Critique de Homefront The Revolution

Sorti l’année dernière, le 20 mai 2016 précisément, un certain Homefront The Revolution est enfin disponible à la vente après une longue période difficile de développement. Défoncé par la presse et par les joueurs, pour une fois que les deux se mettent au diapason, fait rare pour être évoqué, le titre de Dambuster Studios n’avait à priori rien pour lui pour se retrouver entre mes mains. Sauf que forcément, à très petit prix et dans une période creuse, j’ai décidé de lui laisser sa chance. A tort, à raison ? Réponse dans une critique loin d’être révolutionnaire et aussi indésirée que le titre qu’elle vous parlera.

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Une critique 100% solo.

Homefront (Kaos Studio, THQ) Vs Homefront The Revolution (Dambuster Studios, Deep Silver)

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Sorti en mars 2011, Homefront 1er du nom voulait jouer dans le bol de céréales des Call Of Duty et autre Battlefield mais en se démarquant avec une campagne solo singulière. Ecrit et chapoté par un certain John Milius, à qui on doit le scénario d’Apocalypse Now et l’Aube Rouge (rien que ça le pépère !), l’histoire d’Homefront était, du moins sur le papier, tellement bien foutue que ça aurait pu accouché d’un JV exceptionnel. Sauf que bah non en fait. Homefront vous raconte donc l’histoire d’une Corée du Nord tellement puissante qu’elle réussit à foutre les Etats Unis à genou. En 2027, alors que les USA sont occupés militairement par les forces Nord-Coréennes, vous incarniez un pilote d’hélicoptère au doux nom de Robert Jacobs, le jeu commence alors par votre capture et votre transfert dans un camp de concentration, vous êtes alors libéré par la résistance et les rejoignez dans la foulée. Au fil de vos missions, vous finirez alors par rejoindre le peu d’armée US qu’il reste, alors que celle ci affrontera les Nord Coréen sur le pont de San Francisco. En terme de JV pur, Homefront se vautre lamentablement dans la facilité et peine à tenir la cadence face au gros FPS de l’époque, Call Of en tête. Perdu dans les méandres de la médiocrité, autant sur le gameplay que sur les graphismes, Homefront rejoindra la liste de ces JV de second rang et finira par être oublié… Sauf que THQ n’en avait pas fini avec sa licence. Bien décidé à y aller au baroud d’honneur, l’éditeur se voit hélas calmé dans son élan et mettra la clé sous la porte. La licence est revendue, Homefront The Revolution nait dans la foulée puis est encore revendue et finira chez Deep Silver, le début de projet (bien avancé au passage) est confié au studio Dambuster Studios. Le jeu à bien souffert de ses deux rachats successifs mais le développement reprend. C’est en tenant compte de ça que je vous propose la critique d’un JV aux cicatrices tellement profonde qu’un bashing dessus en devient presque un débat à lui tout seul…

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Le scénario, du nord co’ à la révolution

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Homefront The Revolution est un semi-reboot, d’ailleurs on ne sait pas trop, de l’affaire. Tenant compte de notre société moderne à nous, il touche à la politique, à l’économie, aux guerres et à la technologie. La Corée du Nord tient son Apple, appelé Apex, il construit aussi bien des smartphones que des armes (dans un second temps). Les Etats Unis et la Corée du Nord font des affaires ensemble mais un jour, dans l’incapacité de se sortir d’un bordel économique, les Etats Unis sont envahis militairement par la Corée du Nord en 2025, grâce à un petit bouton sur les joujoux vendu aux USA, comme dans le 1er Homefront (lui c’était carrément une IEM et hop victoire par K-O). Sauf que l’action de ce nouvel épisode se passe en 2029, soit deux ans après Homefront. Vous incarnez un certain Brady, troufion de base d’une résistance affrontant les forces nord coréenne de Philadelphie. La planque découverte, vous êtes à deux doigts de vous faire démonter par l’ennemi jusqu’à ce que le héros, le vrai, le tatoué, le burné, Benjamin Walker alias la Voix de la Liberté, ne vous sauve d’un destin bien funeste. Sauf que vous en profiterez pas longtemps de votre tête d’affiche. Capturé par l’APC, ce dernier est une grosse perte pour la résistance. Sauf que vous, vous remplirez très bien le vide. Et vous finirez par être le substitut parfait et de surcroît le gros problème des méchants d’en face.

