Critique de Prey

8 mois après le décevant car bien trop fainéant Dishonored 2, voilà qu’Arkane Studios et Bethesda sont de retour avec une nouvelle production. Reboot d’un certain Prey sorti à l’origine en 2006, que vaut ce Prey sauce Arkane Studios ? Sortez les post-it et le tube de colle UHU, direction une station spatiale qui ne veut absolument pas votre bien être.

Prey critique blog.jpg

Une critique qui spoile seulement la première heure de Prey, disponible en démo de 13go sur PS4 et One.

Du Prey de 2006 au Prey de 2017

Prey_20170519163754.jpg

A l’origine développé par Human Head Studio et édité par 2K Games, nous incarnions un cherokee en proie à une race extraterrestre belliqueuse. Rebootée par Bethesda en 2014, voilà que la licence est confiée à Arkane Studios qui n’ont même plus besoin d’être présentés tant le statut de rock star est littéralement explosé grâce à un certain Dishonored. Sauf qu’avec un second épisode douteux sur l’ensemble de ses points, je n’étais plus très réceptif à leurs productions ni à leur actualité. Sauf qu’une certaine démo fait parler d’elle. Encore moins convaincu qu’avant de télécharger le machin, c’est après avoir vu ce nouveau Prey quelques heures après le début, en tant que spectateur, que je me suis rendu compte que la démo avait avant tout la qualité d’enfoncé le titre plus que de le « vendre ». C’est donc avec une certaine crainte que je me suis retrouvé à bord de Talos 1 dans la peau de Morgan Yu.

Prey_20170519164354.jpg

Du background à un scénario qui cultive l’art du combo « Pourquoi ? Comment ? »

Prey_20170519174634.jpg

Vous incarnez donc un homme ou une femme au doux nom de Morgan Yu. Pas de réelle incidence sur le scénario ni les dialogues mais on sent déjà l’envie pour le studio de vous laissez le choix de choisir votre apparence (même si c’est un FPS, ahem). D’ailleurs, sachez que tout au long de votre aventure spatiale, vous serez constamment livré à des choix comme sauver une personne ou aider telle autre. Sachez juste que toute vos décisions auront un impact sur votre fin de jeu, oui rien que ça. Au niveau de la personnalité, ça va être difficile de vous décrire ce qui distingue Morgan Yu de ses congénères tant vous incarnez une coquille vide, vu que votre personnage n’est pas doué de la la parole. Comme quoi, même en 2017, le procédé existe encore et n’a pas l’air de choquer grand monde. Vous vous réveillez dans votre appartement alors qu’il fait un soleil magnifique dehors. Vous découvrez alors que vous êtes une sorte de sujet de tests pour Transtar. Malheureusement le bout de vie idyllique va vite tourner au cauchemar. Livré à lui même sur une station spatiale en proie à une infestation extra-terrestre d’un genre nouveau, vous allez devoir faire la lumière sur bien des sujets en commençant par vous. Pas question de spoiler mais vous découvrirez assez vite qu’il n’y a pas que le martien d’en face qui veut votre peau. En résulte un scénario maitrisé qui joue avant tout sur le fait que votre Morgan Yu est amnésique. Pourquoi êtes vous dans une station spatiale ? Pourquoi celle ci est attaquée par une race extra terrestre belliqueuse ? Pourquoi les gens rencontrés à bord veulent avant tout vous défoncer la gueule ? A vous de vous débrouillez pour trouver les réponses, si vous le souhaitez bien évidemment. Puisque vous pouvez tout aussi bien suivre bêtement la quête principale sans non plus dévié de votre route, vous êtes libre après tout… Au niveau du background, ce Prey de 2017 se situe dans une réalité alternative (ou uchronie) où JFK à survécu à son attentat pour ne citer que ça, puisque là encore, Prey cultive votre sens de la curiosité dans la tonne de documents disséminés partout dans la station. Libre à vous de prendre le temps de lire ou non mais sachez juste qu’un travail colossal à été abattu pour rendre l’univers le plus crédible qui soit. Parce que oui, Prey peut se targuer d’être riche en terme de background.

