Death Stranding – La Critique Augmentée

Fin 2015, Kojima Productions renaît de ses cendres après sa fermeture brutale des mains de Konami et nous annonce en grande pompes, quelques mois plus tard, en 2016 donc, Death Stranding. Trois ans durant, le mystère autour de cette nouvelle IP s’épaissit de plus en plus. Disponible depuis le 8 novembre dernier, je vous propose donc mon avis sur le dernier bébé de Kojima. Tomorrow is in your hands ? Maybe. Maybe not.

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Avant de plonger la tête la première dans Death Stranding, je tiens à remercier Julien Bourey et PlayStation France qui me permettent de réaliser cette critique dans les meilleures conditions possible. Vous le verrez assez vite, le format évolue (très) légèrement tout en ne changeant pas sa philosophie première. En effet, à partir de maintenant, vos critiques JV auront aussi une note dans l’encart « Son appréciation ». Basée sur 10, je laisse à votre pleine et entière discrétion le soin de la prendre tel quelle ou de la multiplier comme bon vous semble. Néanmoins, ça ne changera absolument pas mon appréciation dans la critique écrite, qui reste l’élément le plus important du bas de page. Enfin, sachez que cette critique se base sur une version dématérialisée, fournie donc par PlayStation France, avec une PS4 Pro (hé oui, ça y est !) et qu’aucun spoil n’est présent comme d’habitude.

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Après avoir refermé sa page Metal Gear Solid dans la douleur avec Ground Zeroes et The Phantom Pain, s’être vu annulé Silent Hills, malgré la démo PT qui aura marqué de son empreinte cette génération, Hideo Kojima, que je ne pense pas devoir présenté, s’est vu dégagé promptement de Konami. Après une petite période sans nouvelles de lui, on le retrouve aux côtés de Andrew House en 2015 pour nous annoncer que son studio Kojima Productions venait de renaître de ses cendres et se mettait au travail dans le cadre du contrat passé avec PlayStation pour une nouvelle IP. On le découvre quelques mois plus tard, cette nouvelle IP n’est nulle autre que Death Stranding.

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Trois ans durant, en jouant sans cesse le mystère autour de sa nouvelle oeuvre, Kojima fera en sorte de brouiller les pistes autour de son nouveau projet (ce qui en deviendra même une sorte de blague sur le net). Trois ans où je vous avoue que moi même, je ne comprenais pas tout des trailers diffusés, à peine le lien entre le BB et le bras mécanique ainsi que le fait que nous allions évoluer dans un monde post apocalyptique. Et… Nous y sommes enfin. Et entre temps, hé bien j’ai pris une très grosse claque sur ma joue de joueur. Avant de vous laisser complètement tranquille avec votre lecture au chaud, je vous propose une vidéo d’une cinquantaine de minutes sur mes impressions au bout d’une quinzaine d’heures, en vous emmenant à mes côtés alors que je vous montre comment réaliser deux livraisons. L’occasion pour moi de vous parler de ce que je ressentais à ce moment là du jeu ainsi que ce qui l’y entoure, comme par exemple la mauvaise habitude qu’ont pris les gens à ouvrir bien grand leur bouche quand ils n’ont absolument rien à dire.

Appelé le Death Stranding, une catastrophe inconnue à eu raison de notre civilisation, terraformant la Terre en renvoyant celle ci limite à l’état zéro. Les différentes barrières métaphysique ont sautées comme celles des vivants et des morts, lesquels sont capables d’évoluer pratiquement sur le même plan que nous. Appelés les Echoués, ces derniers peuplent ce qui reste de la Terre et n’attendent que les vivants pour les capturer. Auquel cas, une immense explosion transforme la zone en cratère. Néanmoins, certaines entreprises ont réussies à tirer leur épingle du jeu. Celle qui nous intéresse, Bridges, à monter un plan pour reconnecter ce qui était hier les Etats Unis d’Amérique. Maintenant appelés UCA pour United Cities of America, des avants postes de la société sont disséminés partout à travers le continent.