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Un semi open world simpliste mais sans cesse renouvelé ou presque

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On oublie l’enchainement impersonnel des missions du 1er Homefront, bonjour au semi open world ! Vous commencez tout doucement, dans la Zone Rouge. L’une des 1ères partie de la ville en ruine, votre principal objectif, si vous le voulez bien évidemment, est de reprendre un à un chaque quartier de la zone avec à chaque fois le même modus opérandi, c’est à dire la jouer guérilla urbaine. Tout en faisant attention aux snipers du coin, vous évoluez à travers les bâtiments en ruine, aux rues vides et tenues par les patrouilles des soldats et leur drones. Chaque zones reprises est l’occasion pour la résistance de refoutre leur pieds sur la table. En soi, l’effort de changement est appréciable puisque vous donnant l’illusion que vos faits et gestes ont une incidence sur les évènements. Les objectifs sont assez répétitifs puisque s’arrêtant au combat pur. Il y a aussi cette histoire d’objectifs secondaires qui vous demanderont d’aider vos copains à tenir une position précise. En un mot comme en cent, la toute première Zone Rouge est une sorte de tutoriel à ciel ouvert où vous prenez tout doucement vos marques en étant jeté dans le bain. Une fois la Zone Rouge sous le contrôle de la Résistance, direction la première Zone Jaune. Et là, ça devient plus intéressant d’un coup. Oubliez votre approche acquise dans la Zone Rouge, cette fois ci, le jeu vous demande un peu de finesse et de jugeote, du moins pendant une bonne grosse demi heure. Votre arrivée dans la Zone Jaune vous obligera à évoluer dans les ruelles et éviter autant que possible les soldats et les patrouilles tout en gardant votre arme rangée. Alors certes, ça ne dure pas très longtemps puisque vous aurez vite fait de prendre le contrôle de la zone mais cette envie de la part du jeu de changer légèrement votre façon de faire, même temporairement, est très appréciable. Sauf que le schéma se répète : Zone Rouge puis Zone Jaune, zone neutre pour le scénario puis une nouvelle Zone Rouge. Le petit souci de cette répétition est de jouer sur les deux tableaux de la résistance. Celle de la guérilla urbaine et celle des missions plus spécifique qui, une fois lancées, jouent la carte de l’attaque précise comme une frappe chirurgicale par exemple. Fort heureusement, l’ambiance de ces zones sont renouvelées à chaque fois, comme ce bout de ville en Zone Jaune où les « collabo » sont logés. Toute ces zones semi open world forment un tout, reliées entre elles par des tunnels et offre quand même de quoi se promener (et encore, c’est vite dit). Alors, au lieu de nous jeter dans une seule et immense map uniforme, Homefront nous offre une multitude d’ambiance puisqu’il sait délibérément qu’il est répétitif. Très répétitif même. Et c’est vraiment dommage.

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Il y a toujours un héros, même quand celui de base est retenu ailleurs

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Je vous l’ai dit plus haut, vous incarnez Brady, un simple homme qui, comme vous et moi, n’a pas de talent particulier ni de super pouvoir. Et pourtant, il réussit à jouer les placebo de service, autant scénaristique que pour le joueur ou la joueuse qui l’incarne. Enfin je dit incarner mais bon en fait, Brady, bah c’est vous. Je vous dit ça parce que votre Brady, bah soit il s’est fait couper la langue, soit le budget pour lui offrir des lignes de dialogues à foutu le camp.Brady ne parle pas, pourtant il a une personnalité (c’est particulier, je l’avoue). Donc Brady, bah il est tout gentil, tout lisse, il fait ce que le scénario lui ordonne de faire et basta. Ah qu’il est serviable ce Brady quand même. Va faire ça ! Fait péter le truc là bas, tue le méchant ici, comme ça et pas comme ça. Viens ici Brady, tu va voir c’est trop facile, n’ai pas peur (ça c’est pas un troll, c’est réellement à un certain moment du scénario). Tout ça pour vous dire, qu’en tant que Brady, vous ne faites que suivre gentiment ce que le jeu vous ordonne et qu’à aucun moment, on vous demande votre avis. Pourtant, la résistance n’est pas moins clean que le camp d’en face et qu’un petit examen de conscience, histoire de donner de la dimension au propos ici fait, aurait été salvateur pour un Jeu Vidéo qui a tout le matériel en stock pour le faire (sinon je n’en tiendrais pas rigueur).

