Critique de Quantum Break

Après Max Payne et Alan Wake, voilà que le studio Remedy nous propose une nouvelle oeuvre bien inédite. Quantum Break, de son petit nom, n’est pas qu’un simple Jeu Vidéo supplémentaire mais un projet cross média qui a pour ambition de réunir deux mondes si éloignés mais pourtant si proches d’une certaine façon. Je veut bien évidemment parler de la Série TV et du Jeu Vidéo. Est-ce que la collision entre deux mondes est une réussite ? Est-ce que j’ai le temps de manger un bol de céréales ? Est-ce que Jack Joyce est plus rapide que cet enfoiré de lièvre ? Réponse dans une critique arrêt sur image.

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Tout est fait pour vous éviter le moins de spoils possible. Néanmoins, sachez juste que le postulat de départ est traité avec précision afin de mieux vous expliquer la partie scénario. La critique traite autant de la partie JV que de la partie Série TV.

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Quand les hommes font n’importe quoi scientifiquement parlant

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Quantum Break prend place en octobre 2016 dans la ville de Riverport. Vous incarnez Jack Joyce, incarné par Shawn Ashmore (vu notamment dans la série The Following) qui revient en urgence dans sa ville natale afin de venir en aide à son ami d’enfance Paul Serene (incarné par Aiden Gillen, vu dans Game Of Thrones). Lui et le frère de Jack, William (incarné par Dominic Monaghan, vu dans Lost ou Le Seigneur des Anneaux), ont construit une machine capable d’altérer le temps et permettre à un voyageur ou voyageuse d’aller soit dans le passé ou le futur. Sauf que Paul Serene doit coûte que coûte prouver que sa machine fonctionne. En soit, il va se servir de Jack, qui n’est pas non plus au fait des avancées scientifiques et ne comprend pas un seul instant qu’il se jette tout droit dans un piège. A la suite d’un événement regrettable, il sera traqué par la société Monarch Solutions, ainsi que Paul, et découvrira qu’il à malgré lui « briser le temps » qui menace maintenant de précipiter le monde à sa fin. Un début tonitruant, qui prend son temps afin d’installer les personnages et le cadre de l’action mais qui ne reflète pas vraiment la qualité de la suite à venir.

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Quantum Break n’est pas à proprement parler une oeuvre de Science Fiction pure et dure, même si le sujet du voyage dans le temps et les répercussions de certains de nos choix sont traités de façon assez intelligente, un peu trop d’ailleurs (mais j’y reviendrais plus bas). Si je vous dit ça, c’est qu’effectivement le cadre de Quantum Break est bel et bien de la Science Fiction mais reste avant tout un titre orienté action. Remedy nous propose donc un sujet assez complexe, traité depuis de nombreuses années au cinéma et en série TV (rien que les séries 12 Monkeys, Timeless et Continuum, qui est pour moi un bijou de SF au passage, s’accaparent du sujet avec plus ou moins de réussite) et qui je dois bien dire, s’en sort plutôt bien, en proposant un point de vue « nouveau » sur la question. Néanmoins, il faut bien préciser que l’exercice de style est périlleux à plus d’un titre puisque réellement casse gueule. Il suffit d’une incohérence, même anodine, pour se viander dans l’escalier. De plus, Quantum Break est réellement scindé en deux, avec d’un côté les mésaventures de Jack en ce qui concerne la partie JV et tout ce qui gravite autour de Monarch Solutions avec quand même un casting assez dingue : Patrick Heusinger dans le rôle de Liam Burke (vu dans la série Absentia), Courtney Hope dans le rôle de Beth Wilder (vue dans Amour, Gloire et Beauté) et Lance Reddick dans le rôle de Martin Hatch (vu dans Fringe, la trilogie John Wick et Horizon Zero Dawn) pour ne citer que les acteurs et actrices les plus cèlèbres dans la partie Série TV. De plus, sachez que la série TV est « connectée » en quelques sortes avec ce que vous faites ou non durant les phases de gameplay, ainsi qu’au choix que vous devrez faire juste avant. Un petit exemple, au tout début du jeu, vous pourrez ou non intéragir avec un tableau. Si vous le faîtes, sachez qu’il y aura une répercussion durant l’épisode télé qui suivra. Les épisodes durent entre 20 et 30 minutes mais je reviendrais sur la qualité d’écriture et de mise en scène un peu plus bas. Néanmoins, et je fais exprès de ne pas m’éterniser sur cette feature là, mais sachez que Quantum Break vous demandera à la fin des 4 premiers chapitres, au travers des « Jonctions » de faire un choix sur deux qui vous sont proposés. En ce sens, il faut réellement faire Quantum Break deux fois, comme un certain Until Dawn, histoire de savoir l’histoire complète ou presque.

