Critique de Concrete Genie

Sorti dans un anonymat quasiment complet et sans campagne marketing habituelle, la dernière oeuvre du studio Pixelopus nous place dans les pixels d’un certain Ash, livré à lui même dans une ville sombre et morte. Toile de maître ou croquis sur un bout de nappe ?

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Dans une ville portuaire anciennement animée du nom de Denska, le jeune Ash est solidement vaqué à son occupation première : le dessin. Solitaire et ne souhaitant pas vraiment se faire des amis, Ash se réfugie alors dans son monde imaginaire et se crée des compagnons quand il est dérangé par une bande de cas sociaux de jeunes voyous qui le brutalisent sous couvert de « on ne fait que t’embêter allons » et le jette tel un malpropre, après lui avoir déchirer son carnet de croquis (c’est totalement gratuit, beh oui !), direction le phare supposé hanté de la ville. C’est ainsi que commence Concrete Genie.

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Avant d’aller plus en avant dans l’histoire de Concrete Genie puisque ce dernier propose quand même pas mal de sujets assez difficile et les exposent de façon brute. Par exemple, les conséquences d’une marée noire avec la situation actuelle de Denska, ville morte où plus personne n’y vit et est devenu un cimetière pollué à ciel ouvert. Ensuite, des sujets tels que la solitude, le harcèlement, l’esprit créatif, le repli sur soi et bien d’autres sujets un poil bien plus naïf que je ne l’aurais hélas pensé comme la justification des agissements de cette bande de couillons livrés à eux même… Pour avoir grandi dans un milieu compliqué, je peut vous dire de façon nette que ce que j’ai vu dans Concrete Genie tient réellement du conte de fée à la Disney et est très loin de la réalité. En soit, ça m’a légèrement déçu de voir qu’une oeuvre tombe dans une certaine facilité et ne fait finalement qu’être un poil perdu dans son monde imaginaire bien à lui…

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Mais revenons à notre petit Ash qui, arrivé au phare, se voit offrir la mission de sa vie : remettre la lumière dans la ville de Denska au sens littéral du terme mais au sens imagé. Puisque une entité fantastique prenant les trait de son ami imaginaire Luna lui confie le destin d’être l’ambassadeur de la lumière, face aux ténèbres présentes dans toute la ville. C’est ainsi que bon gré, mal gré, notre tout juste nouveau héros accepte sa mission et décidera de prendre à bras le corps le destin d’une ville qui l’a jadis vu grandir.

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Au programme de Concrete Genie : quartier par quartier, vous allez devoir allumer les ampoules histoire de chasser les ténèbres, puis à l’aide de vos génies ayant tous une capacité (le feu, le vent et l’électricité), résoudre des petites énigmes pas bien difficile pour libérer le dit quartier et ainsi finir par tout récupérer. Sauf que sur le papier, vous me direz que ça n’a pas l’air très passionnant mais une fois manette en main, le jeu joue sur votre imagination. Vous avez un mur, faîte en ce que vous voulez, avec les croquis qu’on vous propose. Et c’est diablement efficace puisqu’on peut réellement laisser libre court à notre imagination et je dois bien avouer que ça fait du bien. Sauf quand l’autre bande de petits cons est dans les parages… Il faudra donc les éloigner et les emmener dans une autre partie afin d’avoir la paix et ça marche assez bien. La liberté créative que Concrete Genie fait preuve marche très très bien et je me suis surpris à passer littéralement 5-10 minutes à décorer un mur et ainsi créer une sorte de petit espace pour les génies d’Ash. Au passage, les développeurs ont carrément implanté un système d’interaction avec eux et on peut carrément les aider avant qu’eux nous aident. C’est d’une diablerie, je ne vous en parle même pas. Enfin si.

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Puis arrivé à un moment du scénario, ce dernier prend un tour inattendu et c’est aussi là que Concrete Genie m’a perdu pour me retrouver à la toute fin de son histoire. A la suite d’un événement que je n’expliquerais pas, les ténèbres de la ville prendront le contrôle des génies d’Ash pour les transformer en menaces. Ce dernier n’aura pas d’autres choix que de les affronter mais aussi faire ami-ami avec la bande de cons qui l’ont quand même brutaliser plus tôt. Et c’est là que je dois bien dire que Concrete Genie me déçoit littéralement. Que cette oeuvre soit à destination des jeunes joueurs et joueuses, j’en conçoit parfaitement et si j’aurais un enfant, sûrement que je le laisserais y jouer mais que ce soit aussi niais et naïf, on frôle quand même le grand n’importe quoi et c’est un peu dommage puisque Concrete Genie démarre et finit vraiment bien.