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Sauf que ces avants postes ont tous perdu le contact entre eux et c’est là qu’entre en jeu un certain Sam Porter Bridges, incarné par Norman Reedus. Sam est un « Porteur », une sorte de livreur capable d’accomplir de très longues distance afin de livrer des denrées plus ou moins importantes. Un homme tout a ce qui de plus normal et ordinaire, sans aucun super pouvoir ni capacités spéciales, vu quand même comme une sorte de rockstar. C’est un solitaire aimant avant tout être livré à lui même dans ce monde « mort ». Mais il va se voir confié une mission de la plus haute importance : parcourir l’immense territoire afin de reconnecter les avants postes Bridges les uns aux autres et ainsi relancer le Réseau Chiral. Pourquoi ? Comment ? Hé bien, je ne vous en dirais pas plus mais sachez que tout est expliqué, tout est posé, pratiquement tout est très clair de compréhension et qu’à aucun moment je n’ai trouvé à redire, tant la mise en scène, l’écriture ainsi que la pertinence des objectifs y est fignolé avec un soin extrême. C’est ainsi que bon gré, mal gré, avec un Brise Brouillard sur le torse et un Odradek sur l’épaule gauche, que vous et Sam vous vous lancez à l’assaut d’une mission d’une bien trop grande importance pour un seul homme. C’est peu ou prou les trois premières heures de Death Stranding que je synthétise en quelques mots.

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Votre mission première, qui concerne donc la trame principale de Death Stranding, est découpée en chapitres. Là encore, je ne dirais rien mais sachez qu’encore une fois, l’écriture se voit posée, prend son temps pour nous expliquer les choses à travers des cinématiques plus ou moins longues, intéressantes, tantôt dramatique, tantôt plutôt spectaculaire et que je n’ai jamais boudé mon plaisir tant ces dernières sont absolument magnifiques tant en terme de graphismes pur mais aussi en terme d’intelligence d’écriture. Une telle intelligence que je considère que Death Stranding possède plusieurs niveaux de lecture et de compréhension tant Hideo Kojima est pour le coup totalement inspiré et nous offre une oeuvre inédite en soi mais aussi dans le Jeu Vidéo moderne. Des comme Death Stranding, il n’y en a pas deux, ça c’est sûr… Au passage, je dois bien avouer que j’ai eu à plusieurs reprises des « poussières dans les yeux » tant les émotions à certains passages pour certains personnages sont très très fortes… De plus, vers la fin du scénario (qui se compte sur 14 chapitres, le 15ème étant avant tout pour vous et votre « endgame », je dois bien dire que Kojima part super loin et m’a un peu perdu sur la composante fantastique de son oeuvre. Beaucoup trop de de « trop » fait que j’ai un peu perdu le fil pour tout vous avouer… Mais pour le reste, c’est du très solide. La galerie de personnages est réellement inédite, je n’ai jamais ressenti le moindre « cliché » que ce soit et ces mêmes personnages sont incarnés par un casting d’actrices et d’acteurs nous offrant une prestation remarquable et auront à chaque fois leur moment de « gloire » et sont pour moi au même niveau les uns des autres, pas un(e) pour surpasser l’autre et ça, c’est remarquable je trouve.

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D’ailleurs, en parlant de casting, juste quelques noms : Mads Mikkelsen, Tommy Earl Jenkins, Guillermo Del Toro, Margaret Qualley, Léa Seydoux, Lindsay Wagner, Troy Baker, Norman Reedus bien sûr, et bien d’autres forment un casting pratiquement 5 étoiles. Bien entendu, je n’énumère pas tout le monde mais avant de me plonger dans Death Stranding, j’avais quand même un a priori négatif sur Léa Seydoux et j’avoue que cette dernière m’a fait changer d’avis, même si c’est plus son personnage que j’aime en priorité que sa prestation, même si il me faut vous le dire, oui Léa Seydoux se débrouille vraiment très bien dans son rôle. Bref, je vais enfin vous parler de mon expérience personnelle avant de vous donner réellement mon avis sur Death Stranding et il y a énormément à vous expliquer.

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Exit le scénario, je vais vous parler de mon expérience personnelle et de ce que j’ai vécu au travers de mes plus de 60 heures de jeu, qu’il m’aura donc fallu pour finir le scénario. J’ai joué normalement, en traînant légèrement durant les chapitres 2 et 3, puisque je voulais accomplir le plus de quêtes secondaires avant de reprendre la quête principale, jusqu’à ce que mon coéquipier Shepard m’indique que je pouvais très bien me garder le dit contenu pour le End Game et me focaliser sur la partie scénaristique, ce que je me suis décidé à faire. Néanmoins, étant donné que je ne souhaite pas vous révéler le moindre bout de scénario, je ne peut m’étaler sur ce dernier, alors je vais me focaliser sur le fameux « Social Strand System » que Kojima à repris d’un certain Dark Soul pour le ré-adapter à sa sauce. Au moins là, je ne peut pas vous spoiler 😀

