[Test] The Medium : Bloober Team à son paroxysme ?

Après The Observer, Layers Of Fear 2 et Blair Witch, Bloober Team nous revient avec sa dernière production : The Medium. Exclusivité Xbox Series S, Series X et PC sortie le 28 janvier dernier, j’ai eu la chance de pouvoir y jouer les 13 et 14 février dernier. Après avoir été déçu de Blair Witch, je n’attendais absolument pas The Medium et pourtant… Voici mon verdict.

Test garanti sans spoils, c’est pourquoi je ne parlerais pas du personnage qu’incarne Troy Baker, même si 90 % des tests l’ont fait de leur côté.

L’action de The Medium débute en 1999 dans la ville de Cracovie (en Pologne). On découvre alors, tout doucement, l’histoire d’une certaine Marianne. Cette jeune femme doit faire face à un triste évènement, de ceux commun à n’importe qui, le deuil d’un parent proche. Mais Marianne n’est pas n’importe qui. Elle recèle en elle un pouvoir particulier, celui de pouvoir parler aux morts, de les écouter et de se servir de son don pour les aider à passer dans l’au delà. Néanmoins, son quotidien, certes tragique, sera bousculé par un étrange coup de fil provenant d’un homme l’invitant à se rendre dans un lieu reculé appelé Niwa, un ancien complexe hôtelier bâti dans les bois polonais, tombé en ruine suite à une tragédie devenu depuis une légende urbaine. C’est ainsi que nous sommes lancés dans un récit emprunt de mystère et de surnaturel en brossant un large panel de sujets divers et variés comme la famille, le patriotisme, le paranormal, le bien et le mal (mais traité avec une justesse et une intelligence que je salue) et d’autres sujets que je garde secret afin de vous éviter de vous divulgâcher bêtement.

The Medium nous raconte alors une histoire bien écrite et bien mise en scène, avec un rythme lent mais qui joue sur la notion du mystère. Malheureusement desservie par une narration un peu difficile à suivre mais qui se révèle être au service d’un récit redoutablement accrocheur pour peu qu’on ne perde pas le fil. Ce que j’ai réussi à ne pas faire puisque j’ai été pris dans cette histoire qui m’a surpris, m’a accroché durant le temps que j’ai mis pour accomplir The Medium et qui m’a véritablement marqué, puisque je l’ai encore, au moment de l’écriture de ce test, en tête en y pensant encore. Seul point faible de cette histoire, c’est sa fin. La fin de The Medium est beaucoup trop expédiée et je trouve qu’elle manque cruellement de clarté. Ce qui est surprenant, c’est que cette histoire fait un sans faute durant toute sa longueur mais finit par se prendre les pieds dans le tapis au moment de passer la ligne d’arrivée, ce qui est un peu dommage en soit. Néanmoins, l’écriture et la mise en scène sont tellement maitrisées que j’ai décidé de ne pas (trop) lui en tenir rigueur.

Mais qu’est-ce qui différencie The Medium des autres productions Bloober Team ? Délaissant la vue à la première personne pourtant utilisée dans Observer et Blair Witch (sans compter les deux Layers Of Fear bien évidemment), le studio indépendant à eu envie de varier son approche et nous propose donc une vue à la troisième personne. La petite particularité vient du placement de la caméra, rappelant des œuvres comme Resident Evil ou Silent Hill. Ces fameuses caméras préprogrammées offre alors à The Medium une identité qui lui est propre et fait d’elle une œuvre singulière en ce début d’année 2021, puisque cela lui permet de nous plonger dans une ambiance mystérieuse et lugubre lui conférant alors une aura toute particulière. Sans oublier certains moment dans l’aventure où les scènes seront scindées en deux pour illustrer le fait que Marianne peut à la fois évoluer dans le monde matériel et spirituel, et où le studio a eu la très bonne idée de nous concocter des énigmes (pas très difficiles rassurez vous), où nous devrons réfléchir sur deux dimensions.

Ces fameuses scènes où notre écran est scindé en deux nous offre des moments où il nous faudra accomplir des énigmes et on peut dire que la Bloober Team maîtrise son idée à la perfection tant du côté de l’intelligence des énigmes que du côté de la mise en scène d’une telle fonctionnalité où je me suis amusé à faire le jeu des différences pour découvrir que le jusqu’au boutisme du studio était poussé jusque dans les moindres détails, chapeau bas au studio ! Du côté du gameplay, ne vous attendez pas à un jeu d’action pur et dur, puisque mis à part du côté spirituel où vous avez à votre disposition deux pouvoirs vous permettant d’avancer, il n’y a aucun combats dans The Medium. A peine une lampe torche qui pourra vous aider, seul votre matière grise vous aidera à arriver au bout de cette histoire et échapper à un danger particulier, en résulte une narration lente, qui prend son temps pour installer son récit, le gameplay étant en retrait et ne vous demandera que de vous déplacer et s’arrêtera là.

