Critique de Horizon Zero Dawn

Annoncé à la surprise générale d’un E3 2015 inoubliable, Horizon Zero Dawn et Guerrilla ont su se faire attendre, dans une danse de séduction chorégraphiée à la perfection. Est-il un simple AAA bête et méchant ou bien incarne t’il ce sursaut tant attendu que nous souhaitons tous (ou pas) de la part de l’industrie ? Parfois, c’est plus compliqué que prévu…

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Tout est fait pour éviter le plus maximum de spoils, même le plus minime dans les screenshots.

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La Terre ne nous appartient plus, nous sommes à présent les dominés

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Le contexte d’Horizon Zero Dawn est assez inédit en soi. C’est l’histoire d’une humanité réduite à néant des siècles auparavant par on ne sait quel(s) événement(s). Prenant place dans une ère post post apocalyptique, l’humanité est devenue l’espèce dominée et celle ci est retournée un peu à l’époque préhistorique en ré-apprenant à vivre en tribu. Avec ses coutumes tribales, celle ci ne peut que se résoudre à chasser et la jouer fine dans un monde sans foi ni loi, revenu à l’étape sauvage. Vous incarnez Aloy, paria depuis sa naissance, élevée par un autre paria qui a dédié sa vie à son éducation, et surtout après un évènement particulier, il a fait d’elle une chasseuse hors pair, capable de se mouvoir dans ce monde aussi magnifique que dangereux à chaque instant. Et encore le mot dangereux est faible tant la menace est inédite. Sans pitié, sans émotion. Dans Horizon Zero Dawn, notre belle planète que nous maltraitons, se voit arpentée par des machines. Prenant l’apparence d’animaux, ces dernières vit leurs vies jusqu’à ce que la confrontation arrive. Car l’humanité à besoin de chasser les machines pour ses composants malgré le danger des combats entre les deux espèces, la première usant de technologie comme de lasers et l’humanité, réduite à un simple arc et des flêches. Horizon Zero Dawn prendra tout son temps pour vous poser toutes les bases afin que vous soyez aussi à l’aise qu’Aloy l’est dans son monde. En effet, c’est après 6 heures de jeu que la production de Guerrilla se lance véritablement. Certains diront que c’est trop, les autres évoqueront une certaine forme de courage. Moi je parlerais plus de générosité. Guerrilla à pris le courage de prendre tout le temps nécessaire pour installer son récit et ce dernier vous embarque alors dans un début tonitruant, assez long et bien foutu dans sa narration. C’est ainsi qu’après un élément « perturbateur » de tout récit qui se respecte, vous êtes lâchés dans le monde post-post apocalyptique du jeu. Votre objectif ? Poursuivre et faire la lumière sur une menace aussi mystérieuse que dangereuse qui vient à la fois des machines, mais aussi de vos semblables… Le scénario est certes classique mais verse dans l’efficacité la plus pure. Vous êtes entrainés dans une histoire forte de tout un tas de rebondissements scénaristique qui concerne à la fois Aloy mais aussi ce monde. Malheureusement, ce scénario de grosse production AAA ne va jamais plus loin que sa zone de confort. Ce qui a pour tendance de me faire dire que tout ceci ne brille aucunement pour son intelligence mais comme ça se laisse suivre puisque plutôt bien écrit et maitrisé, je n’en dirais pas plus. Tout est là pour qu’Horizon Zero Dawn traite le fond de son sujet et même plus encore, mais afin d’éviter de froisser le premier quidam venu, il se permet juste d’être lisse afin de plaire à tout le monde. Pour ma part, oui en effet, j’ai apprécié le scénario mais là où je voulais une certaine dose d’intelligence et de courage en prenant position sur un sujet, je n’ai pas eu ma « dose », quand bien même Horizon Zero Dawn ne s’est jamais voulu être de cette trempe là. Cela dit, il se permet de me surprendre dans un autre secteur, dans lequel je l’avoue, je ne l’attendais pas. Mais il faudra poursuivre votre lecture pour le découvrir.

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Une liberté vertigineuse et viscérale mais maintes et maintes fois vue auparavant ?

