[Test] Yakuza Like A Dragon : Jamais fatigué, toujours au top !

Développé par Ryu Ga Gotoku, édité par Sega et distribué chez nous par Koch Média, Yakuza Like A Dragon se voit déjà investi de deux défis à lui tout seul. Second opus de la saga Yakuza à être traduit en français après le succès critique et commercial de Judgement, Yakuza Like A Dragon à la lourde responsabilité de nous faire apprécier un nouveau personnage principal à la place de Kazuma Kiryu. Plutôt que de vous laisser dans le suspense de savoir si il est bien ou non, sachez juste que Yakuza Like A Dragon va encore plus loin que je ne l’aurais cru et se révèle être merveilleusement addictif durant plus de 60 heures sans jamais se calmer. Oui rien que ça.

Test réalisé à partir d’une version PS4 dématérialisé fournie par Koch Média que je remercie une nouvelle fois pour leur indéfectible confiance. J’ai accompli Yakuza Like A Dragon avec les voix anglaises mais j’ai aussi pu me rendre compte de l’excellente qualité du doublage japonais. Ce test est garanti sans aucun spoils, tradition du blog oblige.

Ichiban Kasuga est un homme de seconde main pour la famille Arakawa rattaché au clan Tojo. Orphelin, élevé parmi les habitants de son quartier, Ichiban est un laissé pour compte parmi les personnes vivants dans Kamurocho. (Sur)vivant de petits boulots plus ou moins malhonnêtes, vie de yakuza du début des années 2000 oblige, Ichiban (ou Ichi pour les intimes) se démarque d’emblée par son grand cœur qui le mènera en prison. 18 ans passent et Ichiban retrouve enfin la liberté. Il découvrira que la société de 2020 à bien changé et va devoir se faire à sa nouvelle vie… C’est peu ou prou le début de ce septième Yakuza qui tient sur 2-3 heures de jeu. Un début tonitruant, qui sert à la fois de didacticiel mais aussi pour lancer son histoire. Sans trop rentrer dans les détails, sachez que le scénario de Yakuza Like A Dragon est très bien écrit, avec une mise en scène classique mais très efficace et surtout me fait dire une chose : les développeurs au sein du studio RGG, après 7 épisodes « canon » ainsi que moults spin off sont (très) loin d’être fatigués et ont toujours cette certaine forme d’excellence dans l’écriture de leur œuvres. Une écriture mature qui évoque tour à tour certains sujets assez inédit dans le Jeu Vidéo. Comme la pauvreté, les sans domiciles fixes au Japon, mais aussi les sujets phares de la saga Yakuza comme le crime organisé, toujours avec ce souci du détail de ne pas faire ces criminels de haut rang de vulgaire hors la loi bêtes et méchants, mais d’en parler sous un angle plus noble, avec des idéaux comme l’honneur, le courage, la loyauté. De ce fait, le scénario de ce Yakuza Like A Dragon vogue avec le souci du détail propre aux scénarios les plus intelligents, me rappelant au passage qu’il existe encore des studios loin d’être fatigués et loin de ne plus savoir quoi faire pour contenter les joueurs et les joueuses. Plus j’avançais dans le scénario, plus j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire, comme si j’étais plongé dans une série TV qui ne voulait pas s’arrêter et qui faisait tout son possible pour me retenir. En un mot comme en cent, j’ai pris une immense claque devant un scénario maitrisé de bout en bout, bourrés de rebondissements, de cliffhanger et autres surprises surprenantes dont seules les meilleures histoires ont sous le coude. Première claque dans ma joue droite et vous allez voir que c’est loin d’être fini.