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Le reste (scénario, graphisme,bande son, technique et gameplay)

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Du côté du scénario, celui ci s’avère quand même plaisant, bien qu’ultra classique de chez classique. Les gentils résistants contre les méchants envahisseurs. Fort heureusement, le background, à travers la radio de la résistance et les journaux à lire, viennent donner de l’épaisseur à un scénario ultra lisse et qui ne cherche à aucun moment à aller plus loin. Ce qui est même vraiment dommage car il a tout ce qu’il faut, et ce depuis le 1er opus en 2011, pour le faire. La narration quand à elle. Elle vous prend par la main, même encore plus que le premier épisode puisqu’ elle oublie que vous, joueurs et joueuses êtes en semi open world. Ce qui veut dire que concrètement et si vous êtes comme moi, c’est à dire admirateur/trice du clean de map avant de reprendre les quêtes principales, que vous allez devoir accepter le fait qu’Homefront The Revolution, lui, hé bien il fait pas comme les autres. En résulte un fort sentiment de prise par la main qui m’horripile fortement. Heureusement, ce ne sont que les Zones Jaunes qui fonctionne de la sorte, puisque dans les Zones Rouges, vous êtes un poil plus libre dans votre manière de faire. Parlons bien, parlons graphismes maintenant. Ces derniers sont assez inégaux puisqu’en journée, c’est regardable mais c’est pas non plus une grosse claque. Je trouve néanmoins qu’ils s’en tirent vraiment bien la nuit (au passage, le jeu a un cycle jour/nuit/météo). Alors les fameuses nuits dans Homefront The Revolution, c’est simple, vous n’y voyez presque rien, créant ainsi un sentiment de détresse. Vous pouvez toujours allumer votre lampe, sauf que la nuit, dans les décombres de bâtiments en ruines, la loupiote allumée, c’est direct une invitation à la bastos dans la gueule de la part de snipers ennemis bien planqués. Du côté de ce bon vieux pote, c’est à dire la bande son. Les musiques jouent sur le côté urgence de la situation, parois un peu oppressante, parfois calme mais là où le jeu fait fort, c’est sur sa Version Française. Le doublage y est tout simplement exceptionnel et il est un exemple que toute l’industrie devrait prendre quand elle vous oblige à vous taper la VF (comme quoi, c’est pas si compliqué que ça…). Techniquement maintenant, Homefront The Revolution, après l’installation d’un patch de 10 Go, n’est ni trop bugué ni propre techniquement. Des textures peinent à s’afficher, les temps de chargements sont horriblement long, des corps restent bloqués dans les sols et les murs, des lags, une IA qui se met soudainement être capable de vous reprendre easy finger in the noise. Tout ça ne sent pas le JV de merde, comme j’ai pu le lire ici ou là, mais bien un développement compliqué et qui a dû être éprouvant pour Dambuster Studios. De ce fait là, Homefront The Revolution reste jouable en toute circonstance et qu’aucuns bugs ne soient réellement handicapant pour votre progression, quasi 1 ans après sa sortie, mais il ne faut pas non plus en attendre plus. On finit sur le gameplay, lui aussi classique de chez classique si vous êtes habitués au FPS bien évidement, mais Homefront The Revolution à dans sa besace une feature bien intéressante, totalement expliquée par le scénario au passage (il faut le souligner), c’est le changement d’armes à la volée. Alors concrètement, en achetant l’option au magasin, vous pouvez faire de votre simple pistolet, un pistolet mitrailleur, de votre fusil d’assaut, une mitrailleuse et j’en passe et des meilleurs. Ce qui fait qu’une fois en baston, vos possibilités et vos options face à un ennemi ayant recours à la technologie sont multipliées. En résulte que même si vos ennemis débarquent en force, sur-armé, sur équipé technologiquement parlant, vous êtes à même de leur tenir tête.

