Wasteland 3 – La Critique Augmentée

Après un premier retour en 2014 sous la forme d’un Wasteland 2 tant attendu par les fans du premier opus sorti en 1988 (26 ans tout de même), Wasteland 3 débarque sur nos PC et consoles de salon. Fruit d’une campagne de financement participative couronnée de succès (un peu plus de 3 millions de dollars récoltés sur les 2,7 demandés), épaulé par Microsoft suite au rachat du studio Inxile, le dernier né de la saga Wasteland est un concentré d’humour et de RPG à l’ancienne. Brian Fargo, le créateur de la saga étant à la barre, on ne peut que supposer que cette suite soit une réussite. Qu’en est-il dans les faits ? Accrochez votre étoile à votre veste Ranger et voyons si ce voyage dans un Colorado enneigé est à la hauteur de son héritage.

Avant de commencer, je tiens d’abord à remercier Koch Media pour leur confiance. La config sur lequel j’ai fait tourner le jeu est la suivante : i7 8700, RTX 2060, 16g Ram, SSD 512g sous Windows 10. Aucun souci côté performances sur ce type de machine, le jeu est visuellement plutôt joli pour le genre et bien optimisé.

Premier passage obligé, la création de vos deux comparses virtuels. En effet, ce ne sera pas un mais deux personnages que vous devrez créer avant d’entamer votre voyage dans ces contrées irradiées. Des équipes prédéfinies sont disponibles mais vous pourrez aussi bien façonner votre duo de A à Z. Malheureusement, les visages masculins ne brillent pas par leur charisme ; c’est mieux côté féminin. Cela dit, globalement, je recommande de partir sur l’une des équipes préconstruites si vous ne voulez pas vous prendre la tête. Pour les puristes, autant les possibilités esthétiques ne sont pas folles, autant celle concernant les caractéristiques sont pléthores et je vous mets au défi de ne pas passer au minimum 30 minutes dans la création de perso pour choisir les capacités que vous allez privilégier. Réfléchissez bien au moment d’investir vos points, impossible de les redistribuer une fois utilisés. Il sera important de monter une équipe complémentaire, sinon beaucoup de mécanismes et voies alternatives seront bloquées. En effet, les chemins permettant d’accéder à vos objectifs seront souvent multiples, certains faisant appel à vos capacités en piratage, d’autres faisant briller vos talents de démineur…

Les combats, bien que classiques, sont une franche réussite, un vrai mélange de Xcom et Divinity Original Sin. Vos escarmouches se dérouleront en tour par tour. Chaque personnage dispose d’un certain nombre de points d’actions (selon leurs attributs). La classe de vos avatars déterminera aussi les capacités spéciales qu’ils pourront utiliser, certaines pouvant s’avérer fort utiles durant les batailles. L’inventaire est illimité, ce qui est un bon point. En revanche, pouvoir le ranger et le filtrer plus efficacement n’aurait pas été du luxe, il manque au moins un filtre pour une certaine catégorie d’objet.

Rares sont les jeux où l’humour fait systématiquement mouche, Wasteland 3 est de ceux là. La moindre petite bricole ramassée possède toujours une description qui vaut le coup d’être lue. Vous rencontrerez entre autres le Père Noël, exploitant des lutins afin de produire de la drogue, une secte vouant un culte au président Ronald Reagan ou encore des tribus cannibales. Bref, ce Colorado futuriste n’est pas franchement bien peuplé ! Mais cela donne souvent l’occasion à des rencontres hautes en couleur. Les différents protagonistes sont assez charismatiques qu’ils soient des personnages importants ou non (le Patriarche en tête).

L’imbrication des différentes composantes RPG est étonnante et bien ficelée, j’ai par exemple trouvé un parfum lors de mes pérégrinations, et je me suis souvenu avoir rencontré une agricultrice qui élève des porcs en sous sol (je vous laisse imaginer l’odeur). Lui donner le parfum m’aura permis d’obtenir une récompense appréciable. Wastelands 3 est un jeu qui a le sens du détail.  A un certain moment de mon voyage, j’entre dans un sous-sol bien gardé par des Bandits et des Mercenaires. J’ai eu la surprise de constater que ma notoriété était si grande qu’ils ont préféré ne même pas tenter de me combattre ! Et c’est à ce moment que l’on ressent une véritable montée en puissance de son équipe. Le problème que j’ai ressenti dans ce sous-sol en revanche c’est qu’un nouveau personnage était recrutable (et charismatique qui plus est, pour ne pas changer) : et bien je n’ai pas pu le prendre dans ma team ! La raison est simple : votre équipe ne peut être composée que de 4 compagnons en plus de vos deux rangers initiaux. C’est un problème sachant que vous en rencontrerez le double lors de votre périple. Encore une fois, il faudra choisir. Heureusement (ou non) les dialogues avec ces derniers sont quasi inexistants, le plus haut degré d’interaction avec eux sera une ou deux quêtes personnalisées à effectuer. Une opportunité manquée.