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Donc après vous avoir un peu pris par la main afin de vous expliquer comment s’en sortir dans ce mode sans pitié, le jeu vous lâche. Vous êtes donc livrés à vous même et appliquerez donc ce que vous avez appris durant les 6 premières heures. Et alors que chez d’autres JV, il est arrivé que ça ne fonctionne pas, dans Horizon Zero Dawn, c’est presque naturel. Vous êtes lâchés, libre, sans rendre de compte à personne et pourtant, le jeu veille sur vous, par des petits artifices ici où là, où ces derniers sont assez visible mais tellement discrets qu’on se surprend à se dire que Guerrilla à donc tout prévu mais alors vraiment tout. Je prend pour preuve les feux de camps utilisés pour vous permettre de sauvegarder automatiquement ou manuellement, distillé un peu partout sur la map et pas trop espacé les uns des autres, ce qui vous permet de sauvegarder fréquemment. Ce qui traduit une certaine forme de maîtrise, à la fois du studio mais aussi de Horizon Zero Dawn. Outre les missions principales, le jeu vous tartine de choses à faire, avec toujours le point en commun de la pertinence du contenu. Les quêtes annexes sont généreuses dans leur écriture mais aussi dans leur récompenses d’accomplissement, les collectibles servent pour votre troc et vous permettront de mettre la main sur du contenu très puissant une fois arrivé dans un lieu précis. Néanmoins, étant donné que le jeu comporte des éléments de RPG, vous êtes régi par les fameux niveaux, qui une fois atteints, vous offre un point de compétence (tout en influant sur votre barre de vie), à savoir que les quêtes, qu’elles soient principales ou annexes, sont elles aussi d’un certain niveau. Vous pouvez toujours les accomplir en étant de niveau inférieur à ce qui est demandé, mais vous vous rendrez vite compte par vous même qu’il faudra être au niveau exigé avant de les accomplir… Donc à ce niveau là, Horizon Zero Dawn applique à la perfection une recette que nous connaissons toute et tous mais Guerrilla réussit le tour de force de jamais tourner en rond, grâce notamment à des quêtes scénarisées, qui vous demanderont à chaque fois des choses différentes, renouvelant sans cesse le plaisir de les effectuer. D’ailleurs, il est assez rare pour le souligner, mais évoluer dans le monde de Horizon Zero Dawn est un plaisir de tout les instants. Je m’y sent bien, à l’aise, malgré un danger omniprésent tant le jeu vous happe littéralement dans son univers. D’ailleurs, tout est fait pour vous ne vous lassiez jamais puisque le jeu met tout en oeuvre pour vous occuper à chaque instant, dans tout les endroits. Plusieurs fois, je me suis arrêté pour observer ou pour faire des blaguounettes aux machines (avec de l’imagination, il est parfois fun de se farcir leur tête avant un bon gros combat des familles). En résulte un sentiment d’avoir envie d’y retourner après avoir éteint la console, ce qui est un indicateur en soi.

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La bonne chasseuse de la mauvaise

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Je l’ai dit plus haut, vous incarnez la très belle Aloy. Icône féministe pour les uns, simple nouvelle héroïne toute belle et méga forte pour les autres, cette dernière est tout simplement LA plus belle « chose » de Horizon Zero Dawn (ouais ouais, graphisme toussa, on à compris). Belle, forte, indépendante, badass bien au dessus du niveau réglementaire de la badasserie en temps normal, Aloy roule sur tout ce qui bouge ou presque. D’ailleurs, qu’on soit une joueuse ou un joueur, Guerrilla à eu la bonne idée de nous permettre soit de l’incarner si on s’identifie à elle ou soit d’être un peu sur la même longueur d’onde puisque comme vous, Aloy découvre ce monde aussi sauvage qu’inexploré ou presque. Ce qui permet une identification au personnage, peu importe que nous soyons un monsieur ou une madame, à condition bien évidemment d’accrocher au jeu et à son héroïne. D’ailleurs, Aloy a tellement de flèches à son arc (oui j’ai osé 😀 ) que vous pouvez la jouer un peu comme à votre convenance. En chasseuse, en brute ou un peu des deux, cette dernière est un plaisir à voir évoluer tant elle se permet de se sortir de presque toute les situations. Bien évidemment, tout dépend de vous, de votre manière de vous battre avec l’arsenal que vous avez en main. A ce niveau, sachez que l’équipement de base reste votre arc mais très vite, vous mettrez la main sur un lanceur de câbles qui vous permettra de piéger n’importe quelle machine qui fonce dessus. Vous avez aussi une fronde qui jette des bombes élémentaires (feu, glace et électricité) sur les machines (après il faut aussi jouer sur le point faible de la dite machine, ça fonctionne très bien). En bref, vous avez réellement un large éventail de joujoux à même de décider du sort des combats puisque tout peut déraper en un seul instant. J’évoque aussi le fait que vous devez penser à faire la cueillette et la chasse aux animaux de chair et de sang (sanglier, dinde, renard, poisson, lapin etc etc) puisque pour crafter vos flèches, il faudra récupérer du bois (on peut aussi acheter les dites flèches aux différents marchands). Au passage, vous pourrez aussi bien augmenter la taille de votre carquois, de vos différentes sacoches et ainsi de suite. En clair, le jeu est bourré de personnalisations pour « votre » Aloy, que ce soit au niveau de la puissance qu’au niveau vestimentaire.

