Critique de Grand Theft Auto 5 sur PS4

Véritable bombe médiatique, GTA V a explosé la plupart des records de l’industrie du jeux-vidéo. Avec un budget record de 265 millions d’euros pour le développement du jeu, ce nouvel opus a su attirer de nombreux curieux et habitués de la série. 1 an après sa sortie sur Xbox360 et PS3, voici qu’il déboule sur PS4, Xbox One et plus tard sur PC. Le jeu est-il toujours a la hauteur des attentes placées en lui ? Rechargez votre pistolet, ajustez votre gilet pare-balles, on voit ça tout de suite !

Le début d’une histoire intense

Tout commence 9 ans plus tôt par un braquage. On remarque immédiatement que Rockstar a corrigé bien des défauts par rapport a GTA IV. La gestion du système de couverture a été revu et corrigé, ce qui permet aux fusillades d’être beaucoup plus dynamiques que par le passé. On fait la connaissance aussi du Switch. Ce système permet de changer de personnages a la volée ou presque. Effets garantis ! Sans trop vous en dire sur le début du jeu, il permet de poser les bases du scénario et de faire la connaissance ( rapide ! ) de deux des héros. A noter aussi que la conduite a été revu et que selon les gouts de chacun, elle sera plus ou moins beaucoup plus efficace que par le passé.

Un cocktail de héros

L’une des premières innovations de ce blockbuster est que vous ne dirigez pas un, ni deux, mais bel et bien trois héros. Vous aurez donc la possibilité d’incarner Franklin, un jeune afro-américain issu du ghetto qui cherche a gagner de l’argent a tout prix ; Michael, un voleur a la retraite qui n’arrive pas à faire le deuil de son ancienne activité ; et de Trevor, meilleur ami de Michael devenu totalement instable mentalement, et ancien compagnon de braquage. Dans GTA V, chaque héros a d’ailleurs sa capacité spéciale, que l’on active en appuyant sur les deux sticks directionnels simultanément. Pour Franklin, il s’agit de ralentir le temps en voitures ou moto pour mieux se faufiler Pour Michael, il s’agit d’une compétence d’aide à la visée, qui permet d’enfiler les headshots comme des perles. En tant que bon psychopathe, Trevor lui, rentre dans une certaine transe qui lui permet d’infliger deux fois plus de dégâts tout en réduisant les dégâts des balles reçues.

Quand a la seconde innovation, c’est celle du Switch. Le Switch de personnage se fait à tout moment (ou presque). En appuyant sur la touche bas de la croix directionnelle, vous pouvez choisir entre les trois larrons dans un menu. Un zoom-out, un zoom-in, et vous voilà aux commandes d’un autre héros. Petite touche humoristique ajoutée ici, une mini-cinématique a lieu a chaque fois que vous effectuez cette action, et met en scène le caractère de votre personnage. On retrouvera ainsi Franklin dans un club de strip-tease, ou encore Michael en train de regarder un film dans sa villa, verre de Whisky à la main. Trevor peut lui par exemple se retrouver sur la plage en slip, complètement alcoolisé. Ce changement de personnage est également parfois sollicité en mission mais la liberté quant au choix du personnage se limite a quelques missions, et la plupart du temps, le personnage vous est imposé, quand bien même les trois comparses sont sur le coup.

Votre mission, si vous l’acceptez. De toutes façon, vous avez pas le choix.

