Critique de A Plague Tale Innocence

Sorti le 14 mai 2019 sur PS4, Xbox One et PC. Développé par le studio Asobo Studio et édité par Focus Home Interactive. Critique effectuée à partir d’une Version PS4 Commerciale achetée par mes soins.

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Tradition du blog oblige, aucun spoil n’est de la partie, y compris dans les screenshots. La critique se base à partir d’une expérience sur PS4 Fat.

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L’histoire de A Plague Tale Innocence débute donc en 1348 en France et se focalise sur les De Rune, une riche famille française éloignée des préoccupations de l’époque, c’est à dire l’invasion des Anglais et aussi un mal mystérieux et silencieux qui ne dit pas son nom mais fait beaucoup parler de lui. De ce mal mystérieux, deux menaces se réveillent alors, la première, l’Inquisition menée par un certain Vitalis, porté par des convictions qui lui font faire les pires atrocités possibles et imaginables pour maintenir le bien commun. La seconde menace quand à elle est beaucoup plus dangereuse : les rats. Porteurs du fameux mal, les rats sont la menace ultime de A Plague Tale.

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Mais avant d’aller plus en avant du bébé d’Asobo Studio, il convient sûrement de vous rappeler que d’une part, A Plague Tale se sert d’un fait historique survenu au Moyen Âge mais romance le tout afin de nous raconter une histoire sous forme d’une sorte de conte. Un conte sombre, mâture et très violent (l’oeuvre est ainsi classifiée PEGI 18+ chez nous). Asobo Studio se sert donc de la Peste apparût chez nous en 1347, qui durera 5 ans, pour se finir en 1352. Elle à causé 25 à 50% de morts à travers l’Europe entière (donc on parle quand même d’un quart vers la moitié de la population européenne de l’époque) et éliminé 41% de la population française, soit 7 millions de victimes sur les 17 millions de personnes que comptait la France à cette date. Bref, la Peste de l’époque, c’était pas du joli-joli si vous me permettez l’expression.

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C’est dans ce contexte que A Plague Tale souhaite nous narrer l’histoire d’Amicia et de Hugo, son petit frère. Amicia est âgée de 14 ans et n’a pour ainsi dire presque pas grandi avec son petit frère Hugo, qui lui à grandi en isolement par sa mère. Etant donné que je ne souhaite pas en parler afin d’éviter tout spoil, sachez que que la raison de cet isolement sera non seulement au cœur de l’histoire mais elle joue un rôle capital dans la relation entre Amicia et Hugo qui vont devoir survivre ensemble à la suite d’une visite impromptue de la Grande Inquisition, qui sera l’élément déclencheur de l’histoire de A Plague Tale.

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C’est ainsi que A Plague Tale attaque son récit, jette Amicia et Hugo dans une course contre la montre afin d’échapper coûte que coûte à l’Inquisition et n’épargnera rien à son joueur et sa joueuse en utilisant tout les ressorts d’un PEGI 18+ assumé jusqu’au bout ou presque. Et quand je dit que A Plague Tale n’épargne rien, c’est vraiment rien. J’ai beau avoir le coeur bien accroché, il m’est arrivé de lâcher des petits « oh bordel ! » plusieurs fois durant « l’aventure » puisque je ne m’attendais pas du tout à ce qui m’arrivait sous les yeux. Je préfère donc le dire cash, nous ne sommes pas là en colonie de vacances médiévales, loin de là.

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Pourquoi un tel déferlement de violence contre des enfants ? Pourquoi les De Runes sont ainsi visés ? Autant de questions qui trouveront les réponses appropriées tout au long des 17 chapitres prévus dans ce A Plague Tale. 17 chapitres qui se focalisent donc sur cette grande sœur obligée de protéger son petit frère avec lequel elle n’a pas grandi. D’ailleurs, c’est sur cette relation que le jeu insiste. En étant totalement franc, étant donné que je ne suis pas fan des enfants dans la vie de tout les jours, je pensais qu’Hugo m’énerverais mais Asobo Studio s’en sort avec les honneurs grâce à une écriture du duo d’une justesse et d’un génie très surprenant. Parce que, qu’on se le dise, pour un titre AA, A Plague Tale est remarquablement bien écrit et surprend le vieux briscard que je suis avec des fils scénaristiques cousus d’or blanc. Rien que ça en effet.

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D’ailleurs, dans la palette de personnages que nous rencontrerons tout au long de l’aventure, toutes et tous s’en sortent haut la main, grâce, là encore à une écriture de haute volée même si en seconde partie du jeu, j’ai la malheureuse nouvelle de vous dire qu’A Plague Tale Innocence souffre du mal de bien des œuvres de nos jours, celui du soufflet qui retombe sur lui même. Ce n’est pas totalement une catastrophe, mais l’élément fantastique (sur lequel je ne dirais rien), ruine partiellement l’essai d’Asobo. En effet, le studio à voulu un peu (trop) romancer son histoire basée sur des faits réels en y incorporant un léger soupçon de fantastique, qui prend une énorme place dans la dernière partie du jeu. En temps normal, j’adore le fantastique. Mais quand il est cohérent et se base sur des éléments réfléchis et un peu logique (oui nous parlons bien de fantastique). Hors, Asobo Studio à voulu trop en faire et se perd légèrement sur la fin du récit. De plus, ne parlons même pas du boss de fin qui est le summum du ridicule, autant dans la scène en elle même que dans le gameplay qu’on doit utiliser pour le vaincre. Fort heureusement, ce n’est pas totalement un naufrage, puisque la « vraie » fin rattrape un peu cette perdition de dernière minute et me réconcilie avec l’oeuvre en elle même. Ouf !

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D’ailleurs, je l’ai évoqué plus haut, A Plague Tale ne fait pas que se vivre et se suivre tel une bonne série TV avant de se faire annulée pour faute d’audience, il se joue. Entre infiltration et certaines phases de pure action (je vous calme tout de suite, nous ne sommes pas dans les gros blockbuster bourrés d’explosion) et les phases de réflexion avec les rats où il faudra gérer certaines ressources comme le feu et la lumière, tout en n’oubliant pas de vous faire ramasser sur votre route des denrées nécessaires à la confection de ces dîtes ressources et l’upgrade de votre fronde et de votre sac (sans parler des collectibles qui ont l’intelligence de vous apprendre des choses sur l’époque, c’est très bien vu). Le gameplay de A Plague Tale oscille entre le satisfaisant et le grisant puisque se servir de sa matière grise pour se frayer un chemin contre quelques soldats de l’Inquisition et/ou les rares boss du jeu à été travaillé de sorte à ce qu’on ne soit jamais frustré par une petite broutille ici ou là. Tout répond bien, les énigmes qui parsèment notre route se résolvent très facilement et la combinaison entre l’infiltration et quelque moment où il faudra faire parler la fronde se suivent de façon vraiment agréable. Je n’ai donc rien de particulier à dire sur la partie gameplay, c’est du tout bon !

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On en arrive sur la partie graphisme et je ne vais pas y aller par quatre chemin, j’ai trouvé A Plague Tale vraiment superbe dans ses décors et sa retranscription de l’époque visée (ici le Moyen Age donc). Les paysages sont absolument magnifiques, que ce soit dans les panoramas ou les intérieurs, j’ai pris une petite claque très agréable. Alors certes, je regrette l’absence d’un mode photo, mais j’ai fait sans, tant pis… Néanmoins, les visages des différents personnages jurent légèrement avec ce constat puisqu’après un certain Days Gone, les visages de A Plague Tale font un peu peine à voir mais rien de vraiment grave.

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Du côté de la technique, mis à part un petit souci de lancement de script dès le chapitre 1 (j’ai juste relancé le jeu et ça s’est réglé tout seul), je n’ai (encore) rien à dire de ce côté là. Aucune chute de framerate, aucun freeze, absolument rien de ce genre. Au passage, j’apprécie le petit poids du patch day one, moins d’1 Go, c’est vraiment cool Asobo Studios. Mais là où je suis vraiment impressionné par A Plague Tale, outre l’immense qualité d’écriture générale, c’est la gestion des rats. Non seulement la première rencontre avec eux m’a véritablement marqué, même durant l’écriture de cette critique j’y repense encore, mais à chaque fois que le jeu vous jette contre eux, ils sont là et ne font pas que de la figuration. Autant les rats sont l’ennemi majeur du jeu, autant se servir d’eux pour se frayer un chemin est assez grisant puisqu’en utilisant correctement ce que l’environnement vous met à disposition ainsi que la combinaison de vos ressources, permet des moments assez exaltants, surtout quand on voit notre petit plan qui fonctionne et qu’on voit les rats se faire un petit festin de soldats, c’est vraiment génial (ouais je suis sadique je sais).

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D’ailleurs, si vous cherchez à décrocher le platine, sachez que le jeu attend de vous que vous le finissiez, que vous récupériez les collectibles et que vous achetiez toute les améliorations de la fronde et de votre équipement. Certain ont réussi à décrocher le fameux sésame au bout de leur première partie, il m’a fallu quand même que je recommence une seconde partie pour améliorer la partie équipement.