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Du Jeu Vidéo, de la Série TV, le meilleur des deux mondes ?

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Remedy ne manque pas d’ambition pour Quantum Break, du moins sur le papier. Une fois manette en main, on se rend bien compte que le Jeu Vidéo et la Série TV ont encore quelques (grosses) différences qui peuvent hélas jouer en défaveur d’un des deux mondes une fois réunis. Pourtant, l’idée d’associer deux des médias les plus « consommés » ces derniers temps est réellement une excellente idée mais Quantum Break se voit un peu freiné par sa partie Jeu Vidéo. J’ai pris plus de plaisir devant les épisodes de 25-30 minutes et les moments d’explorations que durant les phases de bastons ou les fusillades, pourtant aidés par les pouvoirs de Jack, qui sont beaucoup trop classiques et manquant cruellement de folie pour vraiment être retenues. Oui prendre plus de plaisir en tant que spectateur plus qu’en étant joueur, c’est assez singulier pour un Jeu Vidéo. Donc, de ce que j’ai vu durant mes heures de jeu sur Quantum Break, c’est qu’effectivement réussir à allier deux médias différents, c’est courageux certes mais c’est surtout suicidaire quand on loupe la partie JV.

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Mais rassurez vous, la partie JV reste plaisante, d’un certain sens, mais rien de bien nouveau ne vient surprendre le joueur habitué que je suis. Des gunfights qui nous demande de rester en mouvement, tout en sachant se servir de pouvoirs utiles selon telle ou telle situation, des points pour augmenter la puissance de nos pouvoirs à trouver dans les niveaux et aussi plein de documents à trouver et à lire ponctuent les 5 actes de Quantum Break, qui sont eux, découpés en parties. C’est classique mais très efficace, bien que sans coup de folie, autre que dans l’écriture du scénario, qui, je suis sûr et certain aura perdu bon nombre de joueurs et joueuses, qui ne sont pas habitués à autant de complexité de la part d’un Jeu Vidéo.

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En soit, il aura fallu attendre les chapitres 4 et 5 pour véritablement lancer la partie JV de Quantum Break, qui révèle enfin du bon et du lourd scénaristiquement parlant et enfin lâcher les chevaux en quelques sortes. Autant c’est un peu dommage de faire un tel constat, mitigé d’ailleurs, mais au niveau de la rejouabilité, Quantum Break, à l’instar d’Alan Wake, se place assez bien. Bref, niveau durée de vie, j’ai fini Quantum Break en une dizaine d’heures, épisodes télé compris, et c’est pas plus mal. Ça permet à l’oeuvre de rester dense et maîtrisée du début à la fin, sans forcément être « flinguée » niveau rythme.

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Prendre le temps de parler graphisme, technique et gameplay

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Graphiquement parlant, Quantum Break se pare d’une direction artistique entre modernisme et science fiction, vous le verrez sur les screenshots, c’est assez inédit en soi et j’ai réellement adoré cette « patte » prise par Remedy. Les visages des différents acteurs et actrices sont magnifiquement modélisés et c’est assez dingue de voir que la partie est assez proche de la Série TV. Je n’ai pas réellement pris une claque graphique certes mais je trouve que, même deux ans après sa sortie, Quantum Break reste assez beau sur une Xbox One S. La bande son, hélas, pour moi, est la partie la moins utilisée par Remedy qui délaisse la partie musicale au profit donc du scénario. Au niveau du gameplay, mis à part des sauts « balais dans le cul » de Jack, tout répond parfaitement, rien à dire de particulier. Je finis sur la technique, et je ne vais pas tourner autour du pot, elle est totalement catastrophique. Du moins dans les cinématiques où c’est simple, toute étaient sujettes à des ralentissements que je n’avais jamais vu dans un Jeu Vidéo. J’ai eu aussi droit à des interactions de transitions qui ne voulaient pas se faire et des collectibles qui ne se comptabilisaient pas. Deux ans après sa sortie et sur Xbox One S (je rappel vite fait que c’est une exclusivité Microsoft) avec le patch (de 40 go !) téléchargé et installé, Quantum Break fait figure de JV non fini et légèrement irrespectueux de son joueur-spectateur que je suis. Sur la partie streaming des épisodes TV (au départ, j’étais parti pour dl les 75go du pack épisodes puis je l’ai désinstallé, pensant naïvement que le souci de ralentissement des cinématiques venait de là mais non) et avec la Fibre, tout à bien fonctionner malgré ici où là des petits ratés mais rien de bien grave. La Version Française d’office est, je trouve, exceptionnelle. Mais j’aurais bien aimé choisir quel genre de sous titres je voulais. Je n’ai rien contre les sourds, loin de moi cette idée mais me « taper » les sous titres pour sourds et/ou malentendants par défaut, non merci.

