Critique de Sniper Ghost Warrior 3

Sorti le 25 avril 2017 sur PS4, Xbox One et PC. Edité et développé par CI Games. Critique réalisée à partir d’une version PS4 dématérialisée achetée par mes soins.

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Sans lien scénaristique avec son prédécesseur, Sniper Ghost Warrior 3 vous fait incarner Jon North, un sniper des US Marines, envoyé dans la Géorgie moderne afin de neutraliser les leaders séparatistes qui menacent l’unité du pays. Disposant d’un équipement, d’un armement et d’une organisation pour le moins inhabituel pour ce type de manœuvre à la fois politique et militaire, les méchants pas gentils leaders séparatistes sont soutenus par une puissance étrangère tenue secrète au début du jeu. D’ailleurs, Jon North n’est pas là que pour le boulot puisqu’il recherche activement son frère Robert, disparu au cours d’une opération précédente, détenu dans la région selon des sources crédibles. Jon peut compter sur l’agent de renseignements Frank Simms qui lui fournit de nombreuses informations et supervise sa mission, sur une opératrice recrutée pour l’occasion : Lydia Jorjadze, mercenaire et ex-membre du SFB géorgien (service secret géorgien fictif) et enfin sur Raquel Shein, agent du Mossad (les services de renseignements israëlien), présente dans la région pour une mission bien précise. En effet, les intérêts de la demoiselle convergent avec la mission de Jon puisqu’elle est lancée à la poursuite de Sergei Flostov, un scientifique vendant ses services au plus offrant et qui a été localisé comme de par hasard dans la région.

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C’est peu ou prou le début scénaristique de ce Sniper Ghost Warrior 3. L’écriture ne brille pas particulièrement mais se montre suffisamment efficace pour tenir la baraque en place si je puis dire, puisque le tout fait réellement penser à un scénario de film de série b, le genre qui est écrit, tourné, monté et distribué pour engranger quelques biftons et faire passer le temps aux gens un dimanche pluvieux (et encore je reste gentil). En résulte un scénario que je ne considère pas étant un point majeur mais j’avoue avoir un petit faible pour le personnage de Lydia qui est tout sauf le cliché habituel de ce genre de production. Femme forte, indépendante mais suffisamment « humaine » dans ses réactions et ses propos pour être assez crédible pour vous en parler. Sans parler de Jon, qui est l’archétype même du GI Joe américain propre sur lui, innocent, distribuant des cartouches dans la gueule des méchants avec la classe qui va bien. Manque plus que le « fuck ‘merica yeah » quand on dessoude un camp à nous tout seul pour parfaire le tableau.

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Quand au reste du scénario, classique, conventionnel et sans surprises, puisque on devine très vite l’élément perturbateur avant qu’il ne nous tombe sur le coin de la tête, il est articulé en sortes de missions principales et secondaires où chacun de vos gestes ont, sur le papier, une incidence de façade, puisque les missions annexes ainsi que les cibles prioritaires que le jeu vous propose ont toute la finalité « d’aider » la résistance de la région. En effet, le contenu secondaire de SGW3 (ouais on va appeler Sniper Ghost Warrior 3 de la sorte, ça va plus vite) sert avant tout à renforcer la Résistance, du moins sur le papier parce que… Hé bien parce que… On ne rencontre jamais les gentils résistants en fait (même si je n’en avait rien à foutre de la Résistance, il faut bien le dire comme tel). Parce qu’il est assez cocasse de se rendre compte que la dite résistance doit attendre patiemment qu’un Sniper, non identifié comme tel, vienne foutre le bordel dans la région pour se ressaisir et se bouger, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde mais pourquoi pas après tout.

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Et dans la partie principale, le JV est divisé en actes (5 pour être précis) dans lesquels vous aurez vos objectifs afin de mettre à mal l’organisation des Séparatistes. L’occasion de tuer des cibles hautement dangereuses et prioritaires et/ou de s’infiltrer dans des lieux immenses en terme de superficie. Bref, du classique et du vu et revu mais qui fait le travail de façon efficace. Plus vous avancez dans vos quêtes principales, plus l’Open World vous ouvre de nouvelles zones avec de nouvelles missions principales, secondaires, cibles prioritaires et lieux d’intérêts (symbolisé par les « ? » sur la map).

