[Test] Assassin’s Creed Valhalla : quantité ne rime parfois pas avec qualité

Quand j’ai sauvegardé pour la dernière fois, mon temps de jeu sur Assassin’s Creed Valhalla affichait « fièrement » 147 heures et quelques minutes. Platine en poche et un 100 % durement acquis, je réfléchissais déjà à ce que j’allais vous en dire. Oui vous lisez bien, il m’aura fallu presque 150 heures pour accomplir ce nouvel opus d’une saga que j’aime mais qui commence doucement à en faire un peu trop pour tenter de nous accrocher.

Le Platine

Profitant de la débâcle autour de Cyberpunk 2077, Assassin’s Creed Valhalla à donc eu l’honneur de passer sur la table d’opération en avance car je n’avais pas prévu d’y jouer immédiatement après sa sortie, puisque j’ai encore Assassin’s Creed Odyssey en tête et le « mauvais » souvenir que j’en ai gardé. Je suis parti avec un apriori négatif mais je dois bien avouer que ACV est très différent de son prédécesseur dans son exécution, tout en gardant la même recette depuis AC Origins, c’est à dire un RPG en monde ouvert avec tout ce que cela implique en termes de contenus. Quêtes principales, quêtes secondaires, prise de niveaux à l’aide de points d’expériences, équipements divers et variés mais uniques en leur genre et j’en passe volontairement. L’influence de The Witcher 3 n’est jamais bien loin, puisqu’elle est palpable du début jusqu’à la fin de l’aventure. Néanmoins, il y a s’inspirer et recopier bêtement dans l’espoir qu’un miracle opère. Depuis 2017 donc, Ubisoft pense que la mue de sa saga lui permet de tenir la cadence face au ténor du genre. J’ai le regret de vous dire qu’Ubisoft est une nouvelle fois dans l’erreur. Néanmoins, ACV a des arguments à faire valoir et il réussit le plus important pour moi, du moins dans le genre auquel il est rattaché : offrir un dépaysement constant et une liberté presque totale. Quand on me propose de m’immerger dans une aventure, je m’attends à être dépaysé, à vivre des aventures dans mon aventure et c’est ce que j’ai eu avec ACV.

Pour commencer, j’ai retenu la leçon de AC Odyssey, plus jamais je n’incarnerai un personnage féminin dans une production Ubisoft. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi le perso masculin et ça a été la première d’une longue liste de bonnes idées que j’ai eu. Dans ACV, vous incarnez Eivor, du clan du Grand corbeau. Nous sommes au IXe siècle et accompagné de votre Jarl, vous faîtes route vers l’Angleterre avec la ferme intention de vous y installer et de la conquérir. Dans le même temps, dans le présent, on y suit toujours le personnage inutile de Layla dans sa vendetta contre Abstergo. Autant l’évacuer immédiatement, la trame scénaristique du Présent ne sert à rien. Pire, Ubisoft, ne sachant plus où plus vraiment se diriger, bâcle une nouvelle fois cette partie de son Assassin’s Creed cuvée 2020 et nous offre une partie ratée et risible qui amène toujours plus de questions que de réponses qui s’accumulent à celles déjà sur la table. Autant supprimer cette partie là pour les prochains opus, histoire d’arrêter le massacre et ainsi alléger (un peu) une durée de vie de plus en plus importante.

La grosse partie de ce ACV reste bien les aventures d’Eivor. Viking pur souche, Eivor à une classe folle et est foutrement charismatique, ce qui tranche véritablement avec Bayek et le duo Alexios/Kassandra qui n’avaient eux aucune personnalité. Je me suis donc réellement reconnu légèrement dans Eivor et je ne m’attendais pas à ce que j’accroche à ce point là dans ce personnage. Une fois arrivé en Angleterre après avoir quitté la Norvège, la première chose à faire sera de construire votre Colonie. Partant de rien, vous allez donc devoir apprendre à accomplir des Raids, c’est à dire littéralement piller des lieux bien précis afin de récupérer des ressources qui vous aideront à construire petit à petit votre nouveau chez vous. Une fois installé, vos premières missions principales tombent et vous invite donc à deux choses : d’un côté pacifier l’Angleterre et en faire une terre viking en récupérant le pouvoir dans chacune des régions que compose cet immense monde ouvert. Et de l’autre, chasser l’Ordre des Anciens pour le compte de ceux qu’on ne voit pas, autrement dit les futurs Assassins. Ce sera donc vos deux principales missions et si comme moi, vous prenez le temps de nettoyer chaque régions les uns après les autres, vous êtes parti(e)s pendant de très nombreuses heures. L’occasion de jeter un œil sur tout le contenu secondaire, que ce soit les richesses à récupérer, les événements à découvrir et les mystères à résoudre, tout est fait dans AC Valhalla pour vous immerger dans son monde le mieux possible. Entre paysages à couper le souffle et ambiance médiévale, j’ai pris un immense plaisir à ratisser toute la carte dans le but de la nettoyer de son contenu annexe.

