikers est l’un des meilleurs représentant du genre, aux côtés des Attack On Titan, puisqu’il incarne à merveille le respect de sa propre licence.

Au niveau de la technique, j’ai accompli ce Persona 5 Strikers dans sa version PS4 sur PS5 et je n’ai pour ainsi eu aucun souci, du moins dans sa version 1.00. A savoir que ce P5S vous laisse choisir entre le 30 et le 60 FPS dans ses options, une chose assez rare pour un titre PS4 qui ne bénéficiera d’aucune améliorations que ce soit pour celles et ceux y jouant sur PS5 comme j’ai pu le faire. Je n’ai donc absolument rien à dire de négatif, mes très nombreuses sessions se sont toutes très bien passées. Un mot sur la traduction française, d’excellente facture, malgré ici et là quelques petites coquilles mais cela tiens de l’anecdotique tant le travail ici abattu tient véritablement, une fois de plus, du respect.

Graphiquement, on reste sur du Persona 5 pur souche mais c’est véritablement du côté de la direction artistique du titre que ce dernier s’en sort pour ainsi dire haut la main. Plutôt que d’en parler, les screenshots feront le travail à ma place ! Enfin, du côté de la bande son, certains titres issus de Persona 5 sont toujours de la partie, comme Rivers of The Desert, mais ici proposés dans un remix offrant à ce Persona 5 Strikers son identité propre. Mention spéciale à la musique de la cinématique de départ, tout simplement somptueuse. Une fois de plus, la bande son décroche à son tour mon cœur, une habitude qui ne change pas.

Enfin, parlons de la durée de vie de ce Persona 5 Strikers. Si il m’avait fallu plus de 200 heures pour finir et décrocher le platine de Persona 5 Royal, il ne m’aura fallu « que » 60 heures pour voir le générique de fin de ce Persona 5 Strikers, quand d’autres l’ont accompli en environ 45 heures. Un tel écart trouve son explication dans le fait que c’est la première fois pour moi que j’accomplis un RPG dans sa difficulté normale. De ce fait, alors qu’avant j’accomplissais un RPG en facile quand je pouvais choisir sa difficulté, je me suis mit un challenge bien personnel pour Persona 5 Strikers. Ce qui fait que je me suis servi des quêtes secondaires pour farmer l’expérience et l’argent entre chaque donjons pour pouvoir gagner en niveaux, pouvoir acheter tout ce dont on a besoin et faire monter notre niveau de lien nous permettant de débloquer des compétences spécifiques que je trouve très intéressantes (tout en vous laissant la surprise).

De plus, comme on peut sortir des donjons sans limite de temps, je faisais en sorte de farmer le plus possible jusqu’à ne plus avoir de PC, sortir du donjon, faire une séance d’achats compulsif et repartir dans le dit donjon. Non seulement j’arrivais face aux prochains boss avec une bonne avance en termes de niveaux mais en plus, je pouvais également me servir d’objets de soins sans me préoccuper de leur nombre. C’est ainsi que j’ai une petite quinzaine d’heures de plus que d’autres joueurs et joueuses.

Maintenant que tous les aspects du jeu ont été évoqués, je vais enfin vous donner mon avis sur Persona 5 Strikers. Tout comme Persona 5 Royal l’année dernière, P5S décroche à son tour le coup du coeur du blog. Ni plus ni moins. Ce spin-off, qui se veut être la suite de Persona 5, est à la fois fidèle à la saga (comme par exemple, l’excellente qualité de son écriture), mais nous propose de varier les plaisirs, grâce à son gameplay abandonnant le tour par tour pour du musô de haute volée et respectant au passage l’identité de la licence. En résulte alors un bon point dans le débat de savoir si oui ou non, on peut être en droit, en 2021, d’exiger des suites digne de ce nom. De plus, le fait d’avoir réussi à finir ce Persona 5 Strikers dans sa difficulté normale, en repoussant mes limites, contribue encore plus au fait d’avoir pris un immense plaisir manette en main. Non seulement j’ai été bousculé dans les propos que tient le jeu mais aussi dans mes habitudes de joueur et ça m’a fait un bien fou.