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Mais pourquoi donc ce SGW3 est aussi addictif ? Hé bien parce que le jeu vous laisse vous débrouiller tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e). En effet, vous êtes libres d’accomplir vos missions comme vous l’entendez avec un petit objectif optionnel histoire de rendre la mission plus corsée mais sans jamais vous obliger à le faire. Rien que sur ce premier point là, SGW3 est réellement une bonne surprise en ce qui me concerne. Ensuite, c’est sa liberté d’expression qui me surprend puisque non content d’avoir assez d’intelligence pour considérer son joueur comme étant intelligent et de le laisser jouer sans être constamment sur son dos, le jeu ne nous prend pas pour une bande de cons et nous parle normalement. Ça n’a l’air de rien dit comme ça mais il arrive à faire accepter son scénario de série B en étant totalement libre dans ses propos et à s’adresser à nous, son joueur et sa joueuse comme étant des adultes suffisamment cultivés pour comprendre les enjeux derrière les événements militaires et politiques qui secouent cette région de Géorgie. Cela fait vraiment du bien d’avoir encore ce genre de JV, j’insiste sur ce point très précis.

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Et au niveau liberté, SGW3 prend le chic de vous laisser vous organiser en amont et lors de vos missions. En clair, sachez que vous allez devoir vous organiser au niveau de vos munitions, de vos équipements, de vos armes et de votre mission avant de partir sur le terrain (ou non, c’est vous qui voyez). De ce fait, j’ai toujours eu envie de poursuivre ma mission et de faire le contenu qui m’était alors proposé. La liberté insufflée est l’un des gros points positifs et participe grandement au fait que j’adore réellement ce SGW3. Néanmoins, ce plaisir de jeu se paye cash avec différents petits points négatifs qui, dans d’autres productions vidéoludique auraient à coup sûr eu le dernier mot et m’aurait fait abandonner sans demander mon reste. Ce premier point, c’est la technique. J’en ai fait des JV et SGW3 peut se targuer d’être l’un des moins optimisé pour la PS4 depuis AC Unity sans aucun problème. Des freezes pour un rien, avec en plus la satisfaction de devoir recommencer carrément la mission en intégralité (c’est cadeau !), une console qui s’emballe pour pas grand chose, des temps de chargement qui demande de la patience (et pas qu’un peu…), des commandes qui ne veulent pas s’activer, une IA à la ramasse pour après devenir complètement folle et agressive (pour débarquer à 10-15 d’on ne sait où, c’était un très grand moment d’action, je peut vous le dire…). Bref, du côté de la technique, c’était pas la joie.

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Mais comment il se joue alors ce SGW3 me demanderez vous ? En vue FPS où on voit ses petits pieds-pieds, vous avez le choix entre votre fusil de sniper, votre arme secondaire (ça va du pompe aux fusils d’assaut jusqu’à l’arc à poulies), à votre arme de poing et vos gadgets (votre drone est très utile au passage). Avec tout ce joli matos, vous allez accomplir vos missions sans que vous ne soyez gênés dans votre modus operandi. En résulte toujours un auto renouvellement de vos sessions et de votre manière de jouer. Vous voulez la jouer full sniper ? C’est possible. Vous la faire John Rambo au rentre dedans, grenades comprises ? C’est toujours possible. Ou bien y aller au corps à corps ? C’est toujours possible. Et même faire un mix des trois comme je le fait de coutume, vous avez toute latitude pour accomplir vos objectifs sans que le jeu ne vous juge. SGW3 à beau m’avoir appris, à la dure, comment me débrouiller au fusil de précision, j’essaye d’alterner cela avec mes méthodes très barbares. Et ça marche ! En effet, chacune de vos actions sont récompensées par des points d’expériences que vous pourrez répartir dans trois arbres de compétences bien distincts : Sniper(,) Ghost (et) Warrior. Le JV porte très bien son nom.

