Critique de Medievil (PS4)

Il y a 21 ans, la Playstation, première du nom, nous faisait découvrir Medievil et son étonnant héros, Sir Daniel Fortesque. Acclamé par la critique, le chevalier squelette n’a pourtant eu droit qu’à une courte heure de gloire. Après Medievil II en 2000, le pauvre borgne n’a depuis su se montrer qu’en remastered (de sa première aventure) sur PSP dans Medievil Resurrection. Aujourd’hui, Fortesque revient une nouvelle fois d’entre les morts dans un remake signé Other Ocean Interactive. Réelle remise au goût du jour ou remake old school?

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Gallowmere était un royaume calme où il faisait bon vivre jusqu’au jour où le sorcier Zarok vint troubler la tranquillité de ses habitants. Levant une armée de démons, le nécromancien était déterminé à conquérir les terres du roi Peregrin. Mais un brave chevalier du nom de Daniel Fortesque, bien que grièvement blessé, se mis en travers du chemin du sorcier et l’anéantit d’un puissant coup d’épée. Enfin, c’est ce que les ménestrels veulent bien raconter.

Le champion du roi n’a pas eu le temps de dire ouf qu’il s’était déjà fait embrocher et éborgner par les archers du magicien. Malgré l’échec de son champion, Gallowmere put retrouver la paix pendant cent années, durant lesquelles le nom de Fortesque rimait avec courage et puissance. Jusqu’au jour où Zarok revint et Sir Daniel dû se reveiller de son long sommeil posthume.

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Si le visage de Sir Fortesque m’était parfaitement familier, son aventure, elle, m’était jusqu’alors inconnue. Me voici donc partie en séance de rattrapage d’un jeu datant de 1998.

Nous rencontrons le pauvre édenté (oui, il a pris cher durant son dernier combat, il n’en reste pas grand chose) se levant de sa sépulture et partant en quête d’héroïsme pour son royaume avec dans un premier temps pour seule arme son bras qu’il détache de son épaule à sa guise. Notre chasse au sorcier peut enfin commencer.

À l’instar de Link’s Awakening sur Nintendo Switch, ce remake de Medievil garde sa direction artistique originale, et Other Ocean s’est contenté de reprendre la base de 1998 et lui a fait subir une véritable cure de jouvence. Et le résultat est assez incroyable. En cette période d’Halloween, on est instantanément plongé dans cet univers qui a fait toute la réputation du titre et on admet qu’il n’y avait rien à retoucher de ce côté là. Notre aventure est bercée par une réelle identité sonore, humoristique (qui tire sur le burlesque) et visuelle. Et si on ne peut pas renier sa beauté actuelle, Medievil n’en est pas pour autant un modèle de perfection graphique. Annoncé il y 2 ans durant la Playstation Experience, Medievil souffre un peu de son long développement et de ce fait, sortant en 2019, d’un résultat déjà « dépassé ». Malgré des textures entièrement retravaillées, on aurait aimé un peu plus de netteté et d’ « effets next gen » surtout durant les cinématiques qui perdent un peu de leur superbe à côté des phases de jeu.

Techniquement aussi c’est discutable mais pas insurmontable. Nous rencontrerons occasionnellement quelques bugs qui ne s’en tiennent qu’à quelques ennemis qui se coincent ou restent bloqués dans un mur, ça n’a pas été pour me déranger. Et dans un tout autre registre, les baisses de framerate, rares mais présentes.

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Le déroulement de Medievil n’est qu’une succession de niveaux aux environnements divers et variés. On prendra donc plaisir à les parcourir jusqu’à notre but final: Zarok. Malheureusement, notre engouement pour son univers se voit désenchanté en un claquement d’os par son gameplay. Inutile d’avoir fait le jeu d’origine pour se rendre compte que la jouabilité commence à avoir de la bouteille. Nos premières rencontres avec le bestiaire se passent assez sereinement, c’est assez dynamique et Sir Daniel a un bon coup d’épée. Mais au fil que nous avançons dans notre quête, on ressent un certain mal à cerner le gameplay et comment l’aborder. Faut-il foncer dans le tas ou avancer d’un pas et reculer de 10 devant le moindre ennemi? Bref, on est un peu lâché dans l’inconnu, et il procurera parfois plus de frustration qu’un réel amusement. Et le jeu ne laisse pas beaucoup de marge d’erreur: si on échoue durant un niveau, où que ce soit, retour à la case départ… du niveau. On en retient également des phases de plateformes mais la faculté de Dani à sauter correctement tient parfois du miracle. Je ne compte même plus le nombre de soupirs lancés après avoir perdu bêtement une fiole de vie après un saut raté. Mais fort heureusement, certains niveaux ont su me réconcilier avec le gameplay imprécis, je pense notamment aux domaines et cachots de l’asile. Son plus gros point noir? Une caméra capricieuse qui a tendance a n’en faire qu’à sa tête.

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Dans l’ensemble, notre but est d’aller d’un point A à un point B dans chaque niveau en résolvant des énigmes, en récupérant certains objets et en triomphant de nos ennemis. De temps à autre, ce sont des combats de boss qui finaliseront l’étape mais dans chaque parcours, il ne faudra pas sous-estimé l’importance de remplir et récupérer le calice de chacun d’eux. A rendre aux nombreux héros du Hall des Héros qui pour la plupart moquent notre pauvre chevalier (disponible uniquement en fin de niveau lorsque nous en récupérons un), ils permettent entre autre d’augmenter notre nombre de fioles de vie ou d’obtenir de nouvelles armes. De quoi faciliter considérablement notre avancement. Il vaut mieux parfois refaire quelques niveaux déjà complétés et récupérer les calices qu’il nous manque. Une petite perte de temps salvatrice si on bloque quelque part (coucou les démonettes). Si vous n’êtes pas trop manches (pas comme moi), comptez une petite dizaine d’heures pour venir à bout de l’aventure.

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CE QUE J’AI AIME

  • L’univers
  • Sir Daniel Fortesque
  • L’humour burlesque
  • La musique
  • L’utilité de faire les niveaux à 100%
  • Un rapport qualité/prix parfaitement acceptable

CE QUE J’AI MOINS AIME

  • Le gameplay que l’on a du mal à cerner
  • La caméra inbuvable
  • Quelques soucis techniques

SON APPRECIATION

Les fans de la première heure de Medievil seront ravis de retrouver leur chevalier squelette fétiche dans ce remake. Pour ma part, l’aventure fut parfois plus fastidieuse. Si le côté graphique, sans être parfait, lui redonne un certain coup de jeune, son gameplay archaïque nous rappelle qu’il n’est pas né de la dernière pluie. Ses défauts nous sautent aux yeux mais malgré ça, on garde un excellent souvenir de l’univers de Medievil, de sa bande son, de son humour omniprésent et surtout de son héros. Si mon avis reste assez mitigé, je n’en reste pas moins sous son charme d’une certaine manière.

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*Critique effectuée sur PS4 Pro grâce à une version dématérialisée fournie par mon hôte, Playstation France et Julien Bourey que je remercie chaleureusement.