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Sauf que… La fin en elle même, si on à un coeur et qu’on a un bon fond, on est un peu obligé de sortir le mouchoir tant la fin est émouvante et on ressent vraiment un gros pincement au coeur pour notre petit Ash, qui a vraiment un énorme coeur et une âme noble, vraiment. Je l’assume parfaitement mais j’ai lâché une grosse larme tant je m’attendais vraiment pas à ça et rien que d’écrire cette critique, je peut vous dire que les larmes montent un peu ahah… ^^ Il y en a du coeur dans ce passage de la critique, non ?

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Bref. Côté gameplay, mis à part une certaine rigidité dans les déplacements d’Ash, tout répond super bien, y compris la reconnaissance de mouvement de la manette quand on peint nos petits murs et je n’ai rien de spécial à dire là dessus.

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Graphiquement parlant, Concrete Genie est absolument magnifique et les screenshots, pris avec le mode photo implanté dans le jeu, parleront sûrement pour lui sans problème. On à l’impression de jouer carrément à un dessin animé et la « patte » artistique est absolument superbe pour moi. Côté technique, rien à signaler, pas de ralentissements, pas de freezes, pas de bug, du moins sur ma PS4 « fat », c’est dit. De plus, le sentiment que nous sommes bien traité est conforté par une Version Française de haute volée ainsi qu’une bande son très douce et très mélancolique, qui accompagne chacun de vos pas dans Denska avec une justesse et une présence tantôt rassurante, tantôt bienveillante. Du vrai travail de composition, pour ne pas dire d’orfèvre donc.

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Un mot sur la durée de vie de Concrete Genie. De mon côté, je l’ai fini d’une traite et je suis arrivé à la fin au bout de 6 heures de jeu environ, en ligne droite et sans forcément chercher à le platiner. Je ne sais pas si je me lancerais ce défi, étant donné que le temps, en ce moment, est assez compliqué de mon côté mais la « faible » durée de vie ne m’a pas du tout dérangé. En effet, j’ai vécu une aventure maîtrisée de bout en bout, sans temps mort ni chi chi (et encore moins de Bulma) et une fois le générique de fin qui arrive, j’en redemande encore, tant il y a de la matière à faire une suite plus longue, plus travaillée et encore plus belle que ce premier essai très concluant même si il y a des défauts ici ou là.

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Ce que j’ai aimé :

  • Certains sujet comme la solitude et le harcèlement, plutôt bien traités
  • Notre petit Ash, j’ai envie de te faire un câlin mon petit pote
  • La patte graphique, je trouve Concrete Genie vraiment superbe
  • La Version Française, juste comme il le faut, c’est parfait
  • La bande son, que je trouve vraiment très belle
  • Les interactions avec les Génies, ça c’est bien trouvé
  • Une aventure courte mais très intense
  • Le mode photo, qui ne rame pas LUI (comprendra qui pourra)

Ce que j’ai moins aimé :

  • La justification des agissements de la bande de jeunes cons, ça ne passe pas pour moi
  • Je veut une suite genre tout de suite maintenant
  • C’est vraiment dommage de voir que le jeu n’a pas eu de publicité à proprement parler…
  • Sinon, comment ça va vous ? Heureux(se) en ce moment dans votre vie ?

Son appréciation

Concrete Genie m’éblouit avec son humanité mais me déçoit un tout petit peu par sa naïveté. En ressort quand même une oeuvre sortie dans une totale ignorance, sans aucune publicité et c’est vraiment dommage. Bien que Concrete Genie frôle de très peu le coup de coeur du blog, il n’en reste que la production de Pixelopus mérite vraiment le coup d’oeil. De plus, au prix où c’est proposé, je pense que la prise de risque est vraiment minime. Du coup, je vous le dit, vous pouvez foncer, vous ne le regretterez peut être pas.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une Version PS4 dématérialisée fournie par PlayStation France et Julien Bourey que je remercie du fond du coeur ❤

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