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Le Social Strand System, qu’est-ce que c’est ? Le principe est assez simple en fin de compte. Dans Death Stranding, vous y jouez du début jusqu’à la fin seul(e). Néanmoins, quand vous reconnectez un avant poste Bridges au Réseau Chiral, sorte d’Internet futuriste, une « connexion » se fera alors entre votre partie et celles des joueurs qui sont virtuellement sur le même serveur que vous. En résulte alors une connexion indirecte où vous avez l’impression d’être accompagné, tout en étant seul. La contrepartie de cette connexion, c’est que non seulement vous allez pouvoir partager vos constructions et vos panneaux mais aussi vos ressources sur le Réseau Chiral afin de les offrir aux joueuses et aux joueurs.

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Au début de votre aventure, vous commencez tout doucement avec des cordes et des échelles mais très vite dans la progression du scénario, vous allez vous retrouver, si vous le souhaitez bien évidemment, à construire des ponts et des routes, des chargeurs de batteries pour les véhicules et d’autres choses, vous allez aussi vous rendre compte que parfois, vous allez indiquer la route à suivre aux autres joueurs, poser une corde (et signifier sa présence via un panneau) pour faciliter le chemin, mettre une échelle pour passer une rivière dont le courant est fort (parfois ça m’arrivait d’aller chercher spécialement une échelle et rebrousser chemin pour la poser pour d’autres joueurs et joueuses qui passeraient par là).

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Mais pourquoi faire ça me direz vous ? Hé bien, si je serais direct et froid, je dirais que c’est avant tout pour flatter notre égo avec des likes (ouais les mêmes que sur Youtube, Instagram, Facebook, Twitter et cie). Mais je dirais avant tout parce que nous sommes avant tout des êtres humains ayant des sentiments. Pour être tout à fait cash avec vous, je me suis toujours moqué de ces fameux likes et j’ai joué à Death Stranding comme je sais très bien le faire pour toute oeuvre vidéoludique que je « consomme », c’est à dire en étant moi même. Et pour être franc, la seule chose que je faisais systématiquement pour les joueurs et les joueuses était de ramasser leur colis perdus (signifié en vert avec le pseudo indiqué) et d’aller le livrer, tout en envoyant des denrées sur le réseau partagé. En soit, je fournissais énormément de bottes, de spray réparateur, de ressources (surtout le chiralium, parce qu’il est rare d’une part et surtout parce que je le ramasse énormément). Bref, comme dans la vraie vie, j’ai surtout agi dans l’ombre et sans attendre de quelconques likes que ce soit.

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Néanmoins, sur la route de mes nombreuses livraisons, à pieds comme en véhicules, la réalité d’un monde mort, difficile et éprouvant me mettait toujours face à deux ennemis bien distincts : les échoués et les Mules. Pour le premier, seule l’infiltration fonctionne de façon efficace. Bien entendu, nous récupérons assez vite des grenades hématiques (avec le propre sang de Sam…) si jamais ça tourne au pugilat. Mais non seulement les combats sont assez chiants en soi, mais aussi ils sont inutiles puisque vous ne débarrassez pas la zone des échoués, quand bien même vous ayez remporté la bataille… Du coup, on passe ces zones en silence et en s’aidant de l’Odradek, en contournant les apparitions spectrales et sortir de la zone définie.

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Au départ, ces phases étaient assez stressantes et anxiogènes pour finalement être LE point faible du jeu selon moi, mais j’y reviendrais plus en détail plus bas. Quand aux Mules, ils sont des êtres humains comme vous, d’anciens porteurs devenus fous ou des contrebandiers qui vous attaquent avec leur lance électrique afin de récupérer vos marchandises et qui sont pour le coup plutôt sympa à se farcir, que ce soit avec votre corde personnelle ou alors avec des jouets assez classes qu’on débloque au fur et à mesure de votre avancée dans le jeu. Par exemple, je me mesurait systématiquement contre eux avec mon Lance Bolas afin de les calmer de façon non létale. Je n’ai donc tuer personne durant mon aventure et ça c’est cool. Cela dit, plus vous avancerez dans l’histoire, plus il vous faudra prendre la réelle menace des mules « extrémistes » comme j’aime à les appeler. Il faudra donc réellement penser à tout avant de partir sur le terrain. Bref, j’ai fait, je pense, la grosse liste de ce qu’on trouve à faire dans Death Stranding, il est enfin temps de vous donner mon avis sur lui.