Que serait un très bon scénario sans ses personnages ? Sachez que pour commencer, j’avais une petite appréhension sur Ichiban. Passer après Kazuma n’est pas une mince affaire et pourtant… Et pourtant, le studio réussit un premier tour de force, celui de me faire aimer ce nouveau personnage principal qui porte à merveille le titre de héros, de bien des manières. Dans ses premières minutes, on se dit qu’Ichiban est un petit con des rues, un moins que rien, une racaille comme il en prolifère partout dans le monde. Sauf que plus Yakuza Like A Dragon déroule son scénario au travers d’une narration certes classique mais très efficace, plus je me rendais compte qu’en vérité, je me retrouve énormément dans Ichiban. Dans son caractère et sa façon de voir la vie qui est la sienne ainsi que la perception qu’il a de lui même au travers des épreuves qu’il doit affronter. Pas question de vous spoil, mais sachez qu’Ichiban est un immense coup de cœur que j’ai. Certains et certaines fan de la saga Yakuza vous diront que Kazuma Kiryu est unique et irremplaçable et loin de moi l’idée de le remplacer, mais je m’identifie beaucoup plus en Ichiban qu’en Kazuma. Parce que je partage énormément avec Ichi, sur ses goûts, sur son tempérament, sur sa personnalité mais aussi sur la façon qu’il a de voir le monde autour de lui ainsi que la manière qu’il à de parler aux gens qu’il rencontre. Je n’en oublie pas les autres personnages comme Adachi, Nanba et Saeko, les acolytes qui accompagneront Ichiban dans ses multiples quêtes, qu’elle soient principales ou non. Qu’ils ou elles soient méchants ou gentils, l’intégralité des personnages que nous rencontrons ont tous le point en commun d’être humains, de nous interroger sur nous même, de rester manichéens en permanence et je n’ai jamais pesté de façon négative (ou même jeter un regard en l’air de dépit) devant le moindre dialogue que ce soit.

Outre son scénario, au travers de ses 15 chapitres qui vous occuperont environ une bonne trentaine d’heures (sans rien faire à côté), sachez qu’encore une fois au sein d’une production RGG, il y a un contenu annexe tout simplement gargantuesque. Entre les quêtes secondaires toute plus folle les une que les autres, le karaoké, les multiples minijeux dans les salles d’arcades, de base ball, de golf, de ramassage de canettes, de kart, de cinéma avec son mini jeu bien à lui qui est à mourir de rire au passage, de gestion d’entreprise (assez fou d’ailleurs !), je n’en retiens qu’un seul que j’ai surkiffé, celui de Part-Time Hero. Rappelant sûrement un manga très connu dont je tairais le nom, Part-Time Héro vous demandera d’être le héros que Yokohama à cruellement besoin. Entre aller tabasser un certain type d’ennemi dans une rue précise, venir en aide à des gens en difficulté, récolter des denrées pour les clients ou bien faire la chasse a des statues (et des chats), Part-Time Héro est l’une des choses que je retiens le plus de ce Yakuza Like A Dragon. Par ailleurs, sachez que ce Yakuza se passera dans le quartier fictif d’Isesaki Ijincho à Yokohama. Un nouveau quartier avec sa propre identité et qui se révèle être beaucoup plus grand que les quartiers des précédents opus. Comme toujours dans la saga Yakuza, on pourra s’y déplacer à pieds comme en taxi et plus les heures défilaient et plus je réussissais à mémoriser la carte de Yokohama. Une fois de plus, le studio à réussit à nous offrir de la nouveauté et renouvelle encore son 8ème opus de la saga.