Les GTA ont toujours proposer leur lots de missions principales et secondaires et Rockstar remet le couvert cette fois ci. Sans trop vous en dire, vous aurez a récupérer des voitures ( les missions de Franklin, au moins dans un premier temps ), vivre la vie mouvementée de Michael ( il rencontrera Franklin pour de bon au cours d’un évènement précis et assez spectaculaire ) et enfin vous ferez la connaissance de Trevor sur une scène le présentant assez, disons le profondément intense … Rockstar nous avait promis que nous n’aurions plus a obéir a personne et nous serions notre propre chef. J’ai bien peur de vous dire que cette promesse a été tenue a moitié. La encore, je ne vous spoilerais pas le scénario mais sachez que le studio dresse un portrait peu élogieux de la société américaine. Toutes ses structures traditionnelles volent en éclat. La famille ? Elle ne se réunira que lorsque les intérêts matériels de chacun s’y prêteront. La communauté ? Présente uniquement quand elle est dans le besoin et vivant continuellement aux crochets des autres sans la moindre gratitude. Les pauvres ? Affreux, sales et méchants. Et tout passe comme cela dans la moulinette GTA V : les médias, Hollywood, la police, le FBI et la CIA, Apple, Google, Facebook, Twitter ( mention spéciale, les bleets sont vraiment très très drôles ) l’église de scientologie, le complexe militaro industriel, les hipsters… Je ne parlerais pas du rôle des femmes, dépeintes au mieux comme vénales. Même les working class heros que sont les routiers américains ont droit à leur critique définitive. C’est là que réside toute l’ambiguïté d’un GTA qui base sa progression dans le jeu sur l’accumulation d’argent tout en dénonçant une société où tous les rapports sont faussés par ce même fric. J’en vient donc au fric, l’excuse trouvée pour se soumettre aux missions données par nos amis du FIB, équivalent ingame du FBI ( et merde, j’ai spoilé … ) mais aussi plus particulièrement aux braquages. Avant chaque gros coup, vous aurez la possibilité de choisir entre plusieurs plans et de recruter des spécialistes afin de vous venir en aide. Selon leurs compétences et leur fiabilité, ils prendront une part plus ou moins importante du butin. Après ce choix vient la période de préparation pendant laquelle il faut réunir les différents éléments nécessaires au bon déroulement du plan. Déguisements, véhicules hors du commun, lieux à repérer, il faut valider tous les éléments de la check-list. Vient alors le braquage proprement dit, intense moment de jubilation. On passe alors d’un personnage à l’autre suivant la situation avec bien souvent des phases de tension forte soutenues par l’impeccable travail sur le son. Si vous avez vu Heat de Michael Mann, GTA V en offre une version débridée, spectaculaire et jouissive. Et même si parfois, l’action passe la barrière du « too much » et qu’on bascule alors plutôt dans du Michael Bay, l’humour a vite fait de désamorcer des phases que je qualifie de hautement spectaculaires. Je déplore néanmoins du nombre assez restreints de ces braquages …

Jeux de mains, et bien … Jeux de vilains.

Je finis sur la prise en mains. Sur la question de la conduite, inspirée en partie de Midnight Club 3, elle est bien dosée et c’est un vrai plaisir de se balader en voitures/ motos/ 4X4 etc. Mais en ce qui concerne les avions et hélicos, c’est une catastrophe ! Ok j’ai pas mon brevet de pilotes mais quand même … A pied, la aussi c’est une réussite et les 3 héros ont une démarche différente, ce qui renforce l’immersion. Pendant les gunfights, j’ai l’impression de jouer a Max Payne 3 tant le système s’en rapproche ce qui augmente le plaisir a livrer de véritables fusillades cinématographiques ! A noter aussi que nous pouvons améliorer différentes aptitudes de nos héros comme la conduite, le pilotage ou les fusillades ( le stand de tir est le bienvenu ) Je finis aussi sur les distractions. Si vous vous ennuyez, vous pouvez faire du tennis, du golf, de la chasse, customiser ( de façon sommaire ) vos voitures, motos (et tout ce qui vous passera par la tête), vous entrainez et personnalisez vos armes au stand de tir, améliorer votre pilotage d’avions, etc etc … Pour finir, il y a plein de choses à écrire encore sur GTA mais vous les avez surement déjà lues ou discutés par ailleurs. Oui, ce jeu est d’une richesse et d’une densité exceptionnelle. Oui, pour certain d’entre vous ( dont moi ) il est devenu bien trop facile. Reste qu’au-delà des chiffres démesurés qui accompagnent son succès, GTA V est bien l’énorme jeu qu’on nous annonçait et ne pas décevoir quand l’attente est si élevée est déjà en soi un exploit bien plus remarquable qu’un quelconque milliard de recettes.

Les ajouts de la version PS4/Xbox One

Cette version dite next gen est l’occasion offerte par Rockstar pour faire redécouvrir le jeu sous des graphismes améliorés qui sont de toute beauté ( la différence est vraiment notable ), de nouveaux animaux, tout le contenu sorti durant l’année ( cela comprend de nouveaux véhicules, de nouveaux vêtements et de nouvelles armes ), ainsi que de nouvelles musiques pour les stations de radio. A cela des graphismes et des animations retravaillées et une foule plus grande. Pour la manette de la PS4, elle s’illumine quand vous êtes pourchassés par les flics et arbore la lumière du personnage que vous incarnez. Mais aussi le truc qui tue, l’option de malade : je veut bien sûr parler de la vue FPS ! Que ce soit en balade, en missions, en voitures, motos, avions, hélico, plongée, etc etc, vous pouvez jouer a la vue 1ere personne du début jusqu’ a la fin, autant dire qu’ arpenter Los Santos gagne en immersion ! Pour les joueurs de la version 360/PS3, sachez que vous pourrez transférer votre contenu online sur cette version grâce au Rockstar Social Club. Bref, GTA V édition PS4/One est a faire si la version de la gén précédente ne vous a pas déçu …