Autre absence regrettable dans un RPG aussi profond à mon sens : les romances. L’absence de doublage des deux protagonistes, personnalisés lors des dialogues, est aussi un manque car cela engage toujours un peu plus le joueur. Heureusement, pour palier à ces “oublis”, le titre s’avère assez immersif dans sa globalité, notamment lors des choix qui déterminent véritablement l’issue de cette aventure aux fins multiples.

De temps à autre, des compositions musicales bien senties se feront entendre et contribueront grandement à vous mettre dans l’ambiance de ce Colorado post-apo. Certaines sont même de véritables chansons. Un ajout de qualité et assez peu répandu dans ce genre de jeu. La world map est assez conséquente sans trop s’étirer inutilement, c’est appréciable comparé aux open-world vides. D’un autre côté, votre véhicule n’étant pas un foudre de guerre et la téléportation n’existant tout simplement pas dans ce jeu, il valait mieux. En tout cas, je n’ai jamais autant pris plaisir à écraser des cerfs sur ma route !

Pour vous donner une liste non exhaustive des familiers et autres PNJ qui pourront vous accompagner, j’ai pu croiser le Doyen qui vous suit partout en vous parlant en latin. Si vous trouvez la caverne mystérieuse en sa compagnie, vous aurez droit à une surprise sympathique, surtout si vous êtes amateur de Lovecraft. Hormis ce personnage assez unique vous pourrez vous faire aider par des animaux variés allant du chat à la chèvre des montagnes, des poules, des renards mais aussi des Razorback (une sorte de porc-épic) en passant même par un clone.

Venons en au négatif, car il y en a quand même un peu. En fait peu de choses m’ont déplu dans ce RPG de qualité, mais si il y a bien un point qui fait défaut et entache la totalité de l’expérience ce sont les temps de chargements. C’est bien simple : le jeu (hormis dans les grandes villes) est très compartimenté, chaque changement de zone implique donc un temps de chargement, chose qui n’est normalement pas un problème une fois installé sur SSD (comme sur ma config), sauf que chacun de ces chargements prendront au minimum 15 voir 30 bonnes secondes et c’est extrêmement pénible à la longue. En l’état, je déconseille à quiconque ne possédant pas de SSD de prendre le jeu. Ou alors il faut être quelqu’un de très patient. Je n’ai pas pu tester la version console sur ce point mais je crains le pire.

Côté technique, un bug pénible surement lié à un bonus de stats ou à un équipement porté sur mes personnages fait qu’à chaque changement de zone deux de mes persos ne sont pas aux maximum de leur PV. J’ai également subi un gros crash à l’issue d’un combat très long… Pour terminer sur ce point, il m’est arrivé plusieurs fois qu’une musique de combat continue à être jouée en permanence, même une fois ce dernier terminé. Seule solution : redémarrer le jeu, pas très agréable encore une fois. Techniquement, même si ce n’est pas une catastrophe, on est quand même loin de l’exemplarité.

Ce que j’ai aimé :

  • Une écriture de grande qualité, truffée d’humour tout en restant mature
  • Une durée de vie très solide (45h pour en voir le bout en effectuant toutes les quêtes annexes)
  • Des combats efficaces et bien rythmés pour du tour par tour
  • Une fois la partie lancée il est très difficile de s’arrêter 
  • Une bande son exquise, mêlant Bluegrass, Country et d’autres genres musicaux typiquement américains, très raccord avec l’ambiance
  • Une difficulté relevée mais ajustable pour les néophytes comme pour les experts.

Ce que j’ai moins aimé :

  • Temps de chargements trop nombreux et très longs malgré une installation sur SSD, à en gâcher le plaisir de jeu
  • Caméra capricieuse et peu maniable, dezoom maximum trop faible
  • Impossible de respécialiser un personnage, une fois les points dépensés c’est fini.
  • Divers bugs ont gâché mon périple dont un crash à l’issue d’un très long combat

Son appréciation :

Avec Wastelands 3, Brian Fargo démontre que, malgré les années, il n’a pas perdu de son talent, au contraire, son écriture s’est aiguisée et rendront vos rencontres et autres péripéties aussi drôles que passionnantes. En revanche force est de constater qu’au niveau technique le développeur n’a toujours pas les moyens de ses idées. Malgré le succès de la campagne Kickstarter et le rachat de Microsoft, le manque de budget se fait sentir un peu trop fréquemment. Et je ne peux conseiller ce titre qu’aux amoureux de RPG Old-School et surtout aux joueurs patients. Votre aventure sera sans cesse entrecoupée de temps de chargement d’un autre temps, et ce, même sur PC. L’arrivée du titre sur les consoles de salon en day one est une bonne chose, mais sans SSD ça doit être compliqué … Espérons que, si suite il y a, elle soit exemptée de ces déboires qui gâchent une expérience autrement captivante. Fans de post-apo et adeptes de jeu de rôle, n’hésitez pas à entrer dans ce Colorado glacé et d’y façonner votre propre destinée.

Sa note :

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