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Pourquoi il faut lui laisser la chance de s’exprimer

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A condition de ne pas être allergique aux FPS, je ne peut que vous conseillez de donner sa chance à un JV en souffrance. Les studios qui se sont succédés dessus ont fait de leur mieux afin de livrer une oeuvre qui mérite qu’on se penche dessus et pas qu’on lui crache à la gueule. Car Homefront The Revolution, ne mérite vraiment pas qu’on lui jette une pierre qui ne lui est pas destiné. Bien entendu, il n’est pas parfait, loin de là, mais ce qu’il tente de le faire, il le fait ou du moins essaye de le faire du mieux qu’il le peut. Il est trouvable à pas cher, alors qu’avez vous à perdre, mis à part 10€ et grand max 5 heures de votre vie si au final ça ne match pas entre vous deux ?

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Et pourquoi il faut passer son chemin ?

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Homefront The Revolution ne réinvente rien, se permet de piocher ici et là, histoire de servir son but et vous « offre » une recette vue, re-vue et archi-vue ailleurs et en moins bien. Tout juste divertissant, ce que vous faites dans Homefront The Revolution, vous l’avez déjà fait ailleurs et en plus intéressant. Pas spécialement beau, se prend les pieds dans le tapis de ses possibilités en terme de background, le sentiment d’ennui peut vite arriver, malgré une perpétuelle envie de la part du jeu de vous en foutre plein les yeux en terme de décor. Il y a des bugs, des chargements bien longs, et c’est surtout vraiment répétitif, genre vraiment.

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DOUDOU PASSER !!! DOUDOU PASSER !!! Euh je veut dire : Verdict

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Je m’attendais à une chatastrophe, pire que le 1er Homefront de 2011, j’en ressort avec quand même un assez bon moment passé devant Homefront The Revolution. Supérieur en tout point au naufrage du Jeu de John Milius, Homefront The Revolution propose un scénario réfléchi mais pas assez exploité, tout en vous jetant dans plusieurs semi Open Worlds connectés les uns aux autres. Le Jeu fait donc du mieux qu’il peut pour que vous passiez un bon moment. La mission est à moitié réussie puisque subsiste bon nombre de petits couacs, comme votre héros qui ne parle pas où le fait que le JV n’exploite aucune de ses cartes qu’il à en main pour taper fort en terme de narration et de scénario. Oui c’est sympathique mais c’est dommage de voir un univers aussi intéressant être gâché de la sorte, surtout quand tout est déjà là, à portée de mains…

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Les + :

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  • Le scénario, fort intéressant
  • Les semi Open Worlds et leur variété, connectés entre eux
  • Les personnages de Parrish et Dana, que je trouve bien écrits
  • La radio de la Résistance
  • L’une des meilleures VF que j’ai pu entendre, un exemple à suivre, au passage
  • Le fait de changer le type de son arme à la volée
  • Une durée de vie assez longue pour un simple FPS
  • La nuit, le jeu se permet de dégager une ambiance lourde et pesante fort bienvenue

Les – :

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  • Pas spécialement beau
  • Un héros qui ne parle pas (wtf sérieux)
  • Le jeu vous prend trop par la main, c’est énervant à la longue
  • Répétitif
  • Toutes les cartes en terme de scénario, d’univers et de background sont là mais aucune n’est exploitée, c’est vraiment dommage

Son appréciation :

Dambuster Studios à dû en chier pour parvenir à ce résultat mitigé mais divertissant. Bien supérieur à l’épisode de 2011, Homefront The Revolution a néanmoins dans son esgourde toute les cartes pour réussir mais ne veut pas s’en servir. En résulte une oeuvre batarde et qui manque de percussion. Peut être qu’un jour, quelqu’un nous livrera une oeuvre intelligente, aux grosses burnes,  qui assumera l’entièreté de son univers d’anticipation, qui sait ?

*Critique et screenshots réalisé sur une version PS4 commerciale, achetée par mes soins.

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