Néanmoins, avant de vraiment vous parler de la trame principale, je vais prendre le temps de vous parler du contenu secondaire. Dans AC Valhalla, il y a trois types de contenus secondaires : les richesses, les événements, et enfin, les artefacts à récupérer. Dans tout ce contenu secondaire, je retiendrais en négatif les cairns et l’obligation de pêcher si on souhaite au moins le 100 % du jeu. En ce qui concerne les cairns, ces fameux tas de pierres à réaliser, suivant tout de même une hauteur exigée, j’ai trouvé ça mal exécuté et surtout mal pensé, un coup ça tient, un autre, pas du tout, c’est à s’en arracher les cheveux pour finalement pas grand chose. Quant à la pêche, il vous faudra pêcher certains poissons bien précis pour les donner en offrande dans les lieux adéquats. En soit, ça me pose aucun souci mais puisque la chasse reste optionnelle si l’on veux du cuir, qui peut être acheté chez les marchands, la pêche est obligatoire elle. Pourquoi le studio n’a t’il pas fait comme le cuir et nous permettre d’acheter les poissons ? Quant aux événements, j’ai dû plusieurs fois consulter une soluce puisque dans de très nombreuses situations, le jeu manque clairement d’informations et assez souvent je me disais « bon ok, mais tu veux que je fasse quoi en fait ? ». Je finirais par vous parler de la fâcheuse manie qu’à eu Ubisoft à embêter son monde avec ses coffres verrouillés et ses multiples clés à aller chercher aux alentours, grossissant artificiellement la durée de vie de son jeu de façon inutile. Mis à part les richesses à aller récupérer et les combats contre des boss précis dont je ne divulguerais rien, je trouve donc que le contenu secondaire ne sert juste qu’à allonger le temps de jeu pour juste se pavaner avec un jeu long auprès des copains de l’industrie.

Tournons nous donc sur les trames principales. La seule chose qu’aura Eivor et vous en tête sera de faire de votre colonie votre nouvelle maison et pour se faire, vous vous rendrez dans toute l’Angleterre pour « pacifier » ou annexer l’intégralité des régions sous les ordres des vikings. S’en suivra alors une trame scénaristique bien écrite, bien mise en scène, jouissant d’une narration travaillée me donnant toujours cette envie de voir ce qui se passerait par la suite avec ce plaisir constant de découvrir la suite des événements. Mais ce que j’ai plus aimé, c’est bel et bien la traque des membres de l’ordre des anciens qui, je trouve, est rattaché de bien des manières à l’histoire qui nous est ici contée. De tout ce que le jeu vous propose, c’est ce que je retiens le plus de façon positif. En sommes, j’ai été agréablement surpris par les histoires principales que ACV souhaite nous raconter et je suis assez heureux de vous dire qu’il fait ça très bien.

Du côté du gameplay, ACV à toujours des éléments de RPG comme la prise de niveaux, la répartition de points d’expérience dans trois arbres distincts (mais pas de panique sur leur taille puisque vous finirez par tout récupérer) ainsi que des équipements à vous mettre. De mon côté, j’ai accompli l’intégralité du jeu avec la tenue de départ que j’ai amélioré au maximum (avant de m’équiper des meilleurs équipements vers la fin de mon aventure). Sans oublier que les régions ont aussi un niveau et que j’ai toujours veillé à faire celles dont le niveau étaient inférieur au mien, histoire de ne pas trop me prendre la tête. Pour les combats, la recette reste la même que pour Odyssey en restant efficace et jouissive, grâce à des exécutions que je trouve assez violentes et plutôt bien foutues. On a toujours un arc pour tirer des flèches et on a toujours la possibilité de se la jouer infiltration avec cette fois-ci le retour de la lame secrète. J’ai néanmoins des griefs sur cette partie combat, le premier étant la distance qu’à l’esquive à nous éloigner inutilement de nos ennemis. J’aurais plutôt préféré un système comme dans Assassin’s Creed 3 où on restait collé à nos ennemis tout en évitant leur attaque et nous permettant alors une contre attaque immédiate, ce qui n’est pas totalement le cas ici. Quant au second point faible, c’est l’infiltration, qui ne sert à rien mis à part perdre un temps fou. De façon systématique, je n’ai pas trop chercher à comprendre, je suis rentré dans le tas et « advienne que pourra ». Une stratégie qui fonctionne dans n’importe quelle situation, peu importe l’époque dans laquelle nous sommes plongés.

