[Fait Extraordinaire] L’affaire du Col Dyatlov

Et si nous parlions d’autre choses que de JV, de séries TV et de films ? Pour un article test qui pourrait lancer le blog dans une nouvelle direction début 2020, j’ai choisi de vous proposer de revenir sur un mystérieux fait survenu en 1959 en Russie : l’affaire du Col Dyatlov.

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En ce qui concerne l’affaire du Col Dyatlov, sachez que je ne met pas les photos officielles des corps des victimes. En effet, afin de respecter leur mémoire et celle de leur familles, on se contentera donc des photos plus normales du groupe. Tout ce qui est racontés est un condensé de toute l’histoire ne se repose que sur des faits établis et vérifiés avec quelques brèves opinions personnelles. Libre à vous de vous faire votre propre opinion une fois tout les éléments en connaissances.

L’affaire du Col Dyatlov

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Nous sommes en février 1959. Un petit groupe de randonneurs mené par Igor Dyatlov se rend sur le versant Est du Mont Kholat Syakhl (ce qui signifie en Mansi « montagne morte »). Depuis, il s’est vu renommé en « Col Dyatlov ». Le groupe est composé de 8 hommes et deux femmes, tous diplômés de l’Institut Polytechnique de l’Oural, leurs noms, les voici :

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  • Igor Alekseïevitch Dyatlov, né le 13 janvier 1936
  • Zinaïda Alekseïevna Kolmogorova, née le 12 janvier 1937
  • Lioudmila Aleksandrovna Doubinina, née le 12 mai 1938
  • Alexandre Sergueïevitch Kolevatov, né le 16 novembre 1934
  • Roustem Vladimirovitch Slobodine, né le 11 janvier 1936
  • Gueorgui « Iouri » Alekseïevitch Krivonichtchenko, né le 7 février 1935
  • Iouri Nikolaïevitch Dorochenko, né le 12 janvier 1938
  • Nikolaï Vladimirovitch Thibeaux-Brignolles, né le 5 juillet 1935
  • Alexandre « Semen » Alekseïevitch Zolotarev, né le 2 février 1921
  • Iouri Efimovitch Ioudine, né le 19 juillet 1937

L’objectif de leur excursion était d’atteindre Otorten, une montagne située à dix kilomètres au nord du lieu du drame. Cette route, à cette période de l’année, est estimée « catégorie III », c’est à dire réservée aux plus expérimentés. Et ça tombe bien puisque l’intégralité du groupe l’était. Au 25 janvier, ils arrivent en train dans la ville de Ivdel, de cette ville, le groupe prend un camion les conduisant à Vijaï, le « terminus » avant de devoir se déplacer à pieds. Nous sommes le 27 janvier. Le lendemain, le 28 donc, Iouri Ioudine, renonce car il déclare être malade. Le groupe est donc réduit à 9 personnes. Grâce aux journaux et appareils photo du groupe, les spécialistes réussissent à retracer leur parcours et le groupe à dû s’arrêter puisqu’ils ont réalisés s’être perdu durant leur ascension du col Dyatlov. A cause des conditions météorologiques exceptionnelles comme le blizzard et la faible visibilité, les membres du groupe n’ont d’autre choix que de camper sur le flanc de la montagne. C’est ainsi que tout se termine pour eux mais tout commence pour une affaire très controversée qui n’a toujours pas été élucidée depuis 60 ans.

Durant l’organisation de l’expédition, il était convenu qu’Igor Dyatlov devait envoyer un télégramme à la descente de la montagne et au retour dans la ville de Vijaï le 12 février. Aucune nouvelle à cette date, mais aucune réaction n’est enclenchée puisque un délai est laissé au groupe. Le 20 février, les familles s’inquiètent et alertent les autorités par le biais du président de l’institut polytechnique. L’armée et la police rejoindront les recherches avec en renfort avions et hélicoptères. Nous sommes le 26 février et les secours trouvent le point de départ d’une affaire vraiment étrange.