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Du côté des graphismes, SGW3 souffle le très joli et le passable et encore je reste plutôt gentil. Du côté du très joli, les environnements et les paysages sont vraiment superbes, il est d’ailleurs dommage de ne pas avoir un mode photo pour immortaliser tout ça, ils m’ont toujours donner cette envie de rester quelques secondes pour observer un peu la vue du moment. D’ailleurs, pour varier les plaisirs, SGW3 est articulé en semi open world, trois pour être précis, se montre très varié et ont tout les trois un cycle jour-nuit avec gestion ou non de la pluie. La palme, revenant, à mon humble avis, à la carte dans les montagnes enneigées. Et du côté du passable, les cinématiques avec des visages renvoyant tout droit à la génération précédente.

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Enfin, sachez que Sniper Ghost Warrior 3 vous propose un doublage entièrement en VF (qui fait le taf, mention à celle de Raquel, très caricaturale mais qui lui va plutôt bien bizarrement) et que du côté de la bande son, cette dernière est divisée en plusieurs sortes, puisqu’on à droit aux musiques régionales, très ukrainienne à l’oreille, à des musiques d’ambiance accompagnant votre infiltration où vos coups de forces et enfin du gros son « wesh ta vu sisi ». En ce qui concerne cette partie de la bande son, le « rap » donc, et bien que nous soyons en Europe de l’est, le rap présent dans les radios et même au bordel du coin (avec les madames qui dansent et tout et tout ouais) nous rappel aux bons souvenirs du Bronx à New York, les habitants en moins, offrant alors un mélange des saveurs atypique et très vivre ensemble. Ouais j’ai osé, je suis taquin parfois. D’ailleurs, quand je me fait une session de SGW3 et que j’entends les fameux « sons » qui passent, sans aucune explications, j’offre alors de (très) grands moments de poésie (vous n’avez pas idée à quel point je suis poète !). On s’amuse comme on peut en 2019 après tout.

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Un mot sur le contenu du Season Pass, qui est complètement gratuit, et qui propose deux campagnes solo. Appelées « La fuite de Lydia » et « Le Sabotage », elles nous font incarner tout à tour Lydia et un autre personnage que je tairais afin d’éviter tout spoil. Les deux campagnes se situent chronologiquement parlant avant les événements du jeu. En ce qui concerne la première campagne, elle dure une petite heure avec deux missions et relate la vengeance de Lydia vis à vis d’un méchant vilain pas gentil. Toujours la même façon d’y jouer que le jeu de base, rien ne change. Pareil pour la seconde campagne, où on a quand un poil plus de liberté avec une très petite à explorer avec missions principales, annexe, points d’interrogations et cibles prioritaire. Le tout vous tient sans problème trois petite heures si vous faite tout le contenu, moi je me suis cantonner à la partie principale n’aimant pas le personnage que nous incarnons, même si cela reste assez intéressant à suivre, surtout la mission de fin qui est assez spectaculaire en soit. Bref, c’est gratuit et c’est du bonus qui ne se refuse absolument pas.

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Mais alors pourquoi, au contraire de ce que j’ai pu lire sur lui, je le trouve addictif et assez singulier à notre époque ? Il faut savoir que ce SGW3 ne révolutionne rien et ne propose rien de bien nouveau au pays des FPS en monde ouvert. Il rappel furieusement un certain Far Cry, la langue de bois en moins. Parce que c’est précisément là dessus que SGW3 s’en tire haut la lunette de précision. Malgré ses multiples souci techniques, j’ai toujours eu cette envie folle de poursuivre SGW3 parce que je m’y sentais plus que bien. Cette impression que le jeu ne me prenait pas pour un débile, me laissait gérer mes missions comme je le sentais et surtout que l’écriture me respectait, fait que ce Sniper Ghost Warrior 3 est une très grosse surprise pour moi. Il est assez dommage de voir, une fois de plus, que ce genre d’oeuvre ne rencontre pas le succès qu’elle mérite, puisqu’il est vrai que le jeu ne réinvente rien, se veut être un Far Cry-like comme il en existe beaucoup mais il se démarque réellement du matériel auquel il s’inspire. Il est assez dommage que CI Games, avec le peu de moyen qu’il possède et je ne leur en blâme pas vraiment, puisque je rappel que le studio est indépendant (beh ouais, il s’édite tout seul comme un grand) n’a pas pris le temps de revoir vite fait la partie technique de son titre AA. En espérant que pour le prochain opus appelé Contracts, tout soit clean parce que je sais d’avance que je craquerais direct.