Un mot sur les graphismes, le test se base sur une version PS5 et vous le verrez surement sur les screenshots (pris uniquement via le mode photo ou lors des cinématiques) mais AC Valhalla est tout simplement magnifique, avec ses levers et couchés de soleil ainsi que la variété de ses environnements qui nous offre alors un dépaysement de tous les instants, même avec plus de 100 heures au compteur, je continuais à ressentir un petit quelque chose manette en main. Du côté de la technique, je n’ai eu aucun souci bloquant mon avancée. Je n’ai pas eu de freezes ni de ralentissements (je suis resté en 30 fps même si la PS5 nous permet d’y jouer aussi en 60 fps) même si ici et là, j’ai rencontré quelques petits bugs graphiques sans incidence sur mon plaisir de jeu. J’ai quand même eu un petit « souci », et ce depuis la mise à jour du Festival de Yule, c’était le fait de voir, quand je commençais ma session ou alors que je me téléportais, mon Eivor complètement bourré comme un coin. Je veux bien croire à la fameuse théorie comme quoi nos personnages continuent de vivre leur vie une fois la console éteinte mais quand même, ne pas m’inviter pour des beuveries aussi violentes, je suis vexé ! Mais en règle générale, j’ai trouvé ce AC Valhalla super propre et rien de vraiment gênant n’a entravé mes très nombreuses sessions dessus. Un mot sur la bande son, cette dernière ne restera pas longtemps en tête puisque déjà oubliée une fois le jeu fini mais je souligne l’excellente qualité du doublage français, surtout la VF de Eivor masculin. Quant au gameplay, le jeu est assez facile à prendre en main mais je regrette juste que les fonctionnalités de la Dualsense ne soit pas prises en charge.

Il enfin temps de vous livrer mon avis sur ce AC Valhalla. Si j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’histoire et être libre de façon constante dans mon aventure, j’en retire quand même une impression de « trop » pour pas grand chose. Un monde ouvert trop grand, rempli à ras bord de collectibles inutiles (comptez quand même 782 collectibles) avec une durée de vie beaucoup trop longue. Pour être vraiment franc avec vous, au bout de mes 130 heures de jeu, je me souvenais même plus de mes 50 premières heures de jeu tellement il n’y a rien de réellement marquant dans ce ACV. Oui, AC Valhalla est rempli de choses à faire mais la quantité ne rime pas forcément avec qualité. La gestion de la colonie est superficielle puisque pour l’avoir à son niveau maximum, il faudra accomplir les raids, construire les habitations et avancer dans le scénario. Rien de bien grandiloquent, on y retrouve tout ce dont on a besoin, comme un forgeron, un marchand et de quoi personnaliser chevaux, corbeau, l’apparence de notre Eivor ainsi que de notre bateau et c’est tout. Pas de réelle vie à proprement parler au sein d’une colonie qui n’a pour seule vocation que nous immerger un peu plus. A savoir que vous devrez inévitablement passer par la case de l’Orlog, le mini jeu de ce AC Valhalla, dans votre aventure principale (et vous n’y couperez pas non plus pour le Platine/1000G). Sorte de jeu de dés, je crains que là encore, le Gwynt puisse dormir tranquille sur ses deux oreilles puisque j’ai trouvé le Orlog beaucoup trop tourné sur la chance pour être convainquant. Mais j’ai bien aimé la partie sur les joutes verbales, assez amusantes !