Du côté du gameplay, RGG souhaitait renouveler les plaisirs et je peut le dire de façon cash : c’est une franche réussite. Exit le gameplay beat them all, la saga est devenue un RPG pur et dur. Avec ses attaques consommant des points de magie, d’autres non, des rôles appelés « job » comme pour rappeler les fameux tank, soigneurs, voleurs et guerriers, le gameplay de ce Yakuza Like A Dragon est riche en possibilités mais est dans le même temps redoutablement facile et compréhensible pour n’importe qui, même celles et ceux n’ayant jamais posé les mains sur un RPG. Tout en n’oubliant pas la partie équipements (tête, torse, jambes et deux accessoires), tout est pensé pour à la fois être respectueux du genre tout en ayant en tête le souci de vouloir rester un Yakuza. Parce que l’un des tours de force de ce nouveau gameplay n’est pas de partir dans une direction qui ferait qu’on ne serait plus dans un Yakuza mais bel et bien de varier les plaisirs tout en gardant l’identité de la saga et pour ça, je tire à nouveau mon chapeau. Pas de réelle difficulté dans le gameplay à proprement parler mais il faut bien garder en tête que RPG oblige, il y a tout un processus en prendre en compte, c’est celui des prises de niveaux. En soit, il faudra accumuler à la fois de l’expérience pour le personnage mais aussi pour son « job » et à ce petit jeu là, sachez que vos ennemis ont aussi un niveau. Vous commencez à comprendre, il faudra donc farmer à certains moments du jeu, plus particulièrement avant un boss, puisqu’on ressent la différence de niveaux. Sachez donc qu’une différence de 4 ou 5 niveaux entre vous et vos ennemis est amplement nécessaire pour avancer dans l’aventure, pour peu que vous fassiez aussi attention aux équipements de votre équipe. Heureusement, le jeu vous prévient et vous pose la question de savoir si vous pensez être à niveau ou non. Au passage, sachez que dans tout bon RPG qui se respecte, il y a d’excellents endroits où aller « farmer » et l’impression s’envole, vu tout ce qu’on y récolte et que l’impression de puissance se ressent au fur et à mesure de notre avancée dans l’histoire. Pour finir sur le gameplay, je ne dirais que la chose suivante : réussir à changer de gameplay tout en gardant le sel de la saga est tout simplement un exploit, à une époque où bien d’autres studios n’y arrivent tout simplement pas ou plus avec leur licences même en prenant des pauses.

Graphiquement parlant, Yakuza Like A Dragon est développé à partir du Dragon Engine, moteur des Yakuza 0, Kiwami, Kiwami 2 et Yakuza 6. En ce qui me concerne, n’ayant pas fait Yakuza 6, le 0 et Kiwami mais ayant accompli Kiwami 2 (son test ici), je trouve ce Yakuza Like A Dragon absolument somptueux. Que ce soit les visages des personnages principaux, de Yokohama (que ce soit de jour et de nuit) et les multiples cinématiques qui parsèment l’aventure, c’est constamment magnifique. Je n’ai pour ainsi dire rien à lui reprocher, même si je pense que les critiques formulées à son encontre ici et là sont fondées et restent intéressantes à entendre. Techniquement parlant, c’est aussi une copie parfaite et je n’ai eu aucun soucis, aucun freezes ni aucune chutes de framerate, sur PS4 Pro. Un mot sur les doublage anglais et japonais, ils sont tout simplement excellents, sachant que le doublage anglais jouit d’une motion capture qui lui est propre, qui évite donc le fameux souci de la (dé)synchro labiale pourtant bien récurrente dans bien des œuvres vidéoludiques modernes. Quand à la traduction Française, non seulement il y a enfin un Yakuza traduit mais qu’en plus elle est tout simplement parfaite. Aucun souci n’est à exprimer de ma part sur un confort de jeu supplémentaire et qui m’a permis d’être dans de parfaites conditions tout au long de mes sessions. J’espère de tout cœur que ce Yakuza rencontrera un succès commercial, histoire de conforter Sega qu’il est sur la bonne voie. Je finis sur l’Original Soundtrack de Yakuza Like A Dragon, mêlant électro et rock, musique dynamique pour les combats et musique plus intimiste pour les moments plus calme, l’OST est de haute volée et offre une fois de plus une identité propre à ce Yakuza Like A Dragon.