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Ce que j’ai aimé :

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  • La liberté de ton de l’oeuvre
  • Une assez bonne Version Française
  • Des cartes semi ouverte très dépaysantes, ainsi que les décors que je trouve magnifique selon l’heure du jour ou de la nuit
  • Les citations à chaque changement d’actes, ça me rappel la série « Condor » et j’adore le procédé
  • Une liberté offerte aux joueurs(ses) qui fait du bien
  • Les personnages de Raquel et Lydia ❤
  • Notre personnage qui est doué de la parole
  • Une très grosse durée de vie sans jamais être répétitif
  • Le Season Pass offert
  • La campagne « La fuite de Lydia »

Ce que j’ai moins aimé :

  • La campagne « Le Sabotage »
  • La technique. C’est une grosse catastrophe.
  • Les cinématiques qui font très génération précédente dans leur genre
  • J’aurais bien aimé un mode photo
  • J’aurais bien aimé pouvoir convertir mes points d’expérience d’un arbre de talents à l’autre quand il est rempli histoire de ne pas perdre de points d’expérience dans le vent

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Son appréciation

Malgré une technique qui est, il faut bien le dire, le gros point faible de ce Sniper Ghost Warrior 3, j’ai pris un immense plaisir à me plonger dans cette région Géorgienne en proie à la guerre civile. Doté d’un scénario de série b et de personnages caricaturaux, SGW3 nous propose en contrepartie une oeuvre intelligente dans ses propos ainsi que dans ses mécaniques de gameplay. En résulte alors le constat que j’ai été respecté par une oeuvre qui ne m’a jamais pris pour un con, que ce soit dans ses propos ou dans ma manière d’accomplir les multiples missions proposées. Je suis assez curieux de la prochaine itération de CI Games de ce fait. J’espère juste que le studio travaillera la partie technique, puisque je ne suis pas sûr de faire encore preuve de patience pour un bordel de ce genre si cela reviendrais à se reproduire…

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une Version PS4 dématérialisée, achetée par mes soins.

4 commentaires

  1. Bonjour,
    Me voilà tombé quasi par hasard sur cet article (que je trouve bien écrit !) et je constate qu’on est bien peu à avoir apprécié ce jeu pour ce qu’il avait à offrir.
    La technique est à la peine certes (et encore je joue sur PC où je n’ai pas rencontré vos problèmes) mais les points positifs qui en font un jeu bien singulier contre balance le tout sans peine (je remarque qu’on a aimé les même trucs dans SGW3). Pour ma part j’ajouterais un gros point pour la façon dont le jeu nous fait vivre l’expérience du tir à longue distance. Je ne parle pas des effets bullet-time ni de l’aide à la visée que j’ai désactivé d’office. Sincèrement c’est le seul jeu de sniper que j’ai eu entre les mains où la feature est si bien fichue qu’elle en devient agréable et naturelle à utiliser. Pourtant avec la gestion de la distance + la hausse + le sens du vent + la force du vent il y a de quoi en dégoûter plus d’un. Mais non. Ce jeu brille particulièrement pour ça je trouve.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour ! Merci pour votre commentaire, je suis content que la critique vous plaise et encore merci ! Il faut bien avouer que ce SGW3 il est vraiment cool et ses problèmes techniques, c’est une chose mais le plaisir de jeu en est une autre de plus importante pour moi. J’ai réellement passé un moment de plaisir dessus et je sais que le prochain, le Contracts, je le prendrais à coup sûr parce que j’ai vraiment hâte de m’y remettre 🙂 Comme vous le dîtes, les sensations sont vraiment excellentes même pour un novice comme moi dans le tir de précision et ça, je considère que c’est la marque des « grands » JV 🙂

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