Critique de Blair Witch

Tout commence en 1994 dans la forêt de Black Hills, trois cinéastes amateurs souhaitaient éclaircir l’étrange légende autour de la sorcière de Blair. Mais seul le film fut retrouvé… Sorti en 1999, le film Blair Witch Project fut un immense carton à l’international (tourné avec 60000 $, il a rapporté 240 millions mine de rien) et lança la mode du « found footage ». 20 ans plus tard, le studio Bloober Team nous propose de retourner dans cette fameuse forêt… Avec réussite ?

blair-witch-2019-4k-zr

Critique et captures d’écran garantie sans spoils.

Edité par Lionsgate Games et développé par le studio Bloober Team, à qui l’ont doit les Layers Of Fears et Observer, Blair Witch est sorti le 30 août sur PC ainsi que sur Xbox One (il est compris dans le Xbox Game Pass) et pèse environ 14 GO sur le disque dur et vous demandera 30€. Suite directe du film, il prend place en 1996, deux ans après la disparition des trois vidéastes amateur. Vous incarnez Ellis, un ancien policier qui décide de se joindre aux recherches pour retrouver un petit garçon disparu dans la fameuse forêt de Black Hills. Accompagné de son fidèle compagnon à quatre pattes, Bullet, Ellis s’engouffre alors sur le terrain de chasse d’une légende terrifiant la région…

Blair Witch 2.PNG

Au programme : vous allez devoir explorer la forêt et vous servir des sens affûtés du gros toutou pour retrouver un petit garçon disparu. Très vite, les premiers événements paranormaux arrivent (moins de deux heures de jeu à peu près) et immédiatement, le soufflet retombe quasiment, la faute au média en lui même. En effet, quand on souhaite distiller la peur, on ne le fait pas de la même façon avec un film ou un Jeu Vidéo. Ici, pour donner de la consistance et de la peur, on fait « intervenir » d’étranges créatures nocturnes et invisibles très sensibles à la lumière de votre lampe torche. Le seul moyen de vous en débarrasser sera donc d’observer attentivement votre chien qui vous indique leur emplacement et de viser avec votre lampe et le tour est joué. Ces séquences en particulier rappelle fortement un certain Alan Wake. De plus, Blair Witch regorge de petites énigmes ici ou là, avec une particularité, celle de votre caméscope et des cassettes rouges. En effet, les cassettes rouges ont des indices qu’il faudra « extraire » et récupérer dans notre réalité à nous comme par exemple une porte fermée est ouverte dans une cassette et le sera comme par magie après visionnage. Oui, on peut dire qu’il se passe des choses vraiment étrange dans cette forêt.

Blair Witch 3

Un mot sur le personnage que vous incarnez, Ellis. Au contraire du trio disparu du premier film, ce dernier possède ses propres démons bien à lui. Différents thèmes sont évoqués comme le syndrome post traumatique après la guerre, la culpabilité, la colère, la tristesse. Ellis en prendra du coup plein la gueule au fur et à mesure de votre avancée. Néanmoins, ce très cher Ellis à la petite particularité de se foutre complètement de ce qui se passe devant lui. En effet, le paranormal et toute ces conneries de sorcière et plus si affinité n’est définitivement pas « son truc ». Quand bien même, ça pendouille en face de lui, rien à faire, coup de lampe torche et hop fin du problème. On rajoute à ça la présence du chien et le sentiment de peur est presque atténuée. Un mot quand même sur ce brave toutou, plus vous avancez dans le scénario, plus vous vous prendrez d’affection et plus vous remarquerez que vous prenez soin de lui de façon naturelle, comme si c’était votre propre compagnon canin. Néanmoins, sa présence réduit fortement le sentiment de peur pour laisser place à un malaise constant mais j’admet volontiers avoir eu peur par 6 ou 7 occasions mais c’est une donnée relative à tout un chacun et on ne peut hélas pas quantifier une telle chose.

Blair Witch 4

Cela dit, je trouve que Bloober Team à réussit une chose que je trouve étonnante : c’est la forêt ou plutôt son ambiance. Quand vous commencez par vous y engouffrer, tout va bien et on se dit que c’est finalement une simple forêt… Sauf que très vite, le sentiment d’être mal à l’aise arrive, même si nous sommes en plein jour. Certes, Blair Witch ne fait peur qu’en de très rares occasions mais le sentiment de malaise lui ne m’a jamais quitté et rien que pour ça, c’est franchement réussi. Quand au scénario en lui même, il s’avère être finalement en dent de scie. Si l’idée de départ est plutôt intéressante, la suite se corse et s’avère finalement assez décevante, malgré un ou deux passages plutôt bien trouvés mais ça s’arrête là. Quand au final qui s’éternise durant une bonne heure et demie, c’était franchement un peu lourdingue. Enfin, il y a plusieurs fins prévues et celle que j’ai obtenu ne m’a ni déçu ni satisfait mais me laisse plutôt de marbre.

Blair Witch 5

Blair Witch propose quelques petites choses qui contribue à une bonne immersion, c’est l’interactivité. En effet, Ellis réagit, comme nous d’ailleurs, à son environnement. Par exemple, le téléphone sonne, il s’exprimera en conséquence, quelque chose d’étrange arrive, Ellis en parlera, Bullet s’éloigne un peu trop, Ellis réagit  (d’ailleurs, il faudra réellement s’occuper du toutou, le caresser pour le rassurer ou le complimenter, rester au près de lui et ainsi de suite), tout est fait pour vous immerger du mieux possible et c’est fait avec beaucoup d’intelligence.