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« Oh bordel, nous sommes arrivés à l’étape du verdict »

Verdict

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A l’annulation de Scalebound, Quantum Break restait la « seule » exclusivité Microsoft à me donner envie de me prendre une Xbox One. C’est ainsi fait, si je puis dire. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais tout n’est pas à jeter pour autant. Remedy avait beaucoup d’ambition pour Alan Wake en son temps, le studio en a eu pour Quantum Break. Que ce soit dans l’écriture des personnages, du scénario et de l’univers, Remedy à fait de son mieux afin de nous offrir une oeuvre cross média réussie. Parce que oui, je considère que dans ses ambitions, Quantum Break est une oeuvre intelligente et d’une remarquable écriture, du moins pour un public pas trop habitué avec les histoires de voyage dans le temps et qui pourront se faire les dents avec Quantum Break. Néanmoins, la partie technique du jeu, qui m’a un peu refroidi niveau plaisir de jeu, à amoindri légèrement tout le bien que je pense de Quantum Break. Deux ans après sa sortie, voir un JV aussi mal fini que ce que j’ai pu voir est assez dommage, alors qu’à côté, Quantum Break peut se targuer d’être l’un des JV les mieux écrits de ces dernières années.

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Les + :

  • Un casting « poids lourd »
  • Les personnages de Beth Wilder et de Liam Burke, tellement bien écrits l’un comme l’autre
  • Les prestations des actrices et des acteurs, superbement bien dirigés
  • Une écriture poussée pour un Jeu Vidéo
  • La partie Série TV, réussie de bout en bout
  • Un projet cross média ambitieux qui s’en sort plutôt bien au final
  • Une version Française réussie elle aussi
  • Une durée de vie correcte
  • Une bonne rejouabilité à condition d’avoir aimer la première fois
  • Les documents à lire sont obligatoires pour avoir le tableau complet

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Les – :

  • Une technique catastrophique, deux ans après sa sortie, avec un patch de plus de 40 go quand même
  • Des fusillades qui manquent cruellement de folie et qui sont beaucoup trop répétitives
  • Il faut attendre le 4ème chapitre (sur 5) pour que Quantum Break lâche enfin les chevaux

Son appréciation

Je l’attendais vraiment en quelques sorte ce Quantum Break. J’en ressort non pas déçu ni mitigé mais je m’attendais, en quelques sortes, à « mieux » dans le genre « différent » de ce que j’ai vu et jouer. D’une remarquable écriture certes, mais j’espérais quelque chose de plus « poussé ». Un JV à la frontière avec la Série TV, qui ouvre légérement la porte avec courage et réussite mais qui aurait pu faire encore plus fort et encore mieux que ce que j’ai pu voir durant une dizaine d’heures fortes agréables si je fait fi d’une technique honteuse. Peut être pour une prochaine fois Remedy ?

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version Xbox One physique achetée par mes soins.

3 commentaires

  1. Hello ! Super critique sur ce jeu que j’hésitais à me procurer. Je l’ai dans ma liste de souhaits sur Steam mais j’attends une baisse de prix au vu des – que tu as formulés. J’ai quand même hâte de pouvoir découvrir ce format assez original 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Hello toi ❤ Merci, ravi que ça te plaise. J’ai lu un peu partout que techniquement, Quantum Break était impeccable sur sa version PC, je pense que tout ira bien pour toi du coup 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Me concernant, je n’ai pas encore pu mettre la main sur ce soft, mais j’ai eu l’occasion de regarder quelques vidéos. C’est un jeu sympa, mais sans plus pour moi…

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