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Durant mes nombreuses heures de jeu sur Death Stranding et même une fois que je n’y jouais pas, j’ai réalisé qu’une fois que j’allais écrire sa critique, que cette dernière, celle que vous êtes entrain de lire donc, serait certainement la plus difficile que j’aurais à écrire depuis l’ouverture du blog il y a de cela bientôt 5 ans. Dire que le dernier né de Kojima fait couler de l’encre est un euphémisme tant je peut dire sans trop me mouiller qu’il y a autant de personnes qui détestent que de personnes qui aiment Death Stranding. Je vais être totalement cash, comme si il fallait forcément prendre position mais après plus de 60 heures dessus, j’aime profondément Death Stranding même si je lui trouve deux défauts que je pense n’avoir lu ou vu nulle part ailleurs. Mais quand je dit que cette critique est certainement la plus difficile que je n’ai eu à écrire sur le blog, c’est parce que Death Stranding est un jeu vaste, exigeant dans nombre de ses features et en faire une synthèse sans rentrer dans les détails tout en vous disant à quel point je le trouve réellement singulier est un exercice de style vraiment pas facile.

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Si j’aime profondément Death Stranding, c’est avant tout pour son écriture, sa mise en scène, son casting, son univers mais aussi pour les valeurs qu’il prône. Des valeurs que je ne partage pas totalement, comme la connection et la reconnection des humains entre eux, des rapports que nous avons entre nous auquel je ne m’identifie pas mais qui j’avoue avoir eu quand même un impact sur moi. En effet, avec Miss Killzone (avec qui j’ai vraiment le plus échangé en fait), Midnailah et Shepard, je me suis vraiment surpris quand au fait que nous échangions énormément autour de nos expériences sur le jeu. De ce fait, j’ai constaté, du moins à mon échelle que Death Stranding prouve un peu ce qu’il nous dit durant notre aventure. Cela dit, le fait de mettre au cœur de son expérience des courses fedex rebutera un paquet de mondes et je le dit mais ça ne m’a pas dérangé manette en main. J’ai également lu qu’il fallait une dizaine d’heures pour s’y faire, que le jeu était même chiant durant ce laps de temps et je vous le dit : je ne suis pas d’accord avec ça. Pour moi, ça a été direct et je n’ai jamais ressenti la moindre lassitude que ce soit durant mes 10 premières heures ou même après que cette critique sortira (j’aurais une cinquantaine d’heures quand je sortirais cette critique).

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Les fameuses quêtes « fedex » donc, servent avant tout la mise en scène autour de Sam Bridges mais en plus, nous ne sommes pas du tout obligé d’accomplir le contenu secondaire pour suivre l’histoire. Néanmoins, je me suis surpris bêtement à perdre pas mal de temps dans les chapitres 2 et 3 à faire de très nombreuses tournées entre les avants postes afin de monter leur barre de confiance pour débloquer pas mal de matos assez utile (rien que l’exosquelette niveau 3 et le Lance Bolas niveau 2 qu’on débloque à condition de faire monter la côte de confiance de deux avant postes dans le chapitre 3, franchement ça aide pas mal). Au passage, que vous ayez 15 ou 30 heures au compteur, Death Stranding s’en moque et vous offrira toujours plus de matos nécessaire à votre confort pour mener à bien votre mission de livreur, ce qui est un tour de force me laissant l’agréable sensation que le jeu ne vous laisse pas tomber au bout d’un quelconque chapitre et « vas y démerde toi avec ta merde et bon courage », c’est même tout le contraire, j’ai toujours ressenti une présence veillant à mon bien être et ça m’a toujours motivé à ne pas laisser tomber et continuer. Bref, oui Death Stranding m’a eu dans ses filets et j’ai adoré me rendre utile sans jamais ressentir la moindre lassitude que ce soit.

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Parce que oui, je me suis surpris à adoré rendre service puisqu’on se sent valorisé après une livraison effectuée de main de maître. De plus, je trouve que le personnage de Sam dégage un charme ravageur, à la limite de la badassitude, y compris dans sa gestion bien personnelle du BB qu’on trimballe. D’ailleurs, on nous présente le BB comme un simple outil pour repérer les Echoués mais quand bien même je n’ai pas d’enfants, je me suis pris d’affection pour ce petit bout de chou réagissant à ce que vous faites, jusqu’au fait de devoir le rassurer quand on se prend une tartine d’emmerdes. Et je vous interdit de reprendre cette information pour la détourner. Je suis une personne dénuée de sentiments et si vous dîtes le contraire, je nierais en bloc, vous accusant de colporter des fake news. Ahem.