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Au 26 février donc, les secours trouve le camp abandonné sur le mont Kholat Syakhl. La tente est gravement endommagée, découpée de l’intérieur. Une petite entaille est fait, laissant à penser que le groupe fut dérangé et ont dû jeté un oeil, puis une énorme entaille déchirant la tente de part en part laissant comprendre qu’ils ont dû fuir leur abri, dans un environnement hostile et en laissant vêtements, argent et vivre derrière eux. Ils suivent des empreintes de pas qui mènent à la lisière du bois proche (de l’autre côté du col, à 1.5 Km au nord-est), mais 500 mètres plus loin, les traces sont couvertes par la neige. À la lisière de ce bois, sous un grand pin, l’équipe de secours trouve les restes d’un feu de camp et deux des premiers corps : ceux de Krivonichtchenko et de Dorochenko, pieds nus et portant uniquement leurs sous-vêtements. Ils n’ont donc pas trouvés refuge dans la forêt et comme en atteste les branches cassées, ils ont essayés de monter dans les arbres. Entre le pin et le camp abandonné, ils trouvent trois autres corps : ceux de Dyatlov, Kolmogorova et Slobodine. Selon la position de leur corps, il apparaît qu’ils tentaient de regagner le camp en rampant, en fil indienne, au moment de leur mort. Leur corps sont trouvés séparément à 300, 480 et 630 mètres du pin, respectivement.

Les recherches pour les quatre corps restants, ceux de Doubinina, Kolevatov, Thibeaux-Brignolles et Zolotarev, prendront hélas plus de deux mois de plus. Ils sont finalement retrouvés le 4 mai sous quatre mètres de neige, dans un ravin de la vallée d’un ruisseau, plus à l’intérieur du bois. Les corps sont mieux vêtus que les autres, et des indices peuvent laisser à penser qu’une partie de leurs habits provenait des corps ayant été retrouvés les premiers, laissant supposer que ces derniers sont morts les premiers. Un des pieds de Dubinina était enveloppé dans un morceau de laine provenant du pantalon de Krivonichtchenko ( lequel fut retrouvé presque nu auprès du pin), tandis que Zolotarev portait le manteau en fausse fourrure de Dubinina. Quand à Dubinina, elle est retrouvée morte à genou, les mains en prière.

Les faits, vérifiés et prouvés

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Une fois les cinq premiers corps retrouvés, la première enquête s’affaire à déterminer la cause des décès. Aucune blessure mortelle n’est relevé, il est donc conclu que les cinq premières victimes sont mortes d’une hypothermie. Néanmoins, Slobodine présente une très légère fêlure sur le crâne mais n’est pas relevée en tant que preuve importante puisque n’est pas considérée comme une blessure mortelle.

Néanmoins, c’est bien les corps retrouvés en mai qui vont littéralement transformés l’affaire. En effet, sur les quatre corps, trois présentent des blessures mortelles : le corps de Thibeaux-Brignolles porte de graves blessures au crâne, et ceux de Doubinina et Zolotarev ont des côtes fracturées. Selon le Docteur Boris Vozrojdenny, une très grande force est nécessaire pour infliger de tels dégâts, et les comparent aux conséquences d’un accident de voiture de l’époque. Les corps ne présentent pas de blessures externes correspondant aux fractures relevées, mais à l’intérieur, les os sont en miettes, comme s’ils avaient été soumis à une très haute pression. Le corps de Doubinina est celui qui présente le plus de traumatismes externes : sa langue, ses yeux, une partie de ses lèvres, du tissu facial ainsi qu’un fragment de son crâne sont manquants. Une explication est envisagée par le fait que son corps aurait été trouvé face contre terre dans un petit courant d’eau passant sous la neige, ses blessures seraient alors dues à la putréfaction du corps en milieu humide.

Une première théorie est émise en pointant du doigt les autochtones Mansis. Ces derniers auraient très bien pu avoir attaqué et tué le groupe car ils sont entrés dans leur territoire, mais l’enquête prouve que la manière dont le groupe est mort ne soutient pas cette hypothèse. Les seules empreintes de pas sont celles des randonneurs, et il n’y a aucun signe de lutte rapprochée. Par ailleurs, les autochtones Mansis seraient connus pour être pacifiques.