Mais j’ai tout de même cinq petites choses à lui reprocher à ce Yakuza Like A Dragon. La première étant l’IA alliée comme ennemi qui se « bloque » dans les murs durant un combat. Fort heureusement, ce n’est l’histoire que de quelques secondes et elle reprend sa petite affaire, c’est gênant quand cela arrive, puisque c’est pratiquement de la partie dans tout les combats. La seconde chose, c’est la caméra, toujours en combat, quand elle passe d’un personnage à un autre. Elle fait une sorte de va et vient et il faut avouer que durant 1 heure ou deux ce n’est pas gênant en soit mais dans mon cas, pour y avoir jouer durant des heures lors de mes multiples sessions, une petite pause pouvait être la bienvenue puisqu’au bout d’un moment, ça me gênait un peu au niveau des yeux. Le système d’acolytes, qui vous permet d’appeler un allié en combat contre espèces sonnantes et trébuchantes le temps d’une grosse attaque ne m’a absolument servi à rien, même durant les combats de boss. Sachant que votre premier appel pour eux est gratuit, les suivants vous coûteront pas mal d’oseilles, j’avais beau être riche vers la fin du jeu, je n’ai jamais ressenti le besoin de les appeler. Enfin, et ça concerne le service Part Time Hero et plus précisément les quêtes de disparitions. Ces sous quêtes bien précises vous demande de retrouver une personne disparue contre une récompense. Je veux bien retrouver toute sorte de personnes, là n’est pas le problème mais sans indices, je ne peut rien faire, je ne suis ni devin, ni un expert dans les personnes disparues, surtout quand on manque de détail sur la dite personne. Autant j’ai (re)trouvé la première personne par chance (c’est le cas de le dire) mais la seconde, alors que Yokohama est immense à pieds, c’est tout simplement impossible. Sans « guide » sur internet, j’ai bel et bien peur que cette personne reste disparue un sacré bon bout de temps.

Je finis sur la durée de vie de ce Yakuza Like A Dragon. Sans chercher à tout faire (il me reste des quêtes secondaires et je n’ai ni fait le Dragon Kart, ni la gestion d’entreprises) mais en faisant le scénario, le Part Time Hero, l’exploration des « spots » de farm, et les quêtes des copains copines d’Ichiban, j’ai accompli ma première partie en 66 heures de jeu. En prenant tout mon temps et le dégustant le plus lentement possible.

Ce que j’ai aimé :

  • Ichiban Kasuga, fier héros qui mérite son titre !
  • Un scénario captivant de bout en bout, intelligent autant dans le fond que sur la forme
  • Une bande son de haute volée, entre électro et rock
  • Bourré de références à chaque moment de l’aventure, c’est presque un défi en soi que de les (re)trouver !
  • Le gameplay RPG qui renouvelle la saga sans dénaturer l’esprit de la licence
  • Yokohama, belle de jour, redoutable de nuit
  • Le doublage anglais et japonais parfaits autant l’un que l’autre
  • La Traduction Française, parfaite et maîtrisée de bout en bout
  • Les minijeux de cinéma et de Part Time Hero
  • Une énorme durée de vie (66 heures pour le finir de mon côté) sans jamais être lassé
  • Techniquement irréprochable

Ce que j’ai moins aimé :

  • La caméra qui fait des va et vient entre nos alliés et nos ennemis, ce n’est pas évident quand on a quelques heures d’affilées dans les jambes
  • L’ia alliée comme ennemie qui se « bloquent » parfois dans les murs dans les combats

Son appréciation

Je n’ai pour ainsi dire rien à dire de réellement négatif sur ce Yakuza Like A Dragon. Un scénario très bien écrit, à la mise en scène classique mais ultra efficace, avec un personnage principal qui mérite son titre de héros sans autre forme de procès, accompagné d’une énorme tartine de contenu annexe. Ce que j’ai vécu durant plus de 60 heures, entre une histoire qui m’a emporté et transporté dans une quête de justice, de loyauté, d’amitié mais aussi d’autres valeurs auxquelles je suis sensible, m’a marqué et me marquera pendant un sacré bon bout de temps. Ichiban Kasuga, nouveau héros de la saga chère à de nombreux/nombreuses fans à travers le monde vient de m’attirer dans ses filets tout comme Kazuma Kiryu à son époque. De ce fait, devant une suite qui se renouvelle avec une certaine audace sans jamais faillir à aucun moment tout en ne dénaturant pas sa saga, je décerne à Yakuza Like A Dragon le coup du cœur du Blog.

Sa note

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une Version PS4 Dématérialisée fournie par Koch Média, à partir d’une PS4 Pro.

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