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Par ailleurs, Death Stranding à le même effet sur moi que Deus Ex. C’est à dire qu’une fois la console éteinte, j’ai pensé au jeu d’une folie furieuse, à la limite d’effacer complètement les autres oeuvres qui attendent patiemment que j’y jette un œil, même si entre temps un certain Terminator Resistance m’aura offert une petite claque le temps d’un week end (son test pour GamingNewZ à cette adresse). La palette d’émotions que j’ai ressenti dans Death Stranding, elle est simple tout en étant complexe, un peu comme moi, puisque j’y ressent une superbe solitude, couplée à une zénitude qui me fait du bien. Oui, j’ai ressenti une certaine paix de l’esprit quand je me suis plongé dans Death Stranding et je vous avoue que ça m’à légèrement déstabilisé puisque auparavant c’était bien un certain Deus Ex qui m’offrait cette sensation que j’aime ressentir manette en main. Non pas que Death Stranding soit devenu mon jeu préféré, aucune oeuvre ne peut supplanter Deus Ex dans mon cœur, mais ça fait vraiment du bien de ressentir ça de temps en temps, en attendant un prochain Deus Ex…

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Manette en main, Death Stranding est exigeant vis à vis de notre compréhension. Dans mes premières heures, j’ai trouvé que les menus étaient vraiment compliqués à comprendre, mais au fil de mes heures dessus, tout se retient facilement et même une fois le jeu mis de côté quelques jours, le retour s’est fait instinctivement sans devoir me dire « mince, c’est quelle touche déjà ? », ce qui indique clairement que les équipes du studio ont bien pensés à ce que tout soit clair et net. Le gameplay en lui même donc, hé bien, il est sportif mais aussi d’une surprenante cohérence. Sportif puisque vos livraisons sont pour la plupart éprouvantes si vous êtes à pieds (une fois en véhicules, c’est le terrain qui peut rendre ou non la course difficile ou pas), puisque cela va dépendre de la charge que vous porterez. Plus vous portez de lourd, moins vous marchez vite. Pire, la marchandise peut vous faire basculer d’un côté comme de l’autre (et il faudra rééquilibrer avec l’une ou l’autre des gâchettes de la manette, L2 ou R2, voir même les deux en même temps). Et cohérent, puisque tout fait sens dans le gameplay de Death Stranding. C’est difficile à retranscrire à l’écrit mais une fois manette en main, on se rend compte que le gameplay répond à une certaine logique et on comprend au bout d’un petit moment (pour moi le déclic est arrivé vers la trentaine d’heures de jeu), que nous faisons face à un gameplay d’une cohérence rarement atteinte dans le JV. Au passage, nous ne sommes pas dans un monde plat et il faudra bien souvent grimper des falaises, dévaler des collines comme la petite fille dans la Petite Maison dans la Prairie, la gamelle en moins. Mais une fois arrivé à votre destination, un sentiment d’accomplissement vous submerge et vous ressentez alors une fierté qui fait du bien… Avant d’accepter de nouvelles commandes et de repartir à l’aventure.

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Parce que dans Death Stranding, ce n’est pas la finalité qui est importante, c’est le chemin pour y parvenir qui compte avant tout et le sentiment d’accomplissement qui en découle. Comment allez vous appréhender votre commande ? Qu’est-ce que vous allez prendre avec vous pour y parvenir ? Si vous allez vous servir de vos pieds ou prendre un véhicule ? Tout ça sera à vous de voir comment vous vous débrouillez, puisque le jeu ne vous prend aucunement par la main et personne ne vous dira comment accomplir vos livraisons. On vous dit juste votre destination, ce qui se passe avant et durant, c’est votre problème. Au passage, le fait de mettre parfois une chanson durant le trajet, ça marque vraiment et souvent, je me met à repenser à un moment particulier quand je me met à écouter la bande son. Un procédé diabolique.

