Nioh 2 – La Critique Augmentée

Parfois dans la vie, on se décide à explorer un sentier, un chemin, une nouvelle route. Cette route prend donc la forme d’un des genres dont j’ai le plus horreur dans le Jeu Vidéo moderne : le Dark Souls like. Je me suis toujours dit que jamais je ne mettrais la main sur ce genre de JV à moins qu’on m’en fasse la proposition. Et le couperet est tombé, comme un katana sur la nuque d’un Samouraï déclaré perdant d’un combat à mort. Mais tel l’Augmenté que je suis, j’ai décidé de relever le défi et de me plonger dans mon premier vrai Dark Souls Like de ma vie, puisqu’il faut bien un début à tout, afin de vous parler d’un genre où j’ai beaucoup de choses à dire.

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La critique et les screenshots sont réalisés à partir d’une Version PS4 dématérialisée fourni par PlayStation France et Julien Bourey, que je remercie une nouvelle fois pour sa très grande confiance.

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Nioh 2 appartient à un sous genre qui ne laisse personne indifférent. Les premiers frémissent, les seconds sont excités tel des requins attirés par l’odeur du sang, quand aux troisièmes, ils l’esquive soigneusement. Les Dark Souls like, série du même nom qui à popularisé le genre, traîne une réputation, telle une légende urbaine laissant planer le doute à son sujet, de JV ultra hardcore, où le Game Over peut tomber à peine cinq minutes après s’y être plongé. Le premier PNJ ennemi que vous rencontrerez peut vous tuer lâchement, d’un coup, si vous ne prêtez pas attention à l’action devant vos yeux. Après avoir passé un après midi manette en main sur Bloodborne et toucher à la démo du premier Nioh, je ne penserais jamais qu’un jour, je pourrais vous proposer la moindre critique que ce soit sur ce genre de JV qui traîne la sale réputation d’être réservée à une certaine élite ayant pour seule distinction d’être capable de se la pété après avoir fini le boss de fin d’un Nioh et cie. Et pourtant, vous me lisez.

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Je me dois d’être cash avec vous. Je n’ai pas fini Nioh 2… Et pourtant, je n’ai jamais pensé un seul instant à rage quit lors de mes sessions de jeu. M’arrêter pour cause de fatigue et impératif plus urgent oui. D’ailleurs, oui Nioh 2 est difficile en soit. Bien plus difficile que d’ordinaire. Mais il n’est pas si insurmontable qu’on ne veuille bien le (faire) croire si on se met à utiliser toute les options mise à notre disposition. Sauf que j’ai fini par abandonner. Ce n’est pas dans ma nature profonde de baisser les armes et de m’avouer vaincu, mais Nioh 2 m’oblige à le faire. Parce qu’en cette période, je n’ai ni la patience, ni l’envie, ni les idées à me dire d’aller au bout de Nioh 2. Je ne nie pas ses qualités certes mais je trouve que Nioh 2 à beaucoup trop de défauts en son sein pour que je me force à lui consacrer le temps et le respect qu’un testeur (amateur ou non) devrait avoir envers une oeuvre vidéoludique qui ne le respecte pas.

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D’ailleurs, vous allez me poser la question du pourquoi du comment j’ai accepté de jouer le jeu. Je vous répondrais que j’ai toujours eu à coeur dans ma vie, celle d’avant et celle de maintenant d’ailleurs, de faire preuve de curiosité. De curiosité, j’en ai fait preuve. De respect aussi. De patience même. Mais Nioh 2, ainsi que le studio de développement, la Team Ninja, fait preuve selon moi de différenciation entre les joueurs et les joueuses, de sorte à les mettre dans une case, de celle où notre belle société s’évertue à nous faire rentrer de force, quand bien même nous ne soyons pas d’accord avec la pratique. Nioh 2 n’est pas accessible, quand bien même il comporte bel et bien une échelle de progression, mais basée sur votre équipement et votre « skill » (vous savez le truc qu’utilisent les faibles d’esprits pour vous prendre de haut quand bien même ils n’ont rien dans le caleçon) et se permet donc de facto de jouer le jeu de séparer le bon grain de l’ivraie.

