Iron Harvest 1920+ – La Critique Augmentée

Fort de son financement participatif sur Kickstarter réussi, Iron Harvest 1920 + est enfin disponible dans un premier temps sur PC, pour débarquer début 2021 sur consoles. Il y de cela quelques années, j’ai découvert le travail de Jakub Rozalski et j’en suis tombé littéralement amoureux. Néanmoins, rien n’aurait pu me mettre Iron Harvest dans les mains étant donné que je ne suis pas un joueur PC. Et pourtant… C’est donc parti pour ma toute première critique d’un jeu PC de l’histoire du Blog.

Je remercie infiniment Koch Media pour sa confiance, sa gentillesse et son amour. Une critique basée sur une clé Steam, fournie par l’éditeur et sur PC. La critique se base uniquement sur le mode Campagne, les modes multijoueurs et Escarmouche ne sont pas traités et ne rentrent pas en compte dans l’appréciation. Le gameplay est considéré au clavier/souris. Une critique garantie sans spoils.

J’en profite également pour détailler la configuration du PC utilisé pour la critique : Nvidia GeForce GTX 1060, Ram 16 Go, I7 8750H, 2.20 GHZ, sous Windows 10, SSD 1To.

Développé par King Art Games, édité par Deep Silver et distribué chez nous par Koch Média, Iron Harvest 1920+ adapte un univers dit « uchronique » né de l’imagination de Jakub Rozalski. Dans Iron Harvest 1920+, la guerre Polono-Soviétique entre les années 1919-1920 est ici adaptée pour nous raconter une histoire fictive d’une guerre concernant les nations de la Polanie (La Pologne), la Rusviet (l’Union Soviétique) et la Saxe (L’Allemagne). La différence entre les faits historiques et l’histoire de Iron Harvest ? Hé bien dans Iron Harvest, c’est bien le bond conséquent de la technologie permettant donc aux nations de se servir de méchas faisant directement référence au courant Dieselpunk (différent du courant Steampunk qui utilise massivement des machines à vapeur au début de la révolution industrielle, le dieselpunk se sert du point de vue culturel, esthétique et technique pour couvrir la période entre la Première Guerre mondiale et le début des années 1950). Pour l’anecdote, le courant dieselpunk est une invention de Lewis Pollack pour caractériser le genre de son jeu de rôle, Children of the Sun, sorti en 2001. Au contraire du courant Steampunk, le dieselpunk couvre bien des sujets comme la course à l’espace, la peur de l’expansion communiste, le triomphe du Troisième Reich, la possibilité de l’émergence de la 3ème guerre mondiale ainsi que la course à l’armement (pour ne citer que ça, je vous laisse faire vos propres recherches). Et ça tombe bien que nous parlions de la course à l’armement puisque c’est justement l’un des sujets de Iron Harvest 1920+.