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Je sais pertinemment qu’une majorité de joueurs et de joueuses détestent être livrés à eux, tant cette génération vidéo-ludique est avant tout assistée en permanence. De plus, ce qui est assez ironique, c’est que parmi ces gens là, personne n’assume ne pas aimer devoir se prendre en main, se débrouiller et être en tête à tête avec soi même. Des œuvres comme Breath Of The Wild et légèrement Days Gone sont critiquées de façon négatives parce qu’elles nous offrent ce genre de « liberté » (avant que vous me disiez que ce n’est pas vrai, les raisons évoquées par leur détracteurs ne sont, pour moi, que des prétextes tout trouvés pour éviter la vraie raison).

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Enfin, toujours sur la partie du gameplay, je trouve que Death Stranding n’est pas une oeuvre vidéoludique à streamer ou à en faire des vidéo sur Youtube. Bien entendu, on peut très bien sans problème, mais pour comprendre ce que Death Stranding veut nous dire manette en main, il est plus facile d’y jouer et de s’y plonger soi même qu’en regardant le jeu sur Youtube ou Twitch via sa streameuse ou son streameur adoré(e). Si vous ne donnez pas sa chance à Death Stranding en prenant la manette vous même et que vous vous contentez de seulement regarder quelques vidéos dessus, vous ne saisirez jamais les vrais aspects et la réelle identité de Death Stranding. C’est assez étonnant pour un Jeu Vidéo, non ?

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Dans le fond, Death Stranding est hyper solide, nourri nombre de questions chez moi et me stimule au fur et à mesure que j’avance dans mon aventure. Et sur la forme… C’est pareil. Death Stranding est absolument magnifique et m’a direct mit une énorme claque dès les premières secondes, les premières minutes et les nombreuses heures durant. Développé sur le moteur Decima du studio Guerrilla (à qui on doit l’exceptionnel Horizon Zero Dawn, ça tombe bien puisque c’est le même moteur ayant servi pour HZD qui remet le couvert ici !), qui à même aidé le studio avec 80 développeurs et développeuses, Death Stranding nous offre non seulement des paysages et des panoramas à couper le souffle en permanence mais aussi nous offre un rendu des visages ultra réalistes à tel point que souvent j’avais un peu de mal à me dire que je me faisais un Jeu Vidéo tant le rendu final est impressionnant et force le respect. Dire qu’il n’a fallu que trois ans et demi pour accoucher d’un tel résultat avec peu de personnes, c’est vraiment incroyable ! Pour finir sur la partie technique, je n’ai eu aucun bug mais un seul petit freeze. En plus de 60 heures, je peut donc dire que je n’ai eu pratiquement aucun problèmes sur PS4 Pro, laquelle fût très silencieuse durant mes très longues sessions sur le jeu. Bref, sur la forme, c’est ultra solide et mis à part dire que j’ai pris des claques à longueur de temps, je n’ai rien à dire.

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Je finis sur la bande son, composée par Ludvig Forsell, je ne vais pas y aller par quatre chemins, elle est absolument divine et restera un sacré bon bout de temps en tête. Par ailleurs, sachez qu’à de multiples occasions que des titres du groupe « Low Roar » se déclencheront lors de vos pérégrinations et m’ont filés à chaque fois des frissons tant ces morceaux se déclenchent à des moments parfaits, trahissant si je puis le dire de cette manière une maîtrise de votre avancée que je trouve diabolique encore une fois. Enfin, Death Stranding embarque une Version Française, hé oui. On n’avait plus vu une VF dans une oeuvre de Kojima depuis le premier MGS sur PS1 (qui reste culte, on ne va pas se mentir). Ici, rassurez vous, c’est trois ou quatre niveaux au dessus et elle est tout simplement d’une excellente facture, mention à celle de Sam Porter, qui est son doubleur français depuis The Walking Dead (oui j’ai déjà regarder TWD en VF et alors ?). Une excellente VF pour Death Stranding donc. Il est donc enfin temps de parler des choses qui fâchent et qui peuvent potentiellement tâcher. Promis, je reste soft.

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Mais là où j’ai des choses à dire de façon négative sur Death Stranding, c’est bel et bien sur les échoués d’une première part et l’énorme message politique que Kojima a mit dans son oeuvre et qui ne passe pas (à moitié) pour moi. En ce qui concerne les échoués, ce n’est pas à proprement le gameplay qui me pose problème, c’est les phases en deux temps que je trouve mal foutue. En gros, quand il pleut, vous savez immédiatement que sur votre route, vous aurez à gérer des Echoués. Grâce à votre BB, votre Odradek qui vous indique où se trouve ces vilaines choses, il vous faudra les contourner et si jamais vous êtes proches d’une de ces gentilles choses et que vous ne retenez pas votre respiration, attendez vous (potentiellement, parce que par la suite, disons que les choses s’améliorent) à un combat de semi-boss où vos grenades hématique auront le dessus (en mode normal, j’ai compté, sans raté votre lancer, que 15 grenades faisaient l’affaire), une fois mort, certes vous repartirez avec une grosse dose de chiralium qu’il faudra ramasser, mais ce qui m’énerve un tantinet, c’est que la zone que vous venez de « libérer », revient pratiquement immédiatement. Non seulement ce n’est pas logique mais ça entre en contradiction avec certains propos du jeu concernant le personnage de Sam. Bref, pour moi, c’est le premier point négatif du jeu.