Prey_20170521201025.jpg

Un jeu sous influence ou sous plagiat ?

Prey_20170519224635.jpg

La question peut être idiote mais qu’elle est la différence entre une production qui s’inspire d’autre JV et fait sa tambouille d’une autre production qui va juste recraché ça et bon appétit ? Tout simplement le résultat final. Prey s’inspire grandement de Bioshock et de Deus Ex (pour ne citer que ces deux là puisqu’on peut aussi évoqué Alien Isolation dans le genre) mais parvient à se dégager du piège du simple plagiat bête et méchant. Les influences sont perceptibles mais respectueuses en réussissant à encrer sa propre personnalité et faut bien avouer que Prey à une sacrée personnalité même si faut bien avouer que parfois, l’exercice auquel Arkane Studios s’adonne est périlleux. Si vous avez déjà arpenter Rapture où fouiller les nombreux ordinateurs présents dans Deus Ex Human Revolution et Mankind Divided, vous serez ici comme « chez vous ». Mais point question de juste refoutre ça pour faire beau, non. L’inspiration est flagrante mais le résultat final parvient à se dégager du piège simpliste et réussit à aller plus loin. La voilà la différence entre respect des oeuvres inspirées et simple plagiat parce que « c’est trop bien et pas cher de plagier sans vergogne »…

Prey_20170522203408.jpg

Perdu dans l’espace, personne ne viendra changer votre couche culotte

Prey_20170522225908.jpg

Sachez qu’en attaquant Prey, vous serez très vite livré à vous même dans une immense station spatiale de près d’un kilomètre de long (800 mètres de longueur le machin mine de rien). Vous allez donc devoir apprendre à survivre et vous déplacer dans Talos 1. La première des choses à savoir, c’est que vous ne survivrez JAMAIS en la jouant comme dans un vulgaire Call Of Duty. Il faudra donc vous rendre à l’évidence que le premier réflexe à adopter est de TOUT ramasser. Mais quand je dit tout, c’est tout. D’ailleurs, la première étape de votre survie tournera exclusivement autour de ça : fouillez tout les recoins possible et imaginable de cette foutue station. De toute façon, vous pouvez aller où vous voulez, quand vous voulez, alors n’ayez pas peur de sortir de la quête principale pour allez fouiller telles pièces ou tel couloir. Ensuite, toujours au rayon de ce geste de base qu’est le fait de bien fouiller, Talos 1 regorge de machines à recycler qui transformera votre bordel en ressources capable de vous faire des munitions (à condition de trouver les plans correspondants bien évidemment). En plus de ça, sachez qu’avec les neuromods (c’est la même chose que les runes dans Dishonored, faut les trouver pour pouvoir se renforcer), vous pourrez élargir votre inventaire qui ressemble à s’y méprendre à celui de Resident Evil 4 ou Deus Ex. Vous commencez à comprendre, sans organisation de votre part, la survie est pratiquement impossible. Peu importe la difficulté, sachez qu’il n’y aura personne pour vous faire un chocolat tout chaud. De ce fait là, arpenter Talos I crée un fort sentiment de solitude et évoluer dans de longs couloirs sombres, avec pour seul renfort votre petite lampe et votre clé, peut vous obligez à devenir un petit peu parano puisque je n’en ai pas parler jusque là, mais la mystérieuse race extraterrestre à bord peut être partout… Et nulle part.