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Un bon combat, ça ne se refuse pas

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Alors qu’Horizon Zero Dawn manque un peu de fond et d’intelligence dans son scénario, il se rattrape aisément dans ses combats, véritable et énorme surprise pour moi. A l’aide d’un gameplay vraiment bien fichu et d’une IA de la part des machines d’une agréable surprise, les combats que vous livrerez contre les ennemis mécaniques ne sont à aucun moment pareil du précédent. En soi, j’ai une petite anecdote à raconter. Aux environs de mes 8-9 heures de jeu, je me suis retrouvé face à un dent de scie, une sorte de gros guépard bien fourbe et bien casse tête à tuer. J’ai alors posé un piège avec le lance câble. C’est alors qu’au moment pour lui de se le manger, qu’un second à débouler de je ne sais où et alors que je prenais le temps de tuer son ami, le nouveau dent de scie s’est arrêté, me fixa dès lors. J’en profite pour reposer un second piège et le charger par derrière, m’éloignant du dit piège. Alors que la méchante machine me court après (imaginez la scène, moi prenant les jambes d’Aloy à son cou), je me suis réfugié derrière le câble, pensant que le doudou allait tomber dedans (bah quoi, je profite d’une IA, même quand elle est pas intelligente), ce dernier s’est littéralement arrêter devant le câble. Du style, « je me ferais pas avoir par ton piège ‘culé(e) ». Sur le coup, ça m’a vraiment surpris, je ne m’attendais pas du tout à sa réaction, du moins pas de ce genre là. Puisqu’il avait vraiment l’air d’interagir avec moi ou ma fourberie à poser un piège juste devant lui, tranquillement sans penser une seule seconde que celui ci y réagirait comme il l’a fait. Par la suite, j’ai titillé un peu l’IA des machines et par moment, elle est capable de fulgurances, de choses vraiment intéressante qui m’amène quand même à produire une stratégie, qu’elle soit tout en finesse ou bien rentre dedans. Et rien que pour ce point là, Horizon Zero Dawn m’a offert quelque chose que je n’attendais pas forcément sur ce point là mais il suffit largement à me contenter et je vous avoue en être le premier surpris. cela dit, du côté des humains ennemi, l’IA n’est pas vraiment brillante mais n’est pas ridicule pour autant. Elle fait le taf, comme la grosse majorité des IA dont nous l’avons l’habitude ailleurs.

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Du côté des graphismes, de la technique et de la bande son