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Ensuite, les propos politiques que Kojima s’est senti obligé de nous mettre dans son jeu. Avant la sortie de Death Stranding, Hideo Kojima avait confié que sa nouvelle oeuvre était une réponse à l’élection surprise de Donald Trump et son fameux projet d’ériger un mur entre les USA et le Mexique (qui est une réponse au laxisme migratoire du voisin mexicain) ainsi qu’au Brexit, c’est à dire une question soumis au peuple britannique de sortir ou non de l’Union Européenne qui a eu l’opportunité de pouvoir voter au préalable, c’est à dire une décision démocratique, dans une Démocratie, vous savez le truc qui n’a jamais existé en France, si si (il est très utile d’avoir tout les paramètres en main avant d’être précis dans mes propos). Alors déjà sachez que je n’ai aucun problème avec les opinions politiques de Monsieur Kojima et il peut bien penser ce qu’il veut, je m’en moque. Néanmoins, y mettre son avis dans son jeu, là par contre, moi ça me dérange un tantinet, surtout si c’est pour dire des bêtises ou des mensonges. De ce fait, j’ai vraiment un problème avec ce genre de Jeu Vidéo qui m’oblige à bouffer l’avis politique du studio ou de son auteur et généralement, chez moi, ça a tendance à ce que le couperet tombe (ne vous êtes vous jamais poser la question de pourquoi il n’y a jamais eu la critique d’un certain Wolfenstein The New Colossus… ?). En soit, durant mes 15 premières heures de jeu, oui j’ai eu un coup de cœur pour Death Stranding, je l’admet et je l’assume complètement. Néanmoins, à partir du moment où je voit le moindre message politique de n’importe quel bord, pour moi c’est immédiat.

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Quand je joue à un JV, je ne veut pas être dérangé avec quelque opinion que ce soit. C’est comme ça, je n’y peut rien. Je ne joue pas à un Jeu Vidéo pour qu’on vienne me casser les boules avec quelque chose que je retrouve suffisamment au quotidien pour le voir dans un produit qui m’a demandé 70 brouzoufs au préalable. De ce fait, Death Stranding garde son statut de « JV à coup de cœur » mais perd son statut de JV potentiel pour le « GOTY » sur le blog. Parce qu’une oeuvre qui m’oblige à avaler tout cru les opinions politiques de son auteur ne sera jamais un GOTY pour ma part, néanmoins, n’importe quelle oeuvre autre que Death Stranding n’a pas autant de chance que ça mais étant donné les immenses qualités et la solidité dont fait preuve Death Stranding, hé bien, je vais dire que pour une fois, je vais éviter de me montrer trop sévère. Oui je ne veut pas voir de politique, peu importe le message dans un JV, c’est comme ça, je n’y peut rien. Je considère même que la politique n’a pas sa place dans une oeuvre que nous achetons quand même un poil chère. Cela dit, si je fais une exception pour Death Stranding, c’est qu’avec énormément de recul, après avoir bien réfléchi et le fait aussi que parfois je peut faire preuve de magnanimité, je décide de garder Death Stranding dans mes coups de coeur de cette année, car c’est ce que je ressent et que je n’ai aucune peur d’afficher à visage découvert mon avis. Que ça plaise ou non, là n’est point mon problème, c’est le vôtre.