Prey_20170522210005.jpg

E.T est là mais maman est Prey de toi

Le pourquoi du comment où vous vous retrouvez face à une race extraterrestre vous sera expliqué en temps et en heure mais il faudra néanmoins vous battre contre un envahisseur qui n’a aucune pitié. Du petit truc noir capable de se dupliquer en tout et n’importe quoi au gros bazar de 3 mètres de haut capable de vous tuer en un coup, il faudra apprendre (à la dure) comment jouer sur leur points faible afin d’optimiser votre équipement. Sachez qu’il faudra juste fouiller la station afin de mettre la main sur un casque assez spécial appelé « Psychoscope ». Fonctionnant de la même manière que l’appareil photo dans Bioshock, le psychoscope vous fournira une aide précieuse dans la récolte de données et le déverrouillage des aptitudes extraterrestres. Faudra juste penser à scanner le machin de devant avant de le buter… Le bestiaire de Prey ne bouscule pas vraiment le paysage vidéoludique mais fait dans l’efficacité la plus pure puisqu’il réussit le tour de force de vous rendre totalement parano. Même si j’ai finit par « m’y faire », mes débuts n’ont pas été évident face à cette mystérieuse race extraterrestre. Bien souvent, au moindre bruit suspect ou porte qui s’ouvre toute seule, je me fige net, en cherchant le pourquoi du comment… Je peut vous dire que couramment, il est arrivé que je sursaute ou que je me mange un bon gros jump scare bien comme il faut. Donc dans un sens, la menace est inédite tant elle bouscule un peu mes habitudes. Néanmoins, au bout d’un petit moment, on finit par prendre le pli et s’habituer.

Prey_20170522202334.jpg

De quoi faire, entre explorer et survivre à la dure

Prey_20170523214844.jpg

Entre la quête principale et les quêtes secondaires, il y a vraiment de quoi vous occuper dans ce Prey. Néanmoins, vous n’êtes pas obligé(s) de tout faire mais sachez que chacune de vos décisions et de vos actes à bord de Talos 1 auront un impact sur la fin de votre « aventure », à l’heure où j’écris cette critique, en prenant tout mon temps en faisant le plus possible de quêtes, en me promenant, en fouillant un maximum, j’ai allégrement dépassé la trentaine d’heures (et je n’ai pas tout fait…) en ne voyant pas le temps passé puisque Prey réussit à ne jamais me lasser à aucun moment. Jamais, je n’ai ressenti un ennui particulier ou me dire que je n’avais pas envie de faire telle ou telle chose. Donc faut le dire clairement : Prey est un plaisir de presque tout les instants puisqu’il faut quand même évoqué l’ultime dernière heure qui force un peu trop sur les allers retours, ce qui est dommageable puisqu’on sent une légère envie d’en finir de la part de Prey…

Prey_20170519224442.jpg

Techniquement Prey ?

Prey_20170523213101.jpg

Graphiquement parlant, du moins sur PS4, Prey est magnifique, entre la gestion de la lumière ou justement la gestion de l’absence de lumière, Prey peut se targuer de réussir à se rendre agréable à l’oeil. Même si du côté des visages, si ceux de Dishonored ne vous gêne pas, tant mieux. Mais sinon, vous n’allez pas accrocher à ceux de Prey. En terme de technique pure, mis à part un ou deux bugs pas bien méchant, je n’ai rien noté de particulièrement grave et à aucun moment, je n’ai été bloqué ni même confronté à des freezes. Mais, puisqu’il en faut toujours un, le gros souci pour Prey étant ses temps de chargements lors de vos changements de zones. Non seulement, ils sont plus que fréquents mais en plus, ils peuvent durer une minute dans le plus grand des calmes, ce qui est très frustrant. Notons quand même une certaine chose qui frappe, c’est le gameplay qui manque de répondant, surtout quand ça doit bastonner face à un ou plusieurs mimics. C’est singulier de se dire que le gameplay est aux fraises durant les premières heures. Cela dit, on finit par s’habituer et se mettre en tête que Prey peut certes se jouer en bourrin mais que le jeu n’attend pas du tout cette façon de faire de vous. Mais si on est débrouillard(e), on peut plier le gameplay comme on le souhaite. Un mot sur la bande son et sa gestion. Dans la démo, il y avait un grave problème de gestion des sons en cas de baston contre un mimic et aussi le niveau sonore du machin. Dans la version finale, la gestion musicale à été revu et corrigée mais le niveau sonore m’a obligé à aller trifouillé dans les options pour abaisser puisqu’au casque, je vous avoue que mes oreilles auraient fini par prendre la poudre d’escampette. La bande son en elle même, je vous avoue avoir un gros coup de coeur, tant je la trouve vraiment excellente, surtout le titre « Mind Game » qui est juste magnifique. Enfin, la localisation du jeu, il ne faut pas chercher plus loin qu’elle est Full VF imposée. Vous me connaissez, d’habitude, j’ai pas d’eau dans mon vin et je tire à bout portant mais cette fois ci, étant donné la très bonne qualité de cette VF, je dirais que c’est toujours dommageable de ne pas laisser le choix mais qu’elle reste quand même dans la moyenne haute des full VF vidéoludique.