Un mot sur la direction artistique de The Medium que je trouve réellement magnifique à bien des égards. Si dans le monde matériel, l’exploration de la station Niwa rappel le principe de l’urbex (il s’agit d’exploration urbaine), le monde spirituel rappelle fortement les peintures d’un certain Zdzisław Beksiński) et offre à The Medium, ou du moins son monde spirituel, une identité encore inédite dans le Jeu Vidéo.

A la question de savoir si oui ou non The Medium fait peur, c’est une question assez difficile à répondre puisque la peur, comme l’humour, change d’une personne à l’autre. En ce qui me concerne, je n’ai sursauté que deux petites fois, étant un habitué de ce genre de productions. Néanmoins, si on y joue au casque et dans le noir, cela dépendra de vous et de votre expérience dans les productions de ce type. The Medium n’est pour ainsi dire pas du tout un survival horror et je le vois beaucoup plus comme un thriller paranormal plutôt qu’une œuvre d’horreur.

On en arrive doucement mais sûrement à la partie des graphismes. J’ai joué à The Medium sur Xbox Series X. Même si les environnements sont magnifiques et c’est vraiment là qu’il faut retenir la prouesse du studio, la partie des visages est en retrait, ce qui jure un peu sur l’aspect général de cette partie du jeu. Si l’ensemble des lieux que l’on devra visiter sont tous réussis, le visage de Marianne est lui un peu flou, comme si le studio avait plus à cœur de nous offrir des lieux marquants plutôt que de nous proposer une héroïne mémorable, même si il me faut bien vous le dire, les deux m’ont marqué et me marqueront un petit moment.

Techniquement parlant, mis à part des textures qui mettaient du temps à se charger vers la fin de l’aventure, je n’ai absolument rien à redire de ce côté là, mes deux sessions se sont très bien passées. Un mot sur la durée de vie de The Medium et là encore, cela varie d’une personne à l’autre, j’estime mon temps de jeu sur The Medium entre 13 et 16 heures. Sans compteur visible, il s’agit donc d’une estimation personnelle. Ni trop court, ni trop long, j’ai réellement pris tout mon temps pour fouiller les décors, lire les collectibles chargés en informations qui jalonnent notre progression et aussi accomplir les énigmes ici et là. Une très bonne durée de vie je trouve. Je finis sur la bande son, composée par Akira Yamaoka (à qui l’on doit les bandes sons de la saga Silent Hill, entre autres) et Arkadiusz Reikowski (qui lui a réalisé celles de Blair Witch, Observer et Layers Of Fear), elle offre à The Médium une identité sonore qui est lui propre et lui va à ravir.

Ce que j’ai aimé :

  • Un scénario bien écrit, aux sujets intelligents et intéressants, qui nous fait réfléchir
  • Une narration, bien que compliquée à suivre, se révèle être maitrisée par le studio
  • Une ambiance mystérieuse et surnaturelle qui sort un peu des sentiers battus
  • Le monde spirituel, qui rappelle le travail de Zdzisław Beksiński, que je trouve fascinant
  • Le personnage de Marianne, inoubliable
  • Des énigmes réfléchies et qui ne s’avèrent pas être si compliquées que cela
  • Une bonne durée de vie

Ce que j’ai moins aimé :

  • La fin, qui s’avère être trop abrupte, qui se finit sans apporter tout ce qu’elle aurait dû apporter en termes de réponses
  • J’aurais bien aimé avoir un doublage en français

Son appréciation

Après ma déception quant à Blair Witch, je n’attendais pas spécialement The Medium. Néanmoins, il a su créer la surprise et quelle belle surprise ! Une écriture et une mise en scène maîtrisées pour un premier essai en vue à la troisième personne réussi avec brio. Bloober Team reste avant tout un studio indépendant et pourtant, il se permet avec les moyens que sont les siens, de nous offrir une œuvre originale et inédite dans le paysage vidéoludique. Malgré une fin un peu trop vite expédiée, The Medium me marque et me marquera pendant un petit moment. C’est pourquoi The Medium décroche le premier « Coup de coeur » pour cette année 2021. A quand la suite Bloober Team ?

Sa Note

The Medium décroche le « Coup de cœur » du Blog, il sera donc en lice en fin d’année pour le jeu de l’année 2021.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s