Enfin, j’ai été assez surpris par la qualité de la (non)fin qui force carrément l’achat du Season Pass (comptez 40 balles de plus tout de même) pour suivre les deux prochaines aventures d’Eivor et ainsi refermer correctement, du moins je l’espère puisque ce n’est pas une certitude, une histoire forte intéressante mais qui pour l’heure actuelle n’a aucune fin à proprement parler. Mais je tiens à dire que de la trilogie initiée avec Origins, c’est bel et bien ce Valhalla qui deviendra mon préféré, tant j’ai réellement apprécié l’aventure et son personnage principal ici proposés que celle des deux précédents. Je finirais par vous dire que je commence doucement à en avoir un peu marre de visiter sans cesse les époques passées et que je souhaite ardemment que la saga commence à se rapprocher un peu de notre époque ou alors parte carrément dans un futur dystopique et d’anticipation, ce serait une très bonne idée et une réelle marque de courage. Parce que vouloir surfer sur le succès populaire de la série Vikings, d’accord, explorer l’Egypte ancienne, pas de problème, la Grèce Antique, pourquoi pas, mais je commence doucement à me lasser de la saga Assassin’s Creed et de sa tournure monde ouvert-RPG copié collé de The Witcher 3, Skyrim et tant d’autres de bien meilleur facture.

Ce que j’ai aimé :

  • Le mode photo
  • Eivor, un héros au charisme fou
  • Une liberté qui fait du bien
  • Un doublage français de haute volée
  • Les joutes verbales, assez amusantes !
  • Graphiquement superbe
  • Assez propre techniquement
  • Le scénario autour de la traque de l’ordre qui m’a retenu jusqu’à la fin du jeu
  • Des combats assez jouissifs puisque dotés d’exécutions assez violentes

Ce que j’ai moins aimé :

  • Un Présent à la ramasse scénaristiquement parlant
  • Où est la fin ? Ah oui, certainement dans le Season Pass qui coûte 40 balles
  • Une recette RPG-Open World toujours aussi copié collé de The Witcher 3 en moins bien
  • Une Originale Soundtrack déjà oubliée
  • Beaucoup trop long
  • Trop de collectibles
  • La gestion de la Colonie, superficielle
  • La pêche obligatoire alors que la chasse est optionnelle
  • Le jeu du Orlog, c’est non.

Son appréciation

Certes un poil plus court que AC Odyssey, AC Valhalla reste encore beaucoup trop long pour pas grand chose et permet de vérifier une nouvelle fois que la quantité ne rime pas toujours avec qualité. Un monde ouvert magnifique mais beaucoup trop grand et rempli à ras bord de contenus secondaires favorisant une aventure prônant une bien belle liberté mais qui au final ne sert franchement à rien. Une recette rendue (enfin) efficace certes, mais pourtant à bout de souffle entre une époque du passé qui commence doucement à me décevoir et une formule aventure-rpg (mal) copiée collée de The Witcher 3 qui me lasse et qui commence à accuser le coup après seulement trois épisodes. Néanmoins, j’ai aimé suivre les trames principales de ce AC Valhalla, avec un Eivor ultra charismatique et une écriture d’une qualité constante, ce AC Valhalla souffle donc le chaud et le froid et se sort de son propre piège uniquement grâce à ses deux aventures principales et son personnage principal. Certainement mon Assassin’s Creed préféré de la trilogie débutée en 2017 avec Origins tout de même.

Sa Note

3 commentaires

  1. Ce jeu me tentait pas vraiment (peut-être que la vague Viking me saoule un peu je ne sais pas) et surtout le fait qu’il n’y ai pas vraiment de fin (et le coup du DLC à 40 balles… quand est-ce qu’ils vont arrêter de nous prendre pour des pigeons ?) mais j’ai bien aimé lire ta critique qui est pas mal nuancée malgré une expérience positive de ton côté.
    Les captures sont magnifiques oui c’est vrai mais est-ce que ça en fait un excellent jeu ? C’est une très bonne question en effet ^^.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire, ça me fait très plaisir 😊 Ravi de voir que la lecture t’ai plu ! Et encore, pr le Season pass, ce n’est pas sûr qu’il finisse l’histoire, c’est ce qui est encore plus problématique je trouve 🤔 Après, l’univers vikings ne me dérange pas vraiment, j’aime bien les deux séries du moment sur le sujet mais Ubisoft fait toujours dans la facilité… Je te remercie de m’avoir lu et de m’avoir écrit un commentaire 😊

      Aimé par 1 personne

      1. Je t’en prie, plaisir partagé et c’est normal voyons 😀 !
        Ouais voilà, ils ne sont plus foutus de nous vendre un jeu fini sans nous pondre des season pass… c’est vraiment regrettable :/

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