Prey_20170525205240.jpg

Verdict

Prey_20170521222807.jpg

Prey fait partie de ces JV que j’adore. Bien écrit, avec du background solide et assez intelligent pour me captiver durant des heures, on peut dire qu’Arkane Studios réussit à se faire pardonner d’un Dishonored 2 indigeste et raté de bout en bout tant le studio prouve réellement de quoi il est capable avec ce Prey « 2017 ». Inspiré par des oeuvres vidéoludique devenues cultes comme Bioshock, Prey parvient à s’extraire du piège d’une inspiration manquée pour proposer sa propre voie. Riche, puissant, frais et avec une certaine personnalité, Prey est un grand cru vidéoludique de Science Fiction qui n’attend qu’une seule chose de vous : votre attention. Laissez lui la chance de vous prouver ce qu’il est capable de faire mais oubliez la démo, cette dernière est réellement inutile dans son domaine.

Les + :

  • Un univers de Science Fiction uchronique ultra bien foutu et fortement intéressant
  • Les premiers instant de Prey, c’est d’une surprenante surprise
  • La fin qui remet une couche au niveaux des questions qu’on se pose…
  • Jamais un jeu ne m’avait offert une aussi grande liberté qu’à bord de Talos 1
  • Les sorties hors de la station, se retrouver dans l’espace, c’est quelque chose
  • Un petit patch (moins de 2 go) pour une propreté technique qui fait du bien
  • Une assez bonne VF dans l’ensemble
  • L’Original Soundtrack, une merveille en fait

Les – :

  • Les temps de chargements, très (voir même trop) fréquents et trop, trop, trop longs
  • Votre Morgan Yu qui ne parle pas. Nous sommes en 2017 bordel.
  • Un gameplay un peu aux fraises lors des combats
  • Une full VF imposée
  • Pas de NG+. Juste, pourquoi ?
  • La démo qui fait plus de mal au jeu qu’autre chose…
  • Le niveau du son, je vous conseille de le baisser dans les options, surtout si vous jouez au casque

Son appréciation

Avec Dishonored 2 en novembre dernier, Arkane Studios m’avait littéralement pris pour un idiot né de la dernière pluie. Avec Prey, le studio me flatte dans mon égo et fait en sorte que je soit le plus à l’aise possible à bord de Talos 1 en proie à une mystérieuse race extraterrestre belliqueuse. En résulte un titre intelligent, frais, réussis, qui laisse vivre son joueur ou sa joueuse comme il l’entend ou presque et qui connais ses références en réussissant à faire sa tambouille personnelle malgré un ou deux couacs ici ou là. Ce qui n’aurait peut être pas dû arriver arriva mais Prey est pour moi un très gros coup de coeur de cette année.

Critique et screenshots réalisés à partir d’une version PS4 commerciale généreusement prêtée par ZengInGame (merci ❤ )

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s