Critique de Hellblade Senua’s Sacrifice

Disponible sur PS4, PC et Xbox One autant en physique qu’en dématérialisé, du moins sur consoles, développé par Ninja Theory et pesant environ 23 GO. Critique réalisée sur une version physique PS4, achetée par mes soins.

Hellblade jaquette blog

Hellblade commence donc juste après l’assaut des vikings sur l’île d’Oakney en 875 après JC (Jésus Christ, pas Julien Chièze bien sûr). Bref, les vikings sont venus, se sont battus et ont vaincus. Mais pas tout le monde non plus. En effet, une mystérieuse guerrière à survécu. Cette mystérieuse femme s’appelle Senua, belle comme un coeur malgré des tatouages qui font peur, cette dernière à pour ainsi dire tout perdu, son amant mais aussi sa santé mentale.

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Désireuse de récupérer l’âme de son amour mort des mains des vikings, elle se lancera à corps (et esprit) perdu dans le royaume de Helheim dans une quête loin d’être joyeuse.

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Voici peu ou prou le synopsis de Hellblade. Un scénario conventionnel qui est avant tout porté par trois choses : la prestation hallucinante de Melina Juergens, la spatialisation du son (je vous ordonne d’y jouer avec un casque, vous comprendrez le pourquoi du comment) et l’utilisation des univers celte et vikings où on sent que le studio à travaillé ses sujets.

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Après avoir enfilé votre précieux casque, vous découvrirez que le studio à fait les choses bien puisqu’il s’est renseigné sur comment retranscrire la folie de Senua. En résulte, in-game, un sentiment de harcèlement constant des voix dans sa tête. C’est simple, les voix que Senua entend à longueur de temps, ne vous lâcheront pas un seul instant. Au casque, ça se traduit par une présence à vos proximités immédiate. Une voix à droite, à gauche et même derrière vous, limite on pourrait sentir son souffle sur la nuque tant elle est très très proche de nous. Durant les deux premières heures, on essaye de s’y accommoder du mieux qu’on peut. Puis on continue, sans avoir le choix, et très vite le fort sentiment de malaise se fait (re)sentir. Les voix de Senua ne se taisent jamais, toujours là, au taquet, à tel point que j’ai dû, à cause d’un souci de santé, accomplir Hellblade par (très) petites sessions.

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D’ailleurs, il faut bien avouer que rien ne me donnait envie de poursuivre puisque Hellblade n’a rien de vraiment nouveau à proposer dans sa prise en main. On y joue en vue TPS, dans des décors préparés à l’avance, un procédé qui pourrait rappeler au pif un certain Resident Evil 4 pour ne citer que l’un des plus évidents dans ce cas. On avance, on élucide des énigmes nous demandant de jouer avec le décor, on récupère des runes qui sont les collectibles du jeu tout en se faisant ici ou là des combats de boss et d’ennemis lambda et c’est tout. Résumé de cette manière, il est vrai que Hellblade n’est pas si fou que ça mais il se démarque énormément quand même. En effet, son ambiance, son actrice, sa folie et les combats font que Hellblade reste en tête après coup (badum tss).

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En terme d’ambiance, c’est l’alliance de décor sombre, qui n’ont rien de joyeux, et de bruitages renforçant l’inquiétude permanente. Senua est campée par Melina Juergens qui est littéralement « habitée » par le personnage (à moins que ce ne soit l’actrice qui « habite » le personnage O_o) et qui nous offre une prestation vraiment exceptionnelle. La folie du personnage qui, je l’ai dit plus haut, est permanente. Pas une seconde de répit, qui la plupart du temps, met mal à l’aise toute personne saine d’esprit. Combien de fois, j’ai lâché un juron à l’adresse des voix devant mon écran, je ne saurais le dire mais croyez moi, je ne souhaite jamais être atteint de psychose à l’avenir…

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Quand aux combats, c’est pour moi, un des deux gros points positifs du jeu. Ils ne sont ni difficiles ni faciles, mais ils requièrent observation et rapidité. Une touche pour une frappe légère, une seconde pour une frappe lourde, une troisième pour le coup de pied (c’est obligatoire contre les ennemis en bouclier), une quatrième pour l’esquive/roulade, une autre pour votre « super coup » qui prend l’effet d’une augmentation de dégât tout en ralentissant le temps et une dernière pour la parade. Tout ça fait que le gameplay des combats est jouissif à mort. Il n’y a rien de vraiment difficile dans les combats puisqu’il vous suffira juste d’observer les mouvements de votre ou vos ennemis et de frapper quand une ouverture se crée. Rien de vraiment compliqué en sommes. Au passage, sachez que les voix de Senua vous aideront, comme un certain Atreus à pu le faire dans God Of War, en vous signalant la présence des ennemis dans votre dos ou bien quand vous pouvez activer votre super coup. C’est bien le seul moment où les fameuses voix dans la tête de Senua sont utiles… Je reviens juste sur la marque de mort dont Senua est victime pratiquement dès le début de son « aventure » qui augmente après chaque morts et qui serait « fatale » aux joueurs une fois atteint un nombre précis. J’ai effectué Hellblade en mode normal et je ne suis mort « que » 5 fois durant mon périple (d’ailleurs trois morts parfaitement idiotes à un certain moment du jeu, en effet il y a un passage où rien n’est expliqué et j’ai enchaîné trois morts vraiment dispensables, bref). Je n’ai jamais été victime de cette particularité de « die and retry ». Je pense même qu’il s’agit avant tout d’une légende urbaine que le studio à volontairement propagé afin de faire ressentir une certaine difficulté auto-infligés aux joueurs-joueuses. Bravo au studio puisque ça à marché sur moi et chaque combat que j’ai fait, je l’ai fait avec sérieux, sans faire le malin comme j’en ai l’habitude dans 99% des JV que je fait. Au final, la partie des combats fût, pour moi, une immense claque inattendue.