Au moment des faits, la température était très basse (environ -25 à −30 degrés) dû au fait qu’une tempête sévissait, mais les morts ne sont que partiellement habillés. Certains ne portent qu’une chaussure et d’autres n’ont même pas de chaussures. Certains portent seulement des chaussettes. D’autres portent des morceaux de vêtements qui paraissent avoir été découpés dans les habits de ceux qui étaient déjà morts. Toutefois, en Suède, des chercheurs ont montré que des décès par hypothermie sont parfois associés à des épisodes de « déshabillage paradoxal », qui arrive durant une hypothermie moyenne à sévère, quand la personne devient désorientée et agressive. Ce comportement est avancé pour expliquer le fait que les victimes ont été retrouvées dévêtues.

Les journalistes parlant des parties de l’enquête rendues publiques révèlent par ailleurs que :

  • six des membres du groupe sont morts d’hypothermie et trois de blessures mortelles
  • Aucune raison de penser qu’il y avait d’autres personnes présentes sur le Kholat Syakhl ou dans les environs
  • la tente a été déchirée depuis l’intérieur
  • les victimes sont mortes six à huit heures après leur dernier repas
  • les empreintes de pas montrent que tous les membres du groupe sont partis à pied de leur plein gré
  • le Docteur Boris Vozrojdenny déclare que les blessures mortelles sur trois des corps ne peuvent avoir été causées par un autre humain, « parce que la force des coups était trop grande et les parties charnues n’ont pas été endommagées »
  • les tests médico-légaux de radiation montrent de hautes doses de contamination radioactive sur les vêtements de certaines victimes.

Les enquêteurs de l’époque arrivent donc à la conclusion que les membres du groupe sont tous morts d’ « une force irrésistible et inconnue ». Retenez bien ce terme, c’est l’élément central de toute cette affaire. L’enquête est officiellement fermée en mai 1959 en raison de l' »absence de partie coupable ». La zone est interdite au public durant trois ans. Les documents sont envoyés à un fond d’archives secret et des photocopies ne sont rendues publiques que dans les années 1990, mais certaines parties du dossier ont entre temps disparues. Pourquoi ? Par qui ? Là encore, un mystère de plus vient à renforcer une affaire bien mystérieuse.

En effet, des indices ont été omis ou ignorés par les enquêteurs :

  • après les funérailles, les parents des morts affirment que la peau des victimes était d’une étrange couleur orangée
  • dans une entrevue privée, l’un des anciens enquêteurs dit que son dosimètre avait montré des niveaux de radiation élevés sur le Kholat Syakhl, et que cela explique la radiation trouvée sur les corps. Par ailleurs, la source de la contamination n’a jamais été découverte
  • un autre groupe de randonneurs se trouvant à environ 50 kilomètres au sud de la montagne affirme avoir vu d’étranges sphères orange dans le ciel au nord, vraisemblablement en direction du Kholat Syakhl  et qu’à partir de la nuit du drame, des « sphères » similaires sont continuellement observées à Ivdel et dans ses environs de février à mars 1959, par plusieurs témoins indépendants, y compris le service météorologique ainsi que par les forces armées
  • certains rapports suggèrent qu’il y avait beaucoup de ferraille dans la région, ce qui a donné lieu à des spéculations sur l’usage militaire clandestin de la région, que l’on aurait cherché à dissimuler.

Une seconde théorie est émise et évoque une avalanche, ce qui pourrait expliquer l’état de la tente, certaines des blessures et le fait que certains corps aient été retrouvés dénudés. Malheureusement, cette première théorie tombe à l’eau puisque la tente est retrouvée sous aucune coulée de neige.

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Par la suite, l’affaire prendra un tour « rocambolesque » puisque autant la théorie du complot gouvernemental (à cause notamment du fait que l’affaire et certaines preuves soient passées sous silence) que de la théorie paranormale, dû à l’histoire des lumières dans le ciel. Il y a même, chose vraiment surprenante, une théorie expliquant que le groupe aurait rencontré un Yéti, notamment à cause de certains propos relevés dans un des journaux du membre du groupe et d’une très étrange photo qui circule depuis. Néanmoins la théorie du Yéti tombe à l’eau, puisque seules les traces de pas du groupe sont retrouvées dans la neige, à moins d’avoir un Yéti volant, ça ne tient malheureusement pas une seule seconde.