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Les screenshots parleront pour Horizon Zero Dawn mais je pense que vous voulez que je l’écrit. Graphiquement parlant, en effet c’est tout simplement magnifique. Mais il l’est encore plus dans ses décors, sa photographie et les effets que le moteur graphique produit. Le plus incroyable étant que le jeu soit un Open World dans un premier temps mais aussi et surtout un Open World propre techniquement parlant. Pas de bug pénalisant l’expérience de mes nombreuses sessions sur le titre, pas de ralentissements, pas de freezes, je n’ai rien à dire de particulier de ce côté là, sauf le fait d’avoir eu un très léger patch day one (250 mo). Rien que pour ça Guerrilla, merci. Revenons vite fait sur les graphismes, le studio s’est dit que son JV était tellement beau pour nos mirettes qu’il serait criminel de ne pas embarquer un mode photo dès la sortie du jeu. Ce dernier est l’un de vos meilleurs ami au cours de votre aventure, oui tout simplement. Avant de parler de la bande son, on va s’attarder sur le doublage et la liberté du choix. Sur le fait de choisir son doublage (entre autre la VO et la VF), je n’ai rien à dire, ça doit être la base de n’importe quel JV. Donc, de ce côté là, c’est good. Néanmoins, le jeu de l’actrice pour la VO d’Aloy (la même que pour Chloé Price dans Life Is Strange) est littéralement à côté de la plaque pour être poli. Son jeu vocal est monotone et ne dégage presque rien. A un tel point que j’ai failli arrêter de jouer à Horizon, tellement je trouvais le jeu d’une chiantitude extrême. Mais j’ai décidé de changer le doublage (dans une certaine réflexion, je pensais que mon souci d’immersion venait de là) et d’un coup, tout était mieux. Le jeu vocal de la VF est à des années lumières d’une VO soporifique puisqu’on sent que la doubleuse croit réellement dans son rôle et ça se traduit par une voix « chaude », enjouée et croyante dans le personnage qu’elle double. Pour finir sur la bande son, celle ci est l’image du monde de Horizon Zero Dawn, à la fois guerrier et technologique. Cette association des deux genres se retrouvent dans la bande son où se mêlent tambour et musique plus « récente ». Un mot sur le main thème, celui que vous entendez à l’écran titre. J’ai un énorme coup de coeur, et rien que de l’écouter hors de mes sessions de jeu me file à la fois des frissons et plein de souvenirs in-game qui poppe dans ma petite tête.

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Verdict

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Avec Horizon Zero Dawn, Guerrilla tape fort dans le petit monde des Open World. Avec un univers totalement inédit et une héroïne qui l’est tout autant, le studio parvient non seulement à nous offrir une oeuvre fraîche mais aussi suffisamment étayée et remplie à ras bord pour éviter le fameux syndrome de redite. Que ce soit dans son scénario, son héroine, les ennemis auquel nous devons faire face ou le monde dans lequel nous sommes jetés, Horizon Zero réussit parfaitement à allier toute ces choses afin de nous proposer une aventure grandiose, immersive et grisante, au fur et à mesure que les heures défilent. Jamais répétitif et sans cesse auto renouvelé, Horizon Zero Dawn parvient sans souci à me happé dans ses bras. L’un des meilleurs Open World que j’ai pu faire sur cette génération, bravo Guerrilla !

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Les + :

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  • Aloy, aussi belle que redoutable
  • Graphiquement et techniquement solide de bout en bout
  • Les combats, l’énorme surprise en ce qui me concerne
  • Les creusets, sorte de donjons du jeu, ça vaut le détour
  • Le main thème et aussi la bande son, tout simplement magnifique
  • Le mode photo, c’est ton poto
  • Le choix de choisir le doublage et au passage, calibrer notre HUD comme bon nous semble
  • Un très léger patch day one

Les – :

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  • Un scénario qui ne va jamais au bout de ce qu’il pourrait faire en terme de réflexion, c’est frustrant
  • Un cycle jour-nuit et vice versa, un peu brutal et pas vraiment « naturel »
  • Une VO monotone et pas enjouée pour un sou
  • J’aurais pas dit non pour un NG+ avec une difficulté adaptée à mon niveau
  • Des dialogues parfois ridicules et risible
  • Une synchro labiale un peu à côté de la plaque (pour la VF)
  • Certaines expression du visage parfois en mode Yolo

Son appréciation

Un Open World magnifique et cohérent, une héroïne méga badass, un univers post post apocalyptique inédit, des combats grisant pour un scénario qui se laisse suivre mais qui aurait mérité un traitement plus profond. Que demander de plus ? Un bon gros AAA qui fait du bien de temps en temps, ni plus ni moins.

* Critique et screenshots réalisé sur une version PS4 commerciale, achetée par mes soins.

 

4 commentaires

  1. J’ai encore plus envie d’y jouer maintenant (en revanche, tu peux éviter le rouge sur fond noir, ça pique grave les yeux XD). Jolie critique 😉

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai vraiment hâte de jouer à Horizon Zero Down ! Ce qui m’attire le plus dans ce jeu c’est le graphisme qui, comme tu l’as mentionné, est magnifique. Les images parlent d’elles-mêmes.

    Aimé par 1 personne

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