Blair Witch 6

Mais dans l’ensemble, Blair Witch me déçoit un petit peu. Non pas qu’il soit « mauvais » mais plutôt à cause du format auquel il appartient, c’est à dire un JV. Non pas que ce soit une mauvaise idée que de faire un Jeu Vidéo dans l’univers de Blair Witch (j’ai toujours voulu une suite directe de qualité au premier film peu importe le format) mais c’est plutôt les ajouts pour faire peur qui me déçoivent. Il est très difficile de garder les joueurs et les joueuses captivés en renouvelant les situations qui font peur tout en faisant en sorte de ne pas tomber dans le train fantôme et pour cela, le studio à donc opter pour les mystérieuses créatures nocturnes qui nous attaquent de nuit (forcément…). Cet ajout est pour moi inutile et nuit fortement à la fidélité de cette suite envers sa saga à laquelle elle est attachée. Parce que je me considère comme un fan pour un film qui aura marqué mon enfance et même encore maintenant…

Blair Witch 8

Parce que oui, Blair Witch m’a marqué durablement. Cela fait maintenant 20 ans que le premier film est sorti (les suites sont de petits films sans envergure entachant un film exceptionnel), et Blair Witch me marque encore. Quand je l’ai découvert plus jeune, je devais avoir 11 ou 12 ans, on peut dire que je suis tombé dans le panneau voulu par les producteurs et j’ai longtemps cru que c’était un vrai film jusqu’à ce que je découvre que ce n’était qu’une fiction montée de toute pièce. Mais le fait de rendre tout ça assez réaliste aura eu raison de ma crédulité de l’époque et même encore maintenant, je considère que Blair Witch est un film culte dans son genre. Lui donner une suite officielle mais sous forme d’un Jeu Vidéo n’est pas une mauvaise idée en soi, c’est juste le résultat final de Bloober Team qui déçoit très légérement. Des ajouts qui dénature un tantinet les codes instaurés dans le film, une écriture un peu « mécanique » et qui ne me surprend même pas (le coup du gamin et le pourquoi du comment Ellis va vouloir le retrouver, il est captable à dix bornes à la ronde mine de rien…) et surtout une oeuvre assez courte et sans envergure autre qu’explorer un peu plus cette mystérieuse forêt font que j’en ressort avec 4-5 heures nécessaires pour finir le jeu un poil « circonspect ». Ou indécis. Ou pas franchement convaincu de ce que je viens de « jouer » si vous préférez. Même si pourtant, j’ai passé un « bon » moment manette en main.

Blair Witch 9

Du côté technique de la chose, sachez que Blair Witch se joue exclusivement à la vue FPS, un choix qui rebutera forcément une partie du public mais une habitude pour le studio. Graphiquement parlant, certaines effets de lumières sont absolument superbes mais ce n’est pour autant pas la folie et c’est assez dommage. C’est joli mais loin d’être magnifique et surtout nous sommes loin des possibilités qu’offre une Xbox One (sur PC, je n’imagine même pas…). C’est une habitude après un certain Observer, il faut ranger ses exigences au placard sous peine de ne jamais finir une production Bloober Team. Des ralentissements, des saccades, un peu de tearing mais fort heureusement pas de freeze intempestif. Le tout oscillant entre 30 fps et même un peu moins, Blair Witch est loin d’être irréprochable de ce côté là. Mais ce que je reproche à Blair Witch, c’est bien son système de sauvegarde manuelle d’une autre époque. En effet,  il a fallu que je m’arrête durant mon aventure et pour cela il a fallu que je sauvegarde. Le lendemain, j’ai eu la joie de découvrir que le jeu se foutait complètement de ma sauvegarde manuelle, avait charger une sauvegarde automatique et m’avait remis une demi heure en arrière, faisant que j’étais obligé de me retaper un moment que j’avais trouvé un peu « chiant ». D’un autre temps cette histoire de sauvegarde.

Blair Witch 13

Ce que j’ai aimé :

  • Une suite à Blair Witch, c’est intéressant sur le papier…
  • Le chien Bullet
  • L’ambiance de la forêt, elle est vraiment très bien foutue
  • Un sentiment constant de malaise
  • Une expérience plutôt courte, environ 5-6 heures chez moi

Ce que j’ai moins aimé :

  • …Mais qui déçoit une fois manette en main dû à un scénario décevant
  • On repassera du côté de la fidélité parce que c’est tout sauf fidèle à l’oeuvre originale
  • Des moments très rares où j’ai vraiment eu peur (moins de 5 durant toute l’aventure)
  • Aucune rejouabilité ou d’envie de se relancer pour voir les autres fins
  • Des soucis techniques ainsi qu’un système de sauvegarde d’une autre époque

Son appréciation :

Je l’attendais de pied ferme ce Blair Witch. J’en ressort un peu déçu de ce que j’ai joué même si j’ai passé un bon moment, ce qui est s’avère être assez paradoxal j’en conviens bien. Bloober Team s’en sort à peu près « bien » dans le sens où il propose des features assez solides comme par exemple le chien Bullet mais perd la fidélité de l’oeuvre de base avec des mécaniques propre à un JV qui éloigne ce dernier des « codes » de la franchise. Je souhaite toujours autant une adaptation en JV de Blair Witch mais celle du studio derrière Observer me laisse carrément sur ma faim, c’est vraiment dommage…

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une Version Xbox One dématérialisée et d’une Xbox One S, via le Xbox Game Pass.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s