Tout commence par l’histoire d’Anna Kos et de la Résistance de la Polanie. Face à l’invasion de l’armée de la Rusviet, Anna décide alors de se battre aux côtés de la Résistance et de contrecarrer les plans des envahisseurs grâce à son intelligence et son leadership. Considérée par ses compatriotes comme la « Jeanne d’Arc de la Polanie », Anna est une tireuse d’élite hors pair et est accompagnée de son ours Wojtek (si, si !). A eux deux, ils vont affronter une armée Rusviet plus entraînée et plus nombreuse en hommes mais aussi en machines. Comment tenir tête à une armée supérieure dans tous les domaines ? Anna a trouvé la solution : son leadership pourtant critiqué puisque étant une femme, celui-ci se montrera à la hauteur de la situation… C’est peu ou prou le début de Iron Harvest mais aussi de la campagne de la Polanie et je me garderai bien de rentrer dans les détails de cette campagne. Mais gardez bien à l’esprit que les campagnes (parce que oui vous avez de quoi faire niveau solo) vous proposent l’histoire d’un personnage en particulier qui deviendra par la même occasion votre « champion », votre Général(e) permettant de galvaniser vos troupes et de les emmener à la victoire. Enfin, à la victoire, c’est vite dit mais vous verrez le pourquoi du comment plus bas… Outre le gameplay, Iron Harvest nous propose une histoire forte, celle d’une époque alternative à la nôtre, une uchronie donc, bien écrite et qui immerge immédiatement, tant ce qui nous est raconté est intéressant. L’histoire d’une guerre technologique qui bouleversera la vie rurale à tout jamais. Une histoire d’hommes et de femmes embarqués dans une nouvelle guerre et qui n’auront pas d’autres choix que de défendre les valeurs qu’ils jugent être les bonnes face à leur adversaires ayant les mêmes motivations qu’eux. J’ajoute au passage, certains sujets très intéressants mis sur la table et qui poseront « problème » à celles et ceux à qui ça posera problème comme le fait de vouloir se battre pour son pays (ça me rappel un certain Ghost Of Tsushima tiens…). Quand bien même, le scénario, la narration et la mise en scène ne révolutionne en rien le genre, Iron Harvest nous conte une histoire très efficace, sans non plus chercher à trop nous faire réfléchir. Ce qu’il nous raconte, il le fait très bien et nous permet de suivre une histoire sur une guerre uchronique, un peu à la manière d’un certain Wolfenstein The New Order, dont il empreinte la même ambiance, une atmosphère lourde, à la limite du désespoir. Je finis sur l’écriture des factions, bien entendu d’un joueur à l’autre, chacun aura sa faction préférée, pour des motifs différents, mais tout est fait pour que toutes les factions en présence ne donnent pas l’impression d’être les méchants ou les gentils de l’histoire. Chacune y vont de leur justifications et c’est à nous de leur donner raison ou tort.

Avant de parler en détail du gameplay, attardons nous sur la bande son, les graphismes et la technique. Oui, je suis taquin parfois. En ce qui concerne la bande son, cette dernière oscille entre sons guerrier et ceux qu’on entend généralement dans les films de guerres. Tantôt spectaculaire, tantôt mélancolique, elle assure à Iron Harvest une identité qui lui est propre et unique. Graphiquement, que ce soit en jeu ou lors des cinématiques, Iron Harvest ne brille pas tant que cela, fort heureusement que la Direction Artistique porte le tout, merci à elle. Quant à la technique, cette dernière est en dent de scie. Néanmoins, mis à part un souci de framerate au bout de 2 heures consécutives, l’ensemble est plutôt propre malgré des souci de clipping ici ou là. Rien de bien méchant donc.

On en vient enfin à la partie la plus difficile de la critique : le gameplay. Vous comme moi le savons, Iron Harvest est un RTS (ou Real Time Strategy). Je n’en ai pas fait des masses dans ma vie de joueur, mis à part Tom Clancy’s Endwar sorti en 2008 (que j’avais vraiment adoré !). Bref, tout comme les Dark Souls like, les RTS ne sont absolument pas ma tasse de thé. Afin de bien comprendre mon avis sur Iron Harvest, sachez qu’à la rédaction, nous sommes des experts dans chacun de nos domaines. Forcément, quand l’expert des RTS est occupé ailleurs, on doit forcément être à la hauteur du bonhomme. Etant donné que je le suis naturellement, je vais être cash et franc : Iron Harvest se sabote tout seul comme un grand à cause de son genre. Iron Harvest jouit d’un univers inédit, unique et immersif, accompagné d’un scénario et d’une narration qui donne vraiment cette envie de s’y plonger mais en même temps stoppe une bonne partie d’un public qui aurait pu lui offrir la visibilité dont il mérite tellement… Bon alors comment ça se joue ? Pas besoin de s’encombrer avec votre clavier, seule votre souris fera l’affaire, puisque ce sera avec elle que vous allez gérer la caméra et les commandes (juste deux touches, la première de sélection, l’autre de validation et de direction). Lâché sur le champ de batailles, vous aurez à la fois des objectifs secondaires et votre mission principale à accomplir. Afin de vous construire une armée digne de ce nom, vous aurez avant tout besoin de ressources (le fer et le pétrole) disposés ici et là sur votre carte et dont il vous faudra capturer afin d’engranger les ressources nécessaires à la levée de votre armée. Sachez que vous pouvez vous servir des coins, des murets, des bâtiments et des murs pour vous abriter, chose très utile d’ailleurs…

Oui je vous sort un des trailers de Iron Harvest pour illustrer mes propos.