Certains détails de l’affaire sont alors rendus publiques en 1990 grâce au journaliste Anatoly Gouchtchine. Il rapporte qu’un certain nombre de pages sont exclues des documents, ainsi qu’une « mystérieuse enveloppe » mentionnée dans la liste des éléments de l’enquête. Parmi ceux qui ont garder le silence pendant 30 longues années, se trouve un policier à la retraite, un certain Lev Ivanov, qui mena l’enquête officielle en 1959. En 1990, trente ans plus tard donc, il publie un article, en affirmant que les enquêteurs n’avaient aucune explication rationnelle pour l’accident. Il ajoute qu’il aurait reçut des ordres directs de la haute administration pour stopper l’enquête et maintenir les éléments secrets, tout de suite après avoir expliqué que l’équipe aurait vu des « sphères volantes ». Ivanov croit personnellement en une explication paranormale, celle sur les OVNIS (ou Objet Volant Non Identifiés) plus particulièrement.

Depuis, la Fondation Dyatlov, créée spécifiquement pour cette raison, tente par tout les moyens de convaincre l’administration Russe de ré-ouvrir le dossier tout en maintenant la mémoire des victimes.

Ce qui me « fascine » dans cette affaire, c’est qu’après 60 ans, la vérité soit encore bien secrète. L’élément qui me fait poser des questions, c’est la conclusion se basant sur toute les preuves recueillies qui veut que le groupe soit mort d’une « force irrésistible et inconnue ». Yéti ? Complot gouvernemental qui viserait à étouffer l’essai d’une nouvelle arme top secrète à cause du fort taux de radiations retrouvé sur chacun des corps ? Ou paranormal alors, avec ces lumières observées à plusieurs reprises et indiquant la possible présence extra-terrestre dans le secteur ainsi que cette mystérieuse coloration des corps en orange ? A moins qu’au final, toute les théories que notre subconscient, nous fait nous faire inventer sous l’essor de la pop culture moderne ainsi que notre proportion à vouloir toujours du paranormal là où peut être il n’y est pas. Ou que ce ne soit le contraire, et que cette affaire nous pousse à vouloir ouvrir toute les portes closes autour des affaires les plus mystérieuses que compte notre monde ? De mon point de vue personnel, l’affaire du col Dyatlov restera à jamais secrète, non élucidée tout en permettant à chacun et chacune, à sa façon, de lui donner sa propre vérité en se basant sur ses convictions, ses croyances et sa culture comme le fait le studio derrière Kholat.

Le rebondissement inattendu de 2019 (l’article complet se trouve ici)

L’affaire du Col Dyatlov connait un rebondissement inattendu puisque la Russie s’est donc décidée à réouvrir cette affaire en début février 2019. En effet, 60 ans plus tard, quasiment jour pour jour, la Russie et le procureur Andreï Kourianov ont ré-ouvert une enquête. Par ailleurs, il explique que ses enquêteurs ont étudiés 75 théories et ont immédiatement écartés les plus « fantasmagorique » incluant donc les théories paranormales et sur les OVNIS. Presque comme si il fallait obligatoirement qu’il y ait une explication banale… Même si dans l’autre sens, ça fonctionne aussi. Bref, je m’écarte du sujet. D’ailleurs, l’affaire s’est relancée d’elle même, puisqu’une analyse adn à prouvée récemment qu’un des corps n’est pas celui que les enquêteurs croyaient. En effet, le corps de Zolotarev n’est pas le sien. Donc de nouvelles questions se posent. Si ce n’est pas Zolotarev, où est-il passé ? Qui est-ce donc que cet homme qui a usurpé son identité ? Pourquoi mettre de côté immédiatement les théories qui tient de l’ordre du paranormal ?  Et si finalement toute cette affaire n’était en fait qu’un simple et banal accident de réchaud mal utilisé qui aura contraint notre groupe à quitter précipitamment leur tente au beau milieu d’une grosse tempête de neige ? La vérité sortira t’elle un jour ? Nul ne le sait mais l’affaire du Col Dyatlov est intéressante à plus d’un titre et qui gardera à tout jamais une part de mystères qui fascinent des milliers de personnes qui comme moi, se passionnent de plus en plus pour ce genre d’histoires…

4 commentaires

  1. Excellent article, ultra intéressant. J’avais entendu parlé de cette histoire dans le contexte d’une émission très orientée sur l’existence d’OVNIS, et autres aliens. Je trouve le sujet très intéressant à parcourir (quoi que l on croit). Franchement j’aime beaucoup. C’est très agréable à lire et parcourir. J’adhère totalement.

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