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Je n’ai aucune honte à assumer faire partie de la seconde catégorie, celle de l’ivraie, capable tout de même de finir un Gears 1 et 2 en dément, un RE 2, 4, 5 et 6 en Professionnel. D’ailleurs, si on se mettait à jouer le jeu de celui qui à la plus grosse, pas sûr qu’après avoir fini de vous sortir l’intégralité de mes faits d’armes vidéoludique, ça se permet encore de fanfaronner en face… Et c’est quand même pas rien d’arriver à battre Raam en dément, en solo, non ? Parce que ces œuvres là, du moins si on ne parle que de la difficulté, vous laisse choisir comment vous allez vous y plonger. Hors, rien de pire, du moins toujours pour moi, que d’être forcé à jouer à un jeu selon le bon vouloir du dit JV. D’aucuns me diront que c’est un faux débat et que je n’ai rien à dire de ce côté là. Sachant que je n’ai jamais abordé la question dans les colonnes de mon Blog, j’assume entièrement vous répondre du contraire. Il aurait été une bonne idée qu’au moins Nioh 2 se démarque de ses confrères en mettant en place un système de double difficulté et puisse ouvrir les portes de ce genre particulier à un plus large panel de joueuses et de joueurs.

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Mais je vous arrête immédiatement cela dit. Non je ne parle pas de mettre un mode facile et le mode hard par défaut en place. Mais un mode alternatif en ayant une difficulté « normale » et le mode classique, celui pensé pour Nioh 2. Un mode normal donc, réduisant les dégâts que nous font les ennemis sans forcément toucher à leur pattern. Bref, une double difficulté qui aurait été une initiative allant dans le sens de l’ouverture à un nouveau public, celui qui ne désire pas franchir le pas comme je l’ai fait du fait d’une difficulté idiote et hardcore pour trois fois rien. Parce que Nioh 2, et je parie que ses petits copains sont logés à la même enseigne, ne vous aime pas. Je ne suis même pas sûr d’ailleurs qu’il s’aime lui même d’ailleurs. Parce que des morts idiotes j’en ai eu. Combiné à ça qu’il faut que vous récupériez vos points d’expériences sans mourir une seconde fois sinon vous les perdez définitivement à l’endroit de votre précédent « Game Over », Nioh 2 vous force donc à choisir entre la prudence et la prise de risque. Et je vous garantis que dans les deux cas, il se peut qu’une mort de merde arrive sans que vous ne puissiez y faire grand chose… En ce qui me concerne, quand je joue à un JV, c’est avant tout pour me changer les idées et me plonger dans une histoire et/ou un univers immersif. Nioh 2 n’a aucune de mes deux exigences quand bien même je savais où je mettais les pieds. Mais il est donc temps de rentrer dans le vif du sujet et de vous dire ce que j’en pense concrètement.

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Avant toute autre chose, sachez quand même que vous n’êtes pas obligé(e)s d’avoir accompli le 1er épisode pour vous lancer à vos risques et périls dans cette suite. Car en effet, Nioh 2 se situe avant le premier épisode, en 1555, au Japon, durant l’ère Sengoku. Vous vous incarnez vous même, après être passé par l’étape de la construction de votre propre avatar, à l’aide d’un éditeur de personnages, homme ou femme, ultra complet, qui vous offre réellement la possibilité de vous créer l’avatar de vos rêves. Cet éditeur de personnages est tellement complet que les joueurs et les joueuses peuvent même jusqu’à créer Kratos de God Of War, Ciri de The Witcher 3 et plus si imagination. Pour le coup, l’éditeur de personnages est réellement bourré à craquer de possibilités et je me suis surpris à me dire que Nioh 2 débute réellement dans de bonnes conditions.

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Je ne vais pas vous manquer de respect en vous disant comment se joue Nioh 2, celui ci se veut être caméra à la troisième personne et vous permet donc de vous livrer à des joutes à l’arme blanche, avec quand même une arme à distance (arc et/ou fusil d’époque) et la possibilité d’avoir un peu de magie. Le tout saupoudré de mécaniques de RPG (arbres de talent, points d’expériences, niveaux, équipements en tout genre). D’ailleurs, ça tombe bien puisque nous sommes en présence d’un Action RPG tout ce qui a de plus classique, les choses sont ainsi bien faites. Nioh 2 ne révolutionne donc pas son genre ni les mécaniques de gameplay qu’il emprunte quand bien même comporte t’il la possibilité d’adopter une posture de combat sur un schéma de 4 possibilités. Vous pourrez donc avec R1 et les quatre touches triangle, croix, carré ou rond choisir la « hauteur » de votre épée. De mon côté, j’ai réellement réussi à tirer parti de cette feature de gameplay mais je suis pas réellement convaincu par la chose. Ce que vous propose donc ce Nioh 2, c’est d’alterner entre missions principales et annexes qui vous demanderont d’aller d’un point A à B, de buter tout ce qui bouge tout en explorant le niveau du moment à la recherche de coffres et d’autres items à ramasser. C’est répétitif au possible et surtout on ne sait pas pourquoi on se doit d’accomplir ces missions là, mis à part les habituelles récompenses qui tombent (points d’exp et équipements en tout genre).