Néanmoins, je tiens à ajouter un avis bien personnel en ce qui concerne le fait de jouer à ce Persona 5 Strikers sans avoir fait Persona 5 (ou Persona 5 Royal). Je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que j’ai lu ici et là qui nous dit qu’on pourrait attaquer par ce Persona 5 Strikers sans faire avant Persona 5. Je considère au contraire que vous devez jouer à Persona 5 avant d’attaquer ce Persona 5 Strikers. Imaginez vous commencer une série par sa saison 2…

Puisqu’étant véritablement une suite, vous ne comprendrez sûrement pas tous les sous entendu que vous verrez dans les cinématiques, ni la portée des discussions entre les membres des voleurs fantômes face aux nombreuses menaces qu’ils devront faire face. Je vous recommande vraiment, et même si je sais que Persona 5 Royal peut vraiment être long, de commencer d’abord par Persona 5 ou Royal (seul la traduction et le contenu « Royal » change en fait) et ensuite, si vous avez aimé à ce que vous avez joué, de vous faire le Persona 5 Strikers.

Ils ne seront pas déçus du résultat n’étant pas du tout cuisinier…

Enfin, je regrette la disparition d’une zone dédiée au farming comme pouvait l’être le Mémento. En soit, on peut retourner dans les donjons précédemment accomplis pour y réaliser des requêtes secondaires (et de ce fait, on peut quand même farm un peu) mais je trouve que ces phases touchent légèrement à de la répétitivité artificielle. Ce que je n’ai pas ressenti mais je comprend que certaines personnes puissent le percevoir ainsi.

Ce que j’ai aimé :

  • Une aventure haute en couleurs, écrite d’une main de maître qui ne vous lâchera pas du début jusqu’à sa fin
  • Des thèmes et des sujets très intéressants, évoqués sous un angle très intelligent de la part du studio
  • La direction artistique, définissant l’identité si particulière de Persona 5, toujours au rendez vous
  • Un gameplay « musô » qui respecte l’identité de la saga Persona 5, renouvelant les plaisirs
  • Une très grosse durée de vie
  • La bande son, encore et toujours, qui restera dans un coin de ma tête et de mon cœur
  • Si vous avez aimé Persona 5/Royal, vous pouvez foncer les yeux fermés, vous ne le regretterez pas

Ce que j’ai moins aimé :

  • J’aurais bien aimé une zone de farm comme le Mémento
  • Une action parfois un peu illisible dans les combats
  • A quand une probable suite afin d’avoir une « trilogie » Persona 5 maintenant ?

Son appréciation

P-Studio n’est pas tombé dans le piège de la suite facile, quand bien même il a pris des risques en proposant une formule musô, puisque Persona 5 Strikers est véritablement le genre de suite respectueuse de la saga à laquelle elle appartient. Finement bien écrite, avec des thèmes et des sujets, traités avec une intelligence particulière, accompagné d’une bande son marquante et d’un gameplay aux petits oignons malgré quelques petites maladresses relatives à son genre, Persona 5 Strikers m’a littéralement accroché du début jusqu’à la fin, en n’oubliant pas de me coller quelques claques au passage. En arrivant au générique de fin, j’ai ressenti une immense tristesse de laisser une nouvelle fois des personnages que j’ai découvert l’année dernière et qui font maintenant partie intégrante de mon univers vidéoludique. C’est avec la larme aux yeux que je souhaite réellement une dernière fois revoir cette bande de potes qui n’arrivent même pas à partir en vacances sans devoir faire face à de nouveaux dangers… De ce fait, Persona 5 Strikers décroche le Coup du coeur du blog pour cette année 2021.

Sa Note

Persona 5 Strikers décroche le « Coup de cœur » du Blog, il sera donc en lice en fin d’année pour le jeu de l’année 2021.

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