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L’autre claque inattendu, c’est la fin de Hellblade. Tout au long de votre périple, plein de choses sont racontées, dans le but de nous expliquer tout ce qui se passe sous nos yeux. Les motivations de Senua, sa personnalité, pourquoi elle à perdu la raison et tout ça fait que fatalement, le jeu jouera avec vous. De cette intelligence d’écriture, il faut bien le dire, je suis tombé dans le panneau comme un bleu. Une certaine partie de joueurs-joueuses ne vont pas appréciés mais en ce qui me concerne, j’ai adoré devoir remettre en question ma compréhension des choses. Bref, Hellblade, c’est cérébral à mort et pour quelqu’un qui n’est pas psychologue comme moi, bah c’est déroutant à souhait.

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Graphiquement et techniquement parlant, aucun problèmes, aucun bugs, tout s’est très bien passé mais du côté graphisme, développé sur l’Unreal Engine 4, Hellblade est superbe sans non plus atteindre des sommets de beauté. Néanmoins, pour un JV indé, c’est un énorme tour de force, notamment sur les expressions faciales de Senua. La direction artistique n’est pas en reste non plus puisque Hellblade dégage un charme certain qui en plus, nous permet à l’aide d’un mode photo (un vrai de vrai en plus) de capturer les moments que nous jugeons « magnifiques ». Néanmoins, j’ai un petit bémol à formuler. Je tient compte du fait que Ninja Theory à tout fait pour rester indé, du début jusqu’à la fin du développement de son bébé. Mais, quand bien même la VOSTFR d’Hellblade est de très bonne facture, il faut bien que je vous avoue que même en ayant l’habitude des œuvres en VO que je me fait, peu importe le support, j’aurais bien aimé une VF en fait. Où la possibilité d’agrandir la taille des sous titres si le financement est l’excuse de l’absence de choix dans le doublage. Parce que je n’ai pas tout suivi non plus, notamment au niveaux des voix, qui pour certaines ont leur sous titre parfois en bas de l’écran et parfois en haut, parfois les deux en même temps. Ouais, c’est pas évident la vie de psychotique des fois… Et pour finir, un mot sur la durée de vie. Hellblade vous occupera entre 7 et 8 heures, du moins selon mon premier passage dessus et mon estimation personnelle. En sachant que je voulais le platine, qui n’est pas bien difficile à récupérer, puisqu’il faut juste récupérer tout les collectibles et finir le jeu, je dirais que Hellblade m’aura occupé une bonne grosse dizaine d’heures puisqu’il m’a fallu le refaire une seconde fois pour parfaire les collectibles que j’avais loupé la première fois. Je ne dirais pas que Hellblade à une faible durée de vie mais étant donné que j’ai vraiment passé un excellent moment dans son univers, j’aurais bien aimé une ou deux heures de plus mais avec le recul, Hellblade à une durée de vie plus que correcte, puisque c’est une aventure « éreintante » et que les voix de Senua ne vous lâchent pas une seule seconde (je sais, je me répète).

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Ce que j’ai aimé :

  • Le personnage de Senua, superbe et badass même si elle est un peu folle sur les bords, tout ce que j’aime en fait ❤
  • La prestation hallucinante de Melina Juergens O_o
  • Une écriture (très) intelligente
  • Une narration qui joue avec son joueur et sa joueuse
  • Une direction artistique très sombre
  • Le mode photo ❤
  • Le gameplay des combats, c’est juste fou-fou-fou
  • Une spatialisation du son (à faire obligatoirement au casque) qui met mal à l’aise
  • Le documentaire qu’on peut découvrir une fois fini le jeu ❤
  • Une excellente VOSTFR mais…

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Je pense qu’une VF aurait été une très bonne alternative (ou des sous titres plus grands à la rigueur)
  • Un poil court à mon goût (forcément, quand c’est bon, on en veut toujours un chouia plus)
  • Une fin qui divisera à coup sûr les joueurs et les joueuses
  • Je ne dirais pas non pour une suite

Verdict

Ce que vous propose Ninja Theory avec Hellblade Senua’s Sacrifice, ce n’est pas qu’un simple Jeu Vidéo, c’est une expérience souhaitant vous parler de la psychose, une maladie mentale très grave. Même si Hellblade comporte un gameplay avec des combats que j’ai réellement adoré, la véritable force d’Hellblade c’est le malsain constant dû aux voix harcelant sans arrêt la pauvre Senua. Vous obligeant à y jouer avec un casque, Hellblade vous offrira en contrepartie une aventure inédite et une réflexion très intelligente sur les maladies mentales. Une excellentissime surprise qui surprend aussi sur le fait qu’Hellblade soit une oeuvre dite « indé ». Indé d’accord, mais quel chef d’oeuvre bordel ! Hellblade aurait été facilement l’un de mes Goty de l’année 2017, aux côtés d’un certain The Evil Within 2 sans aucun problème.

*Critique et screenshots réalisés sur une Version PS4 commerciale physique, achetée par mes soins.

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