Mis à part cette feature, Iron Harvest se retrouve sclérosé de lui même à cause de son gameplay d’un autre temps. Je ne sais pas vous mais en ce qui me concerne, quand je joue à un JV, c’est pour prendre du plaisir (et me changer les idées au passage). Hors là, ce n’est pas le cas, la faute, en partie, à une IA totalement cheatée. Et encore je pèse mes mots. Peu importe le difficulté choisie (j’ai commencé en normal pour finir en facile), l’IA était plus forte que mon armée, peu importe la stratégie que j’avais contre elle (dont le fait de lui balancer tout dans la tronche de façon incessante, il ne faut surtout pas faire ça puisque ça ne fonctionne pas du tout ahah). De plus, les objectifs qu’on nous propose d’accomplir sont la plupart du temps inintéressants, seule l’action pour les accomplir mérite le détour. Je ne me suis jamais senti vraiment joueur au passage. Je donne mes « ordres » et je regarde faire, voilà ce que je ressentais devant le jeu et même après mes sessions. Étonnant pour un Jeu Vidéo, non ?

Alors oui, je regrette profondément que ce Iron Harvest ne soit qu’un RTS de plus, puisque son univers uchronique se prête beaucoup plus à ce qu’il soit un TPS ou un FPS (même si je pense qu’il aurait plus de mérite à être dans ce format là, renforçant l’immersion du joueur et de la joueuse) mais je pense aussi que Iron Harvest peut se contenter de son univers, de son scénario et de sa direction artistique en oubliant son genre et s’en sortir haut la main. Au contraire de mes habitudes où j’ai tendance à dire non à ce genre de situations, Iron Harvest constitue l’exception à la règle. Alors oui pour un JV c’est une situation particulière. Mais la D.A unique de cette uchronie inédite mérite le détour, même si le gameplay souffre du poids des années ainsi qu’un constat simple. Parfois, pas besoin de s’encombrer d’un gameplay quand l’univers est suffisamment fort pour se laisser entraîné sans forcément devoir prendre une manette ou un clavier souris.

Ce que j’ai aimé :

  • L’univers, sa direction artistique, une uchronie inédite, créé par Jakub Rozalski et qui fait du bien (quand on recherche un nouvel univers dans lequel s’y plonger avec plaisir)
  • Le scénario, certes imparfait, jouit d’une narration classique mais très efficace
  • Le personnage de Anna, qui devient bien malgré elle un symbole d’une guerre qui lui tombe dessus sans prévenir
  • Certains sujets forts comme le nationalisme ou la propagande de guerre, très bien utilisés, sans tomber dans le cliché et dans la leçon donnée aux joueurs et aux joueuses

Ce que j’ai moins aimé :

  • Le genre auquel appartient ce Iron Harvest, qui va diviser plus que rassembler
  • Des objectifs de missions inintéressants
  • Plus l’impression d’avoir été plus spectateur que joueur
  • Une IA surcheatée qui ne laisse pour ainsi dire aucune chance, quelque soit la difficulté de votre partie
  • Graphiquement inégal, que ce soit ingame que dans les cinématiques

Son appréciation

Je ressort de Iron Harvest avec un semi constat sur le gameplay et le genre auquel il appartient, c’est qu’au lieu de rassembler, il divisera plus qu’autre chose. Tout est là pour proposer une oeuvre vidéoludique forte mais en partant avec un énorme handicap. En effet, quoi de mieux que de nous proposer un RTS à l’ancienne alors qu’on aurait pu nous suggérer un TPS ou un FPS ? Néanmoins, Iron Harvest n’est pas totalement à mettre de côté ni à écarter comme un malpropre puisqu’il nous offre un univers uchronique fort, intelligent et inédit. Son seul tort est finalement son budget, l’obligeant peut être à s’enfermer dans un genre excluant de ce fait un public qui pourrait lui donner sa chance… J’espère de tout cœur que l’univers nous reviendra dans un autre genre qui lui offrirait une visibilité dont il mérite amplement.

Sa note

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version PC dématérialisé fournie par Koch Media.

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