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Ce que j’ai aimé :

  • Un scénario rudement bien écrit, intelligent, d’une mise en scène magistrale, qui répond à toute nos questions tout en étant très limpide de compréhension
  • Les valeurs que prônent Death Stranding et qui te prouve en plus ce qu’il dit par derrière
  • Sam Porter/Norman Reedus, badass, humain, attachant et charismatique
  • Mama (Margaret Qualley), Fragile (Léa Seydoux), Cliff (Mads Mikkelsen), Deadman (Guillermo Del Toro) et Higgs (Troy Baker) ne sont pas en reste non plus
  • J’ai fini par m’attacher à BB…
  • Une motion capture qui balaye la notion « d’Uncanney Valley »
  • Un casting ultra solide qui force le respect
  • Un gameplay d’une cohérence folle
  • Le 4ème mur n’est plus brisé, il est en miettes là
  • Le Social Strand System, nous sommes seuls mais avec la présence d’autres joueuses et joueurs, un système que je qualifie volontiers de révolutionnaire
  • Un fort sentiment de solitude et une oeuvre qui nous fait confiance pour nous laisser nous débrouiller en permanence
  • Un JV qui continue heures après heures de nous dévoiler de nouveaux contenus pour nous aider dans nos livraisons (même après plus de trente heures dessus)
  • Death Stranding peut se jouer de bien des façons différentes selon sa joueuse ou son joueur
  • Une Version Française de haute volée
  • Une immense durée de vie, avec de quoi faire durant un bon bout de temps, si on le souhaite bien évidement
  • Graphiquement, c’est direct une grosse claque dans les gencives pour au fil des heures me maintenir émerveillé avec des panoramas de toute beauté
  • Techniquement ultra solide, avec un seul petit freeze
  • Une Originale Soundtrack inspirée
  • Je n’ai jamais ressenti la moindre lassitude que ce soit avec toujours cette envie de revenir sur le jeu une fois la console éteinte

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Ce que j’ai moins aimé :

  • La partie fantastique qui me perd à la fin de l’histoire dû au fait que Kojima est parti beaucoup trop loin et à failli se perdre lui même on ne sait trop où…
  • Les phases avec les Echoués, c’est contradictoire avec ce qu’on nous dit sur Sam Porter
  • J’aurais très bien pu me passer de l’opinion politique de Monsieur Kojima sur les USA et le Brexit qu’il a bien voulu mettre dans son jeu. Pour moi, c’est non.
  • J’aurais dit oui direct pour un petit mode photo :p

Son appréciation :

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Malgré tout le respect que j’ai pour monsieur Hideo Kojima et les immenses et exceptionnelles qualités de son Death Stranding, je considère que ses opinions politiques auraient très bien pu rester chez lui, afin de nous offrir une oeuvre encore plus grande qu’elle ne l’est. Plutôt que de nous parler de quelque chose de grand, Kojima Productions s’est donc rabaissé à nous parler petit, d’humains à humains préoccupés par les soucis du quotidien, là où finalement je m’attendais à ce qu’on me parle de connection, cette oeuvre m’a déconnecté avec son auteur. A défaut d’avoir d’une oeuvre vidéoludique qui aurait pu me connecter, ce qu’elle à fait d’une certaine manière, elle ne fait que seulement me donner une leçon qui ne me concerne en aucune façon et en aucune manière. Il est donc dommage de voir une oeuvre qui aurait pu être si grande, être au final très petite. Malgré de très grandes qualités et une force d’âme admirable, monsieur Kojima à préféré en faire une tribune de ses propres turpitudes. Cela dit, Death Stranding aurait été une oeuvre magistrale, car elle possède de très solides arguments dans son gameplay, dans ses parties artistiques et techniques (que ce soit dans les graphismes, la motion capture, la bande son). Je n’oserais pas parler de gâchis mais Death Stranding aurait été livré sans qu’on soit obligé d’accepter les opinions politiques de son auteur, qu’il aurait été sans problème mon Jeu de l’Année. Cela dit, ne me mettez pas dans le camp du pour, ni du contre mais entre les deux, celui du joueur expérimenté qui à juste consacré plus de 60 heures à Death Stranding et qui ne vous donne que son avis sur le gros morceau. De vous à moi, donnez sa chance au dernier né de Hideo Kojima, peut être allez vous l’aimer, peut être pas, mais tant que vous ne l’essayez pas, vous ne saurez pas où vous mettre dans l’échiquier (et ce n’est pas votre streameur et votre streameuse adoré(e) qui vous aidera, tenez le vous pour dit). Vous risqueriez donc de peut être passer à côté d’une petite oeuvre qui à tout d’une grande… Au final, Death Stranding décroche le coup du coeur du blog et la note de 8 sur 10 et c’est déjà très bien comme ça.

*Critique, vidéos et screenshots réalisés à partir d’une Version Dématérialisée fournie par Julien Bourey et PlayStation France sur une PS4 Pro.

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