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Vous l’aurez donc compris, je n’ai pratiquement rien de négatif à dire sur A Plague Tale. Quand bien même nous parlons d’une oeuvre à petit budget et donc d’un AA, Asobo Studios accouche d’une oeuvre réellement bien écrite et porté en jeu avec une constance et un souci du travail bien fait qui se ressent au travers des 17 chapitres. J’ai réellement passé 10-15 heures (je ne connais pas mon temps de jeu) très agréables mais ça s’arrête là. Oui A Plague Tale est une réussite de bout en bout, malgré un boss de jeu ridicule et inutile mais en ce qui me concerne, j’ai un peu de mal à le mettre dans mes coups de cœur pour la même raison que Days Gone. Et pourtant… Et pourtant… Je le met lui aussi dans mes coups de cœur de cette année. Pourquoi me demanderez vous ? Hé bien parce que A Plague Tale représente exactement ce que je souhaite voir dans le JV post The Last Of Us. Qu’importe que A Plague Tale soit une oeuvre française ainsi qu’une oeuvre AA. Ce que A Plague Tale fait, il le fait tellement bien qu’il est un exemple que le JV solo et narratif se porte encore plus que très bien pour des années et des années. Il est un peu l’Outsider qui sort de nulle part et qui nous propose quelque chose de suffisamment bien pensé pour nous en mettre plein la manette pour un petit moment. En clair, il est aussi un coup de cœur puisqu’il incarne tout ce qui fait que j’aime encore le JV maintenant. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde, croyez moi.

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Ce que j’ai aimé :

  • Amicia et Hugo, un duo exceptionnel et synergique
  • Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus
  • Une écriture qui frôle le sans faute
  • Les rats. C’est quand même quelque chose d’impressionnant
  • Les collectibles qui nous apprennent des choses sur l’époque, excellentissime idée
  • Graphiquement, les décors, qu’ils soient extérieurs et intérieurs, sont tous magnifiques et forcent le respect
  • Un très faible poids du patch day one, pour un JV très propre et sans aucun souci technique

Ce que j’ai moins aimé :

  • La partie fantastique qui prend une trop grande place vers la fin du jeu
  • Le boss de fin, grotesque, inutile et ridicule

Son appréciation :

A Plague Tale, qui rate de très peu le sans faute, à cause d’un boss de fin et de sa partie fantastique trop illogique pour que ça passe avec moi, est une réussite et un petit tour de force. Malgré le petit couac de fin de jeu, A Plague Tale est réellement une oeuvre réussie et magistrale. Tout ce qui fait que j’aime le JV se retrouve dans A Plague Tale, c’est à dire une écriture exceptionnelle qui frôle de très peu l’excellence. De ce fait, A Plague Tale rejoint la liste de mes coups de cœur de cette année, aux côtés de Days Gone, et je ne peut que vous dire de foncer vous faire ce « petit » JV qui fait tout comme les grands ou presque. Bravo Asobo Studios, j’applaudi ce grand exploit qui peut-être donnera envie à d’autres de se lancer à leur tour.

8 commentaires

    1. J’aime le fantastique mais je trouve qu’il faut trouver un juste milieu, même si il a une place prépondérante. Hors ici, en fin d’aventure, le fantastique prend le pas sur l’écriture pourtant maîtrisée du duo frère sœur pour partir en cacahuètes, ce qui est un peu dommage. Fort heureusement, la fin assez émouvante et très terre a terre reprend un peu la petite bêtise 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. Pour ma part, je n’ai pas été dérangée par la partie fantastique, même s’il faut reconnaître que ça surprend quand même quand ça arrive soudain. En fait, comme je voyais l’ensemble comme un conte bien sombre, que du surnaturel s’y incruste, m’a paru d’une certaine logique, d’autant qu’il peut servir de double métaphore, sur le pouvoir, sur la noirceur de l’humanité/des rats… Mais il est vrai que ça survient tard et ça peut donc perturber.
    J’ai beaucoup aimé le jeu aussi et je te rejoins entièrement dans ta critique. A Plague Tale est « presque » un coup de coeur, donc il manquait un quelque chose pour que ce soit parfait, mais il est tellement bien écrit, porté par une histoire puissante et poignante à la fois, qu’il mérite tous les compliments reçus depuis sa sortie. Il porte son histoire avec un coeur total, la retranscription du Moyen-Age est fabuleuse, ses personnages sont attachants… C’est une histoire qui nous emporte vraiment avec son potentiel et son émotion. Et on n’a pas ce vrai frisson tous les jours dans le jeu vidéo.

    Aimé par 2 personnes

  2. Je n’étais pas au rendez vous pour cet article et j’en suis désolée. Une fois de plus tu me captives dans ton écriture et la réalisation de ta critique. Même si je ne pense pas craquer pour A Plague Tale (j’ai déjà trop de jeux à faire), tu sauras en concaincre plus d’un. 🙂

    Aimé par 1 personne

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