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Au niveau du scénario, je vais être cash avec vous : je n’ai absolument rien compris de ce qui nous est raconté ici. Tout juste que nous étions une sorte de mercenaire au 16ème siècle, engagé par un marchand pour le protéger des ennemis humains et des démons appelés Oni et Yokai. Bref, vous aurez de quoi vous battre et bien vous refaire le portrait alors que le scénario est très clairement en retrait. Cela dit, Nioh 2 jouit d’une grosse ambiance et nous plonge dans son univers avec une efficacité certaine, grâce à une bande son et des bruitages respectant l’époque ici visée.

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Du côté du gameplay, j’y reviens assez vite. J’ai vraiment voulu le faire solo et mis à part l’exploit de me faire le second boss du jeu tout seul (pour la simple et bonne raison que j’étais gavé du système de coop, j’ai décidé de le dézinguer tout seul) mais force est de constater que le studio oblige pratiquement à la sur-utilisation du système de coop entre ami et/ou avec des inconnus. Pour en avoir débattu avec Shepard, je trouve ça un peu étrange de forcer les gens à adopter le système de coop pour pouvoir avancer car en étant seul et sans forcément avoir « le skill », il lui sera peut être impossible de passer tel ou tel ennemi ou boss (semi ou gros). Néanmoins, cette feature, celle de la coop, reste tout de même intéressante puisque assez singulière dans son exécution. En effet, vous aurez besoin d’un item appelé « coupe ochoco » pour pouvoir appeler du monde en coop pour un maximum de deux coéquipiers. Cela dit, un mot sur la durée de vie, cette dernière reste à votre discrétion, ça peut vite grimper jusqu’à la centaine d’heure si vous réussissez à vous faire à la difficulté. De mon côté, j’y ai consacré une petite vingtaine d’heures de jeu, ce qui n’est pas rien.

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On en vient aux graphismes, je ne vais pas y aller par quatre chemins, ces derniers souffle le chaud et le froid. Si manette en main ces derniers sont beaux sans non plus être une claque, lors des cinématiques, c’est une autre histoire puisque ces dernières sont tout bonnement superbes et l’intégration de notre perso force réellement le respect tant on a vraiment l’impression d’être le héros de notre propre histoire. Quand à la technique, dans sa version 1.03, aucun problème d’aucune sorte n’est venu se rajouter à l’immense bordel qu’est déjà ce Nioh 2.

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Ce que j’ai aimé :

  • L’éditeur de personnages, ultra complet et assez dingue en terme de créations
  • Le système de coop, assez unique dans son genre
  • Des cinématiques vraiment superbes avec le bon goût d’avoir réussi à parfaitement intégrer notre personnage
  • Une grosse ambiance Japon féodal que je trouve fort réussie
  • De quoi faire durant pas mal de temps

Ce que j’ai moins aimé :

  • Une difficulté beaucoup trop exacerbée et qui n’est pas pour tout le monde !
  • Pourquoi ne pas implémenter une double difficulté ?
  • Ultra répétitif
  • Un scénario beaucoup trop en retrait et qui se veut être beaucoup trop nébuleux pour pas grand chose
  • Je n’ai ressenti pour ainsi dire aucun plaisir d’y jouer lors de mes sessions dessus

Son appréciation

Je suis sorti de ma zone de confort et j’ai enfin touché à un Dark Souls like non sans regret puisque j’ai la confirmation que Nioh 2 et ses petits copains se payent une certaine catégorie de joueurs et de joueuses. Il faudra qu’on m’explique en quoi avoir une difficulté haute non réglable fait partie d’une expérience vidéoludique là où se dernier se doit quand même de permettre d’être avant tout un divertissement et pas une épreuve digne d’un Koh Lanta des enfers. Néanmoins, oui Nioh 2 est un très bon JV auquel j’ai le regret de dire que je ne suis pas la cible. Après lui avoir consacré 15-20 heures de jeu et tout le respect qu’il à droit de ma part, je ne souhaite pas aller au bout d’une expérience qui ne me respecte pas en tant que joueur malgré tout le mien que je peux volontiers lui montrer.

Sa note

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*Critique et screenshots réalisés à partir d’une Version PS4 fournie par PlayStation France, que je remercie pour sa confiance et son amour, sur une PS4 Pro.

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