GTA Online

Je vais être franc, l’année dernière, le solo de GTA V m’a déçu comme aucun autre jeu ne l’avais fait avant lui mais je n’avais pu jouer et donc tester le mode online. C’est maintenant chose faite. Le mode Online est à des années lumières du solo, tant le fun, la sensation de liberté et les possibilités offertes font de ce mode online le must have du multijoueur. Dans Grand Theft Online, vous vous incarnez vous même ( ou plutôt votre avatar virtuel ) qu’il soit un mec ou une demoiselle, vous pouvez lui donner l’apparence que vous souhaitez selon un énorme éditeur d’apparence. Une fois lâché dans Los Santos, vous avez la possibilité d’accomplir des missions seul ou plusieurs ( intégrer un crew de joueurs que vous connaissez, le jeu gagnera en fun ) avec toujours ce souci de se remplir les poches tout en gagnant des niveaux ( le niveau max étant 999 ). De plus, vous pouvez acheter votre appartement, customiser votre voiture ( n’oubliez pas l’assurance et la balise pour qu’elle soit votre caisse perso ), faire des emplettes, aller au cinéma, faire des courses, des versus joueurs ( et versus crew ), la liste des possibilités est immense et vous assure des heures et des heures sans jamais vous ennuyez !

Les plus :

– Le mode Online qui sauve le jeu ni plus ni moins. Sans ça, GTA V est flingué par la concurrence.

– Los Santos, Blaine County ainsi que la carte dans son intégralité : Ma-gni-fique !
– La bande son ( les stations de radio, juste énorme ) et les voix
– Une satire sociale de cette chère Amérique
– Les dialogues percutant et criant de vérité ( par contre, les insultes fusent vite que les balles tirées d’une sulfateuse )
– La durée de vie, comme j’aime : très longue et sans s’ennuyer une seconde (surtout le Online, parce que le solo … )
– Le comportement des flics pendant les courses poursuites, c’est génial !
– Un jeu adulte, donc a ne pas mettre entre toutes les mains …

Les moins :

– Les capacités spéciales dans le solo : On peut s’en passer
– Un jeu déconseillé aux moins de 18 ans, et certaines scènes sont vraiment pour les adultes …
– Les missions dans le solo sont devenus bien trop facile, ce qui gâche un chouia le plaisir
– Le nombre restreint de braquages et aussi le fait que les casses hors missions soient anecdotiques. ( Par contre le online, c’est juste fun, au casque, vous pouvez hurler pour que le commerçant se magne )
– Certaines promesses intéressantes non pas été tenues, ce qui est dommage.

– Le solo, les personnages et plus de la moitié des missions, d’une platitude jamais vu dans une production Rockstar, ce qui en fait que le jeu est LA déception de l’année dernière ( et de cette année )

La note : 4/5 Très bon

Le verdict :

Peu importe par quel bout qu’on le prenne, GTA V est un jeu incroyable, dont le monde ouvert, l’un des meilleurs jamais créés, ne cesse d’impressionner par sa consistance et sa beauté. Extrêmement vaste, l’île de Los Santos accomplit également la prouesse de multiplier les lieux mémorables, composés jusqu’au moindre détail. Pour être souvent beau, parfois sublime, le monde de GTA V regorge aussi d’activités ludiques, dont la variété étourdissante n’a d’égal que l’atmosphère dans laquelle elles prennent place, entre relecture cynique de la société américaine (qui fait la marque d’excellence du studio) et constantes références au septième art, dont l’ombre plane sur l’ensemble du jeu. L’air de rien, GTA V renouvelle également son écriture des missions principales en y infusant scripts spectaculaires et effets de mise en scène qui leur confèrent une ampleur que j’aurait jugée impossible pour un titre open-world. Néanmoins, seul reproche que je pourrais formuler, c’est que GTA V oublie qu’un beau jeu n’est pas forcément un bon jeu. Certes la forme est d’une beauté que la concurrence aura du mal à copié mais le fond est lui, vide. Sans âme ni saveur. Le mode solo du jeu peut décevoir mais le mode Online assure le boulot et c’est grâce à lui que le jeu garde encore ses lettres de noblesse